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Tableau représentant Sir John A. Macdonald, dans un cadre richement orné de dorures, par un artiste inconnu, vers 1868–1870

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Portrait de Sir John A. Macdonald, par un artiste inconnu, vers 1868–1870

ARCHIVÉE - Sir John A. Macdonald
homme d'État canadien et patriote

Contenu archivé

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Le premier ministre

Si la valeur d'un premier ministre se mesure au nombre de fois où il a mené son parti à un gouvernement majoritaire, sir John A. Macdonald, qui a réussi à le faire six fois, est sans contredit, et de loin, le meilleur premier ministre que le Canada ait connu. Les seuls deux autres premiers ministres qui tendront à rééditer cet exploit seront Pierre Elliott Trudeau et Jean Chrétien, qui dirigeront chacun trois gouvernements majoritaires.

Partition intitulée « Rt. Hon. Sir John A. Macdonald's Funeral March », composée par Charles Bohner; l'oeuvre porte la dédicace suivante: « In memoriam to the Right Honorable Sir John A. MacDonald [sic], father of his Country » (En mémoire du très honorable Sir John A. MacDonald [sic], père de son pays), Toronto, Whaley, Royce & Co., 1891
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Partition intitulée « Rt. Hon. Sir John A. Macdonald's Funeral March », composée par Charles Bohner; l'oeuvre porte la dédicace suivante: « In memoriam to the Right Honorable Sir John A. MacDonald [sic], father of his Country » (En mémoire du très honorable Sir John A. MacDonald [sic], père de son pays), Toronto, Whaley, Royce & Co., 1891

Les décennies durant lesquelles Macdonald a été à la tête du gouvernement lui ont certainement fourni tout le temps nécessaire pour laisser sa marque, à titre de premier ministre, dans l'histoire du pays. À ce sujet, Gordon Donaldson, l'auteur de la collection Prime Ministers of Canada, a écrit : « Tous les premiers ministres qui lui ont succédé doivent être comparés à John A., mais peu d'entre eux arrivent véritablement à soutenir la comparaison [...]. Si nombre d'entre eux ont été de meilleurs hommes que Macdonald, aucun n'a été plus grand que lui. » Cette évaluation que Donaldson fait de Macdonald correspond tout à fait à ce que des générations d'historiens ont dit et écrit sur lui : Macdonald, l'homme, possédait de nombreux défauts et travers mais ses réalisations, en tant que premier ministre, sont sans pareil.

Le rôle de bâtisseur de pays de Macdonald est largement associé à une seule date, soit celle de l'entrée en vigueur de la Confédération, le 1er juillet 1867. Néanmoins, la Confédération sera une entreprise évolutive à laquelle il vouera pratiquement toute sa carrière de premier ministre. Ainsi, pendant nombre d'années qui suivront la création de la Confédération, il combat bec et ongles les séparatistes qui menacent l'unité du pays. En 1870, il achète, de la Compagnie de la Baie d'Hudson, une large bande de terres inoccupées afin de doter les Canadiens de l'espace nécessaire pour assurer l'expansion de leur union. Il a recours à la puissance militaire pour défaire les rebelles du Nord-Ouest qui s'opposent à l'expansion du pays. Il entreprend le plus vaste projet de travaux publics de l'histoire du Canada afin de relier les provinces entre elles et de stimuler le commerce. Il met en place des barrières d'ordre économique afin de contrer l'influence américaine sur ce plan. Et toutes ces réalisations, il les entreprend dans le but de maintenir sur les rails la fédération qu'il a créée.

Dessin représentant le Cabinet fédéral libéral-conservateur avec le premier ministre Sir John A. Macdonald, par un artiste inconnu, 1886
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Cabinet fédéral libéral-conservateur, par un artiste inconnu, 1886

Même si, au XIXe siècle, la population canadienne était beaucoup moins nombreuse qu'aujourd'hui, le premier ministre Macdonald a, étonnamment, eu à relever, en ce qui a trait à l'unité du pays, nombre des défis auxquels les premiers ministres contemporains ont dû faire face. Alors que les premiers ministres d'aujourd'hui ont eu à composer avec la question du séparatisme à la Chambre des communes depuis 1991, Macdonald a, lui aussi, en son temps, été aux prises au Parlement avec les sécessionnistes de la Nouvelle-Écosse qui, dirigés par Joseph Howe, ont sans relâche cherché, en contrepartie de la mise en veilleuse de leurs intentions de se séparer, à obtenir de « meilleures conditions » de la part d'Ottawa,. Si, dans l'Ouest au début des années 1990, le Parti réformiste du Canada nouvellement créé a défié les partis déjà établis, Macdonald s'est aussi heurté, à son époque, à la résistance de régions qui s'opposaient à sa vision d'un Canada centralisé. L'historien Donald Creighton note, à cet égard, que Macdonald en venait à redouter, dans ses moments de faiblesse, le pire pour son pays florissant : « Assez souvent, sir John A. Macdonald craignait que le grand projet d'une fédération s'étendant d'un océan à l'autre ne s'effondre sous nos yeux. »

Photographie du train funéraire de Sir John A. Macdonald, juin 1891
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Le train funéraire de Sir John A. Macdonald, juin 1891

Macdonald demeure le seul premier ministre canadien à avoir été forcé de démissionner en raison d'un scandale. Durant la construction du Chemin de fer Canadien Pacifique, on découvre que Macdonald et d'autres ont accepté des pots-de-vin de l'entreprise à laquelle son gouvernement a accordé le contrat de construction du chemin de fer. L'opposition libérale saisit effectivement cette occasion pour chasser Macdonald de son poste en 1873, mais le scandale du Pacifique sera à l'origine de ce que les historiens considèrent comme l'allocution la plus mémorable de Macdonald. En effet, lors de cette allocution-fleuve de cinq heures devant la Chambre, à laquelle assiste le premier ministre britannique Benjamin Disraeli, Macdonald rejette vigoureusement les accusations portées contre lui. Quelque peu machiavélique, il donne à entendre que tout geste illégal qu'il a pu poser l'a été au nom du Canada. Sir Joseph Pope, l'auteur des mémoires de Macdonald, affirmera que cette allocution constitue l'un des « plus grands efforts qu'il ait déployés dans sa vie ».

Photographie de sir John A. Macdonald, vers 1877
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Sir John A. Macdonald, vers 1877

« J'ai livré la bataille de la Confédération, la bataille de l'union, la bataille du Dominion, de déclarer alors Macdonald. Je m'en remets à la Chambre; je m'en remets à ce pays; je m'en remets à la postérité; et je crois, et je sais que, malgré les nombreuses faiblesses de ma vie d'homme, les voix de ce pays, et de cette Chambre, sauront se rallier derrière moi. » Et ce sera effectivement le cas puisque le pays allait bientôt se rallier derrière lui en lui accordant, en 1878, son troisième gouvernement majoritaire sur sa promesse d'achever la construction du chemin de fer et d'instaurer une Politique nationale visant à favoriser les échanges commerciaux entre l'Est et l'Ouest et à restreindre le commerce avec les Américains.

Durant les campagnes de 1882 et de 1887, l'appui politique du Québec et de l'Ouest à l'égard de Macdonald s'effrite, en grande partie à cause des rébellions du Nord-Ouest, qui ont éclaté au Manitoba et en Saskatchewan. Louis Riel fait campagne contre ce qu'il considère comme une véritable tentative de récupération, de la part de Macdonald, de la culture des Autochtones et des Métis. Ces événements ont un double effet : ils ternissent l'image de Macdonald aux yeux de la population des provinces de l'Ouest et ils sont perçus comme un signe d'intolérance à l'égard de la culture francophone.

Photographie du premier train du Chemin de fer Canadien Pacifique ayant traversé le pays, de l'Atlantique au Pacifique, le 30 juin 1886
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Premier train du Chemin de fer Canadien Pacifique ayant traversé le pays, de l'Atlantique au Pacifique, le 30 juin 1886

C'est un Macdonald à la santé chancelante qui, à 76 ans, entreprend la campagne électorale de 1891. Il la centre sur le thème de sa Politique nationale, alors que le Parti libéral promet tout à fait l'inverse, à savoir la réciprocité commerciale (le libre-échange) avec les États-Unis. Il sera encore une fois victorieux, quoique avec une majorité réduite. Mais la performance de son gouvernement s'avérera médiocre. Nombre de ses ministres se feront prendre à détourner à leur profit personnel des deniers publics. À peine trois mois plus tard, le 6 juin 1891. il mourra des suites d'un accident vasculaire cérébral. Macdonald et sir John Thompson sont les deux seuls premiers ministres canadiens qui soient décédés alors qu'ils étaient toujours en fonction.

Illustration de journal, intitulée BANQUET TO THE RIGHT HON. SIR JOHN MACDONALD, PRIME MINISTER OF CANADA, AT THE ST. GEORGE'S CLUB, le 16 janvier 1886
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Banquet to the Right Hon. Sir John Macdonald, Prime Minister of Canada, at the St. George's Club, le 16 janvier 1886

Selon le sénateur Hugh Segal, conservateur lui aussi et fervent admirateur de Macdonald, le plus grand apport de Macdonald à la fonction de premier ministre ne réside ni dans une allocution ni dans une politique ni dans une loi. « Il arrivait toujours à susciter une coalition autour d'un enjeu d'importance. Telle a été l'irréfutable source de ses réussites. Il arrive un moment où, dans tout débat partisan, il faut savoir prendre du recul, comprendre qu'il y a quelque chose au-delà de l'affiliation à un parti politique et de la loyauté envers lui. Et ce quelque chose, c'est la loyauté envers ton pays. »