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Image de deux anneaux d'alliance en or ARCHIVÉE - Oui, je le veux. L'amour et le mariage au Canada du XIXe siècle

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Le mariage

Une affaire communautaire

Illustration intitulée « Toasting the Bride » (« À la santé de la mariée! »), CANADIAN ILLUSTRATED NEWS, 24 novembre 1877, vol. 16, no 21, p. 333. Document 3373.

Source

« Toasting the Bride » (« À la santé de la mariée! »), Canadian Illustrated News, 24 novembre 1877, vol. 16, no 21, p. 333. Document 3373.

Le mariage était une affaire communautaire. La notion de vie privée ne s'est développée que peu à peu au cours du 19e siècle. Par exemple, il était rare que le jeune couple ait une lune de miel privée; les nouveaux mariés allaient plutôt visiter la parenté, souvent accompagnés par des membres de la famille (Noël, p. 61; Ward, p. 115-117).

La communauté pouvait participer aux célébrations d'un mariage, ou exprimer son désaccord en organisant un charivari. Cette ancienne coutume européenne consistant à montrer sa désapprobation à l'égard d'un mariage et perdura en Amérique du Nord jusque dans le 20e siècle. La désapprobation pouvait porter sur différents points : lorsqu'il y avait une trop grande différence d'âge entre la mariée et le marié; lorsqu'un veuf ou une veuve se mariait trop tôt après le décès de son défunt; lors du mariage d'un couple jugé trop âgé; ou lorsqu'un mariage avait lieu pour des raisons monétaires.

Quelle qu'en soit la raison, le charivari avait pour but de déranger les époux lors de leur nuit de noces. Une foule de voisins se réunissaient alors autour de la maison des nouveaux mariés, donnaient des coups de feu, frappaient sur des casseroles, criaient, soufflaient dans des trompettes et, de façon générale, faisaient le plus de vacarme possible. Il arrivait même qu'ils défoncent la porte avant et demandent à boire ou de l'argent (Noël, p. 60-61; Ward, p. 112-115).

D'autres mots d'amour

Extraits du journal d'Amédée Papineau mentionnant Mary Westcott. Dimanche 21 décembre 1845 - jeudi 1er janvier 1846. Microfilm, volume 35, p. 40.

Source

Extraits du journal d'Amédée Papineau mentionnant Mary Westcott. Dimanche 21 décembre 1845 - jeudi 1er janvier 1846. Microfilm, volume 35, p. 40.
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Les charivaris étaient habituellement bon enfant, mais ils pouvaient prendre un tour violent. Il est arrivé que des mariés tirent sur des perturbateurs et les tuent. Au fil du temps, la coutume a peu à peu changé de nature, devenant plus une farce qu'une protestation, ou encore prenant l'aspect d'une sérénade offerte par la communauté en l'honneur des nouveaux mariés (Ward, p. 112-114; Noël, p. 60-61).

Mettre le couple au lit

Une autre coutume ancienne qui s'est éteinte graduellement au cours du siècle, à mesure que le désir de vie privée s'est imposé, consistait à mettre au lit la mariée et le marié. Dans cette tradition provenant d'Angleterre et d'autres pays européens, les amis et les invités au mariage préparaient les nouveaux mariés pour le lit. Il semblerait qu'une coutume de l'Irlande du Nord voulait que le nouveau marié court flambant nu avant d'être escorté jusqu'à sa nouvelle épouse.

[Traduction]
« Après que ma mère, Anne et Susan aient mis au lit la mariée et se soient retirées dans leur chambre, le nouveau marié, sous l'ordre de son frère, commença à se dévêtir avec le plus grand soin dans le salon et réalisa l'opération avec une célérité telle qu'il en était arrivé à un état de nudité presque complète avant que mon père n'ait pu l'arrêter. Sous nos demandes pressantes, toutefois, nous avons obtenu de son frère le compromis qu'il donne un bal lorsqu'il rentrerait chez lui, plutôt que de traverser la pièce complètement nu quatre fois. Cette pratique a peut-être sa place dans le nord de l'Irlande, mais je dois, en toute justice, dire que les gens de la même classe, à l'Est, sont plus civilisés » (cité dans Ward, p. 111).

Références

Noël, Françoise. Family Life and Sociability in Upper and Lower Canada, 1780-1870: A View from Diaries and Family Correspondence, Montréal, McGill-Queen's University Press, 2003.

Ward, W. Peter. Courtship, Love and Marriage in Nineteenth-Century English Canada, Montréal, McGill-Queen's University Press, 1990.