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Atelier - le 26-28 octobre 2001
1. Introduction
L'idée de cet atelier est née de discussions parmi les membres du Conseil sur l'accès à l'information pour les Canadiennes et les Canadiens incapables de lire les imprimés. Lors d'une réunion tenue en mai 2001 à Ottawa, un sous-comité du Conseil a réfléchi aux mécanismes qui rendraient possible la mise en œuvre des recommandations 9, 20 et 26 du Rapport du Groupe de travail sur l'accès à l'information pour les Canadiennes et les Canadiens incapables de lire les imprimés www.collectionscanada.gc.ca/accessinfo
/005003-4100-2001-f.html. Ces trois recommandations visent directement la Bibliothèque nationale du Canada et ont trait au partage des ressources utilisées par les personnes incapables de lire les imprimés.
(L'annexe contient le texte des exposés présentés lors de l'atelier)
2. Brassage d'idées pour dégager les problèmes
Après une matinée d'exposés, le groupe s'est lancé dans son premier remue-méninges en vue de cerner les problèmes principaux, en tenant compte des travaux préparatoires déjà accomplis par les participants.
En effet, les organisateurs avaient demandé à chacun des participants de venir à l'atelier avec des réponses aux deux questions suivantes :
* Nota : On avait demandé aux utilisateurs des ressources et des services d'indiquer ce qu'ils apprécient le plus et ce qui demeure l'obstacle le plus important à un accès rapide et abordable aux documents et aux services.
Voici « ce qu'ont dit » les participants lors d'une discussion en table ronde.
2.1. Ce qui apporte le plus de fierté et ce qui est le plus apprécié
Jim Looney : Nous avons établi un réseau national de partage pour la distribution de bandes sonores produites en Colombie-Britannique à l'intention des usagers des bibliothèques.
Jennison Asuncion : Avoir accès à des textes électroniques en direct et à un analyseur qui me permet de créer des documents personnels sur support de substitution.
Joby Fleming : Le Conseil fait des progrès très rapides. *** Je suis très contente qu'il ait l'autonomie et la capacité voulues pour "remplir la promesse", c'est-à-dire, mettre en pratique les recommandations contenues dans le Rapport du Groupe de travail sur l'accès à l'information pour les Canadiennes et les Canadiens incapables de lire les imprimés.
Susan Vida : Les textes électroniques en format de texte en clair. J'ai à ma disposition le soutien technologique nécessaire, y compris un analyseur, pour lire en six langues.
Mary Bond : La BNC est capable d'offrir des documents sur support de substitution à nos usagers.
Donna Passey : La capacité de la CAER à partager malgré les différences et, parfois, les difficultés créées par les circonstances.
André Vincent : De nouvelles technologies sont maintenant à notre disposition.
Paul Henri Buteau : Les partenariats.
Shelagh Patterson : Les bonnes relations de l'INCA avec ses partenaires nationaux et internationaux.
Huguette Lussier-Tremblay : La gratuité d'AMICUS.
Rosemary Griebel : À la bibliothèque publique de Calgary, nous avons opté pour une approche globale et nous avons intégré au fonctionnement général de l'établissement les technologies et la prestation des services aux personnes handicapées, sans en faire des services spéciaux.
Patricia Derrick : C'est tout un succès que de pouvoir offrir des services aux élèves handicapés.
Irene Lambert : Le gouvernement fédéral fournit des renseignements sur support de substitution sans exiger une preuve de handicap ni imposer de critères. Les lignes téléphoniques sans frais 1 800 O Canada et Publiphone (au Québec) sont d'une grande utilité.
Joan Wolforth : Les fournisseurs de services aux personnes handicapées ont pu améliorer leur prestation et rehausser leur compréhension des difficultés, même s'il n'existe pas encore de normes.
Les fournisseurs de services font preuve de souplesse parce qu'ils comprennent mieux. Les tests BOBBY aident à évaluer les sites Web afin d'en vérifier l'accessibilité. L'augmentation du nombre d'élèves utilisateurs montre que bien des portes se sont ouvertes qui étaient jusque-là fermées. Les producteurs de documents ordinaires qui créent aussi des documents sur supports de substitution viennent en aide aux autres producteurs. Il y a aussi des services gratuits de partage des ressources.
Ryan Klomp : L'enseignement et l'information sont les fondements même d'une société démocratique. Je suis fier que la bibliothèque de l'INCA, grâce à ses services gratuits et à son programme de partenariat, se mette à la disposition des apprenants handicapés. Je suis fier aussi des lignes téléphoniques sans frais en langues anglaise et française et du service de référence qui fonctionne sans subvention publique.
Mary Frances Laughton : La première page de la nouvelle ébauche de politique fédérale sur les communications contient des directives concernant les supports de substitution. Le Guide du gestionnaire pour la production des documents sur supports de substitution paraîtra en décembre 2001.
Colette Wilson et Leslie Muirhead : À la bibliothèque publique de Hamilton, nous avons gardé les portes ouvertes à tous, y compris les personnes handicapées. C'est un fait qui ne va pas de soi partout.
Victoria Owen : Le leadership et le partenariat de la bibliothèque de l'INCA.
Heather Cross : Les améliorations apportées aux services des universités grâce aux rapports et aux partenariats forgés avec la CADSPPE (Canadian Association of Disability Service Providers in Postsecondary Education).
Kristi Saumure : L'accès à de l'information et à des textes sous forme électronique.
Marjorie Théodore : Le service personalisé offert par la Magnétothèque.
Colette Gudbranson : TAAC a maintenant des partenariats avec d'autres organismes partout au pays. Les étudiants du postsecondaire et les travailleurs disposent de plus de services, et le gouvernement fédéral joue un rôle important à cet égard. Nos réalisations fructueuses manifestent le degré accru de confiance et d'assurance des personnes ayant des troubles d'apprentissage.
Peter Webster : Ce qui me rend le plus fier, c'est ce que les élèves et le personnel ont réussi à accomplir avec presque aucun financement, et les changements énormes qui ont transformé les services de bibliothèque. La bibliothèque virtuelle est signe de normalisation et de réintégration.
2.2. Quel est l'obstacle le plus important au partage des ressources et à la prestation de services aux Canadiennes et aux Canadiens incapables de lire les imprimés ?
Jim Looney : L'insuffisance de fonds. Les efforts à consentir pour ne pas faire double emploi. La difficulté à se rappeler les procédures à suivre lorsque l'on s'occupe d'une personne dont les besoins sont impossibles à satisfaire au niveau local.
Jennison Asuncio : L'inégalité du financement à travers le pays pour ce qui est de la production de manuels. Le coût élevé et le temps qu'il faut pour produire des documents sur support de substitution. Il faudrait une loi qui appuie cette production ainsi que l'accessibilité des sites Web pertinents. Il faut aussi de la formation.
Joby Fleming : Les attitudes sont un obstacle. Le système n'est pas prêt à nous accepter comme nous sommes et à s'adapter à nous. Il est très difficile de savoir où va l'argent.
Susan Vida : Il nous faut des copies propres pour pouvoir utiliser l'analyseur. J'ai maintenant l'habitude de disposer d'aides techniques, et je crains de ne plus y avoir accès une fois que j'aurai quitté l'université. Un autre problème est celui d'avoir à prouver son admissibilité aux services.
Mary Bond : Le manque de sensibilisation aux services qui sont offerts.
Donna Passey : Pour accélérer la production, il faudrait que les disquettes de l'éditeur soient accessibles. Les barrières entre secteurs de compétence sont un obstacle, tout comme l'est le manque de financement.
André Vincent - Le rôle et l'importance des bibliothèques publiques pour les citoyens. L'oubli des personnes qui sont au travail, ou sans emploi. Le manque de volume et de marché pour ceux qui sont incapables de lire les imprimés.
Paul Henri Buteau : (Annexe ???)
Shelagh Patterson : Les difficultés qu'il y a à offrir aux usagers un accès "sans couture" ou continu.
Huguette Lussier-Tremblay : Le manque de ressources; l'importance du marketing.
Rosemary Griebel : Le cloisonnement des services; l'absence d'une démarche globale.
Patricia Derrick : Le temps qu'il faut pour régler les problèmes. Il y a trop de chinoiseries administratives et de bureaucratie.
Irène Lambert : Un guichet unique pour les francophones; un numéro1 800 pour s'informer des ressources susceptibles d'aider. La lenteur de la production des documents crée des difficultés. La technologie n'est pas accessible à tous, mais seulement aux personnes qui travaillent ou qui sont aux études. De plus, les technologies changent rapidement. Sans subvention, il est presque impossible de se tenir à jour.
Joan Wolforth : Les frontières provinciales font qu'il est difficile d'établir des normes nationales. Les attitudes sont aussi source de problèmes. Il faut des politiques qui garantissent les droits. La définition de "handicap "n'est pas la même partout. La technologie est spécialisée dans certains domaines, comme ceux des sciences, par exemple, et cela nuit au choix d'une carrière. L'accès au Web.
Ryan Klump : Le manque de fonds, les obstacles liés aux institutions et l'absence de financement national pour les technologies d'adaptation.
Carol Smale : La politique de la BNC favorisant la conservation plutôt que le prêt lorsque la Bibliothèque ne dispose que d'un exemplaire.
Rosemary Kavanagh : Le programme manque énormément d'intégration; il n'est ni organisé ni orienté à l'échelle nationale. Nous ne nous intéressons pas concrètement à ce qui se passe ailleurs; nous fonctionnons trop dans l'isolement. Il faut mentionner aussi que les bibliothécaires, comme groupe professionnel, n'ont pas pris la défense des services pour personnes handicapées. Il reste une perception que ces services font monter les coûts.
Mary Frances Laughton : Le manque de fonds pour la production de documents sur supports de substitution au niveau fédéral.
Colette Wilson : Le manque de fonds pour la production de documents sur supports de substitution. Un exemple qui fait réfléchir est celui des incidences, sur les taux d'analphabétisme, des restrictions financières provinciales imposées aux programmes d'alphabétisation et de formation dans ce domaine.
Victoria Owen : L'absence d'un service coordonné à l'échelle nationale; le fait que les rapports envoyés à AMICUS sont incomplets.
Heather Cross : Rester au fait en matière de technologie; installer rapidement les applications des technologies d'adaptation; faire connaître en temps voulu les ouvrages nécessaires; assurer l'accès aux livres en braille, et en intégrer le coût. L'absence d'emplacement centralisé pour les commandes et la production, ce qui crée des redondances. Serait-il possible d'en arriver à une entente avec les éditeurs pour obtenir leurs fichiers électroniques? Il faut plus de textes sur supports de substitution.
Kristi Saumure : Les sites Web inaccessibles. L'accès rapide à l'information électronique. Il faudrait que les écoles adoptent une démarche mieux ciblée.
Marjorie Théodore : Le marché est petit; combien de votes les députés y trouvent-ils? Dans le cas des troubles d'apprentissage, les votes sont plus nombreux.
Claudette Gudbrandson : Parmi les élèves à troubles d'apprentissage, 35 p. 100 décrochent (sans compter les décrocheurs qui n'ont pas été diagnostiqués comme ayant ce genre de problèmes). Dans une société axée sur l'écrit (bibliothèques, etc.) les personnes à troubles d'apprentissage sont tout particulièrement désavantagées. Il est difficile d'accéder aux services et de les utiliser. Manque de financement, d'enseignement et de formation. Des technologies abordables à utiliser à la maison. Les barrières entre les différentes instances créent des problèmes.
Peter Webster : Le manque de fonds. Le nombre insuffisant de documents sur supports de substitution. Il n'y a pas d'intégration à cause de l'écart des connaissances entre les élèves et le personnel au sujet de ce qui existe et de la façon de s'en servir. Les critères d'admissibilité. Le financement versé par les divers secteurs de compétence.
3. Les participants ont convenu que le partage des triomphes et des déceptions avait, de fait, débouché sur la détermination de certains problèmes communs qui doivent être abordés si nous voulons en arriver à des stratégies plus efficaces de partage des ressources à l'échelle nationale. Voici les grandes questions qui sont ressorties de la séance de remue-méninges :
Une coordination active, par la voie de la présentation de rapports et de la prestation de services, en ce qui touche :
L'absence de stratégies nationales concernant :
La formation, les ressources et les services en TI à offrir aux :
(à l'école, à domicile, au travail et dans la collectivité)
Contenu : Le manque de contenu est un problème grave qui touche tous les thèmes abordés.
Le financement, et surtout celui de la production, de la diffusion et de la technologie d'adaptation, est aussi un problème cuisant qui touche tous les thèmes abordés.
4. Séance de planification
Pour alimenter un débat productif en petits groupes en vue d'en arriver à l'élaboration d'un plan d'action, les participants à l'atelier ont résumé encore plus les grands enjeux, comme suit:
Les participants ont également convenu que le remue-méninges et les exposés avaient déjà permis de cerner certaines recommandations visant une action future. Les articles à reporter à la réunion de décembre du Conseil sur l'accès à l'information pour les Canadiennes et les Canadiens incapables de lire les imprimés sont les suivants :
L'assemblée a convenu qu'un grand groupe se réunirait pour formuler des recommandations en vue d'une action concernant la coordination des collections, du contenu et des services, pendant que deux petits groupes examineraient l'aspect de la sensibilisation et de la formation.
4.1 Thème : Sensibilisation et formation
Messages clés
Il y a un manque de sensibilisation relativement aux points suivants :
Publics cibles :
Groupe 1
Animation : Joby Fleming
Participantes : Mary Bond, Patricia Derrick, Rosemary Kavanagh, Irène Lambert, Kristi Saumure et Colette Wilson.
Discussion
Recommandation :
Que le Conseil trouve les fonds nécessaires au lancement d'une vaste campagne de prise de conscience, d'abord en privilégiant le bouche à oreille puis en mettant en œuvre un programme officiel de sensibilisation.
Discussion
Recommandation : Que le Conseil élabore une stratégie nationale pour la formation des usagers et aussi du personnel (relativement au matériel et aux ressources), en tablant sur ce qui existe déjà.
Le Conseil devrait songer à recourir à des programmes provinciaux, à des partenariats avec d'autres organismes (l'INCA, TAAC). Il faudrait étudier la possibilité d'un partenariat avec l'INCA et chercher des fonds en vue de programmes de formation dont la prestation se ferait dans les 66 centres de l'INCA partout au Canada.
Le Conseil devrait aussi créer un réseau national et un centre de renseignements sur les programmes de formation qui existent actuellement et sur les endroits où ils sont offerts.
Groupe 2
Animation : André Vincent
Participantes : Jennison Assuncion, Claudette Gudbrandson, Leslie Muirhead, Victoria Owen et Carol Smale.
Discussion
Il faut lancer une campagne de sensibilisation. Les groupes visés devraient être les bibliothécaires en contact direct avec le public, et aussi les utilisateurs finals et, en bout de ligne, la population en général.
Recommandations
Rédiger une série d'articles destinés aux périodiques professionnels, aux conférences, à des communiqués d'intérêt public, aux programmes d'études des collèges et des universités, aux serveurs de liste des bibliothèques et, pour les utilisateurs finals, faire paraître ces articles dans les magazines spécialisés et les bulletins des associations de personnes handicapées.
Tenir des groupes de réflexion et des séminaires de formation en direct.
Recourir aux mécanismes existants de prestation de cours de formation, par exemple, la Canadian Library Association.
Proclamer une journée de sensibilisation à la déficience, dans les bibliothèques même et en faisant appel aux usagers handicapés, dans le cadre de la Semaine des bibliothèques.
Utiliser le modèle de sensibilisation au Web pour donner de la formation et diffuser des renseignements actuels.
Mettre à jour la Bibliothèque canadienne accessible (BNC).
Créer un site Web indépendant où il sera question de l'accès aux bibliothèques et à leurs services et où on trouvera aussi des renseignements sur d'autres organismes ainsi que des liens avec ces organismes (BNC).
Pour le personnel en contact direct avec les usagers : former des formateurs; tenir des ateliers; produire des vidéos de formation.
Pour les utilisateurs finals : recourir aux médias de masse, aux communiqués d'intérêt public, à la télévision, à la radio, à des campagnes dans les autobus locaux, à une ligne téléphonique sans frais.
Année cible pour la tenue d'une Journée de sensibilisation à la déficience dans les bibliothèques : 2003.
Groupe 3
Animation : Donna Passey
Participants : Paul Henri Buteau, Heather Cross, Rosemary Griebel, Ryan Klomp, Emilie Lowenberg, Jim Looney, Huguette Lussier-Tremblay, Shelagh Patterson, Marjorie Théodore, Susan Vida, Peter Webster et Joan Wolforth.
Discussion
Comment en arriver à la coordination des collections et des services à l'échelle nationale; envisager des partenariats avec les établissements d'enseignement postsecondaire et des partenariats en vue d'offrir des services par l'entremise des bibliothèques publiques locales.
Envisager aussi la création de liens entre les fournisseurs de services anglophones et francophones (la BNQ, la BNC, etc.). Un des objectifs visés est continuer à développer AMICUS avec une équipe de spécialistes (par exemple, des producteurs de bandes sonores).
Recommandations
Calendrier visé : établissements d'enseignement postsecondaire, fin 2001; secteur des bibliothèques publiques, février 2002.
6.0 Clôture de l'atelier
Les responsables de l'animation dans chaque groupe ont donné un compte rendu des discussions et des recommandations. Les participants ont alors passé en revue les prochaines étapes et formulé leur évaluation provisoire du mode de déroulement adopté pour l'atelier. Une évaluation formelle suivra, à l'aide d'une formulaire qui sera joint au rapport sur l'atelier.
6.1 Prochaines étapes
Créer un mécanisme d'échange d'information pour les membres du Groupe 3 (groupe de travail sur la coordination).
Préparé par Leacy O'Callaghan O'Brien et révisé par Gwynneth Evans.