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Biographie1947 -Dans une démocratie, gouverner ne consiste pas pour un petit groupe à faire quelque chose à tous les autres, ni même pour tous les autres, mais à le faire avec tous les autres. - Kim Campbell, le 25 mars 1993. Comme éventuelle chef du Parti conservateur et première ministre, Kim Campbell faisait ici allusion à la « politique dite d'inclusion ou participative », un style de gouvernement dont elle a fait la démonstration comme ministre de la Justice, dans l'espoir de persuader les Canadiens de voter Conservateur une fois de plus. Toutefois, comme d'autres nouveaux premiers ministres arrivant à la fin d'un long mandat de leur parti, elle n'a pu s'affranchir d'un héritage malheureux. Comme Tupper, Meighen et Turner, Mme Campbell ne dirigea le Canada que pendant une brève période avant de subir la défaite électorale. Avril Phaedra Douglas Campbell naît à Port Alberni - (Colombie-Britannique) en 1947. Peu après sa naissance, ses parents s'installent à Vancouver, où son père étudie le droit à l'Université de la Colombie-Britannique. Le mariage est un échec; elle a à peine douze ans lorsque sa mère quitte le foyer. C'est alors qu'elle adopte le nom de Kim. Malgré les difficultés familiales, elle obtient de bons résultats à l'école secondaire et s'intéresse à la politique très tôt; elle se porte candidate à la présidence du conseil étudiant et est élue. Kim Campbell devient ainsi la première représentante de sexe féminin à accéder à la présidence de l'école secondaire Prince of Wales. En 1964, elle fréquente l'Université de la Colombie-Britannique, où elle se spécialise en sciences politiques. Elle connaît de nouveau du succès en politique et devient la première femme à être élue présidente des étudiants de première année. Une fois diplômée, elle fait des études de deuxième cycle à l'Institute of International Relations avant d'obtenir une bourse de la London School of Economics, où elle commence un doctorat en études soviétiques. Elle revient à Vancouver en 1973, sans avoir fini sa thèse, et devient chargée de cours à l'Université de la Colombie-Britannique et au Vancouver Community College. En 1980, elle retourne à l'Université de la Colombie-Britannique pour étudier le droit et, en même temps, s'intéresse à la politique locale. Elle est élue au Conseil scolaire de Vancouver et y occupe un poste pendant quatre ans. Son programme, axé sur les réductions financières, attire l'attention du Parti du crédit social au pouvoir en Colombie-Britannique, et on lui demande de se présenter comme candidate aux élections provinciales de 1984. Malgré sa défaite électorale, Kim Campbell se voit offrir un poste de conseillère politique dans le gouvernement créditiste de Bill Bennett l'année suivante. Lorsque Bennett démissionne en 1986, elle se présente comme chef provinciale, mais perd au profit de Bill Vander Zalm. Au cours des élections provinciales tenues la même année, elle est élue à l'Assemblée législative. Elle y fait sa marque en s'opposant publiquement à la position restrictive du premier ministre sur l'avortement. En 1988, elle est courtisée par le Parti conservateur fédéral. La ministre vedette du Cabinet en Colombie-Britannique, Pat Carney, abandonne alors la politique, et on a besoin d'un candidat pour la remplacer dans Vancouver-Centre. Kim Campbell accepte de se présenter et remporte l'élection de 1988. On lui offre un poste de second rang au Cabinet en 1989 comme ministre d'État aux Affaires indiennes et du Nord canadien. L'année suivante, elle devient la première femme ministre de la Justice au Canada. Elle fait alors ses preuves comme politicienne. Elle présente un projet de loi modifiant la législation sur le contrôle des armes à feu. À la suite du massacre de Montréal, elle doit satisfaire le public - qui réclame à grands cris une loi plus restrictive sur les armes à feu - et convaincre un puissant groupe de pression composé de propriétaires d'armes à feu, à l'intérieur de son propre groupe parlementaire, d'appuyer son projet de loi. On loue aussi Kim Campbell pour le projet de loi C-49, consécutif à la cassation de la loi relative à la protection contre le viol, jugée inconstitutionnelle. La ministre innove en consultant des groupes de femmes et des associations juridiques, en plus des fonctionnaires de son ministère, pour la rédaction de la nouvelle loi. En insistant sur le consentement, le projet de loi respecte la Constitution tout en protégeant les droits de la victime. Il franchit l'étape de la deuxième lecture à la Chambre des communes au cours d'un rare vote à l'unanimité des trois partis fédéraux. En 1993, Kim Campbell devient ministre de la Défense nationale et est immédiatement mêlée aux débats sur l'achat d'hélicoptères EH-101 et à la mort de quatre Somaliens aux mains de parachutistes canadiens. Le premier ministre Mulroney vient d'annoncer qu'il va prendre sa retraite, et on encourage Mme Campbell à se présenter comme chef du parti. Son seul concurrent sérieux de taille est Jean Charest, et elle l'emporte lors d'un vote très serré au congrès de juin. Kim Campbell devient alors la première femme à occuper le poste de premier ministre. Toutefois, le mandat du gouvernement conservateur est expiré, et Mme Campbell doit convoquer des élections pour octobre 1993. Elle ne peut surmonter le handicap de l'héritage des neuf années au pouvoir de son parti et doit faire les frais de l'insatisfaction de l'électorat envers le libre-échange, la TPS, le fiasco constitutionnel et la récession économique. Les Conservateurs subissent une défaite retentissante, et il ne leur reste que deux sièges à la Chambre des communes. Kim Campbell elle-même perd son siège de Vancouver et abandonne complètement la politique. Elle retourne à l'enseignement, ayant accepté un poste de « fellow » à Harvard. Puis, en 1996, elle est nommée consule générale du Canada à Los Angeles. Source : Les premiers ministres du Canada, 1867-1994 : biographies et anecdotes, [Ottawa], Archives nationales du Canada, [1994], 40 p. Campbell : page principale |