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Avant l'avènement de la radio et de la télévision, les collectivités se fient à l'imprimé pour diffuser leurs messages. Afin de régir la conduite des citoyens et d'assurer leur bien-être, les divers ordres de gouvernement émettent les proclamations, règlements et avertissements sur de simples feuilles placardées bien en vue. Les entreprises utilisent aussi de tels « placards » pour annoncer leurs produits et services; les groupes culturels, pour publiciser leurs activités; et les politiciens, pour convaincre les électeurs de voter pour eux. Tarifs postaux, horaires de trains, prix des billets, horaires de livraison, programmes de concert ou annonces de conférences, tout paraît sur des placards. Au cours des XVIIIe et XIXe siècles, de telles annonces sont au cœur des activités des imprimeurs, mais aussi du quotidien des citoyens. Des centaines de milliers de placards sont imprimés et affichés; malheureusement, presque tous ont été jetés ou détruits dès qu'ils ont cessé d'être utiles. Ceux qui nous sont parvenus aujourd'hui permettent un rare coup d'œil sur la vie culturelle, sociale et commerciale des premiers Canadiens.
Le plus vieux placard canadien existant date de 1752; il annonce les marchandises de la compagnie Nathans and Hart d'Halifax. On y trouve une liste comprenant savon, chandelles, tabac, beurre, matériaux de construction et barils de maquereaux, ce qui nous donne un aperçu de la vie commerciale à Halifax au milieu du XVIIIe siècle.
À peine plus grand qu'une page de la Bible, et imprimé en caractère romain ou italique comportant seulement quelques tailles de police, le placard de Nathans and Hart est très sobre. Seules la disposition en colonnes et une ligne de petits motifs ornementaux attirent l'œil sur ce placard et le distinguent d'une page de livre.
Figure 1 : Liste de prix de marchandises de la compagnie Nathans et Hart. Le plus ancien imprimé témoignant de la présence des Juifs au Canada, Halifax, 1752.
La permission de numériser le placard Prix bordée courtoisie du Massachusetts Historical Society. Boston, Massachusetts.
Dans les placards officiels de cette époque, l'utilisation de gros caractères typographiques et d'armoiries suffit pour attirer l'attention et exprimer l'autorité.
Figure 2 : Ordre donné aux habitants et aux propriétaires de terres d'entretenir un chemin de huit pieds de largeur durant l'hiver, et aux voyageurs de garder la droite
Figure 3 : Proclamation visant à contrer la propagande révolutionnaire française véhiculée au Canada par des agents américains. Des exemplaires en français et en anglais de cette proclamation ont été affichés sur les portes des églises et autres endroits bien en vue à Montréal, Québec, Trois-Rivières et dans diverses paroisses de la province.
Figure 4 : Proclamation relative aux concessions de terres accordées aux Loyalistes du Haut-Canada
Peu d'exemples de placards non gouvernementaux du XVIIIe siècle nous sont parvenus. Ceux que nous possédons sont d'allure plutôt modeste, tant par leur taille que par leur typographie ou leur composition.
Figure 5 : Feuille de chant reproduisant les paroles d'un cantique, 7 décembre 1788
Figure 6 : Publicité pour un spectacle de marionnettes, Montréal 1792
Figure 7 : Avis destiné aux électeurs de la Basse-Ville de Québec
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