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Image de deux anneaux d'alliance en or ARCHIVÉE - Oui, je le veux. L'amour et le mariage au Canada du XIXe siècle

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Le mariage

Tenue

Illustration intitulée « The Couple of the Period » (« Le couple de l'époque »), CANADIAN ILLUSTRATED NEWS, 30 octobre 1869, vol. 1, no 1, p. 14. Document 785.

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Illustration intitulée « The Couple of the Period » (« Le couple de l'époque »), CANADIAN ILLUSTRATED NEWS, 30 octobre 1869, vol. 1, no 1, p. 14. Document 785.

Que portaient les nouveaux époux le jour de leur mariage? Dans la plupart des cas, ils ne portaient pas ce que l'on pourrait considérer comme des vêtements de mariés, lesquels ressemblent davantage, en fait, à des tenues de cérémonie de l'époque victorienne, des vêtements que l'on portait pour un bal, par exemple. Les couples du 19e siècle portaient plutôt leurs « vêtements du dimanche », c'est-à-dire leurs plus beaux habits, qu'ils portaient pour aller à l'église ou lors d'occasions spéciales.

Ce qui rend plus ardue encore la tâche de l'historien. En effet, comme les habits de noces étaient habituellement des vêtements « du dimanche », l'on ne peut déterminer si une photo sur laquelle apparaissent les nouveaux mariés était une photo de mariage, ou une photo qui a été prise plus tard. Cette question est d'autant plus problématique que, pour la plus grande part du 19e siècle, les photos étaient toujours réalisées en studio.

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Illustration intitulée « Fashion and Ladies' Work » (« La mode et le travail des femmes »), CANADIAN ILLUSTRATED NEWS, 8 novembre 1873, vol. 8, no 19, p. 301. Document 1272.

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« Fashion and Ladies' Work » (« La mode et le travail des femmes »), Canadian Illustrated News, 8 novembre 1873, vol. 8, no 19, p. 301. Document 1272.

Les plus beaux habits, bien entendu, variaient grandement selon les circonstances. Une domestique, la fille d'un marchand, la fille d'un fermier et une institutrice voulaient porter une nouvelle robe de la meilleure qualité qu'elles puissent s'offrir, ce qui pouvait aller d'une robe de coton imprimé à un habit de soie recherché. Les vêtements du marié pouvaient également varier du plus simple au plus recherché, selon sa situation.

Pour leur tenue de noces, les nouveaux époux avaient le choix entre quatre tissus principaux : coton, lin, soie et laine (peut-être aussi du cachemire ou même de l'alpaga). La plus somptueuse des étoffes, la soie représentait le premier choix pour la mariée. Quant au marié, il portait sans doute de la laine, du mérinos surfin (au début du siècle) ou de la laine peignée (plus tard), agrémenté de soie ou de velours. Ces tissus présentaient un bon drapé et un lustre discret. Les deux autres étoffes  -  coton et lin  -  étaient moins courantes. Le lin se froissait facilement et tombait plutôt mal. Quant au coton, même si nous disposons d'archives nous indiquant que des femmes se sont mariées en robe de coton imprimé, la plupart des nouvelles mariées le considéraient comme un tissu trop commun (Ward, p. 109).

Illustration intitulée « Fall Fashions and Ladies' Work » (« La mode d'automne et le travail des femmes »), CANADIAN ILLUSTRATED NEWS, 13 septembre 1873, vol. 8, no 11, p. 173. Document 685.

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« Fall Fashions and Ladies' Work » (« La mode d'automne et le travail des femmes »), Canadian Illustrated News, 13 septembre 1873, vol. 8, no 11, p. 173. Document 685.

La robe de la mariée suivait sans doute la mode du temps (établie par le magazine américain Godey's Lady's Magazine). Généralement, la robe comportait un col haut, des manches longues, un corsage ajusté et une jupe selon la mode du moment  -  pour la plus grande partie du siècle, une jupe ample drapée sur un cerceau. Le caractère recherché ou non de la robe dépendait du statut de la mariée et du portefeuille de son père. Elle était confectionnée à la maison, ou par une couturière.

La mariée portait soit un voile drapé sur sa chevelure, soit un bonnet noué sous le menton, avec ou sans voile. Elle portait également des gants et des chaussures de chevreau. Elle pouvait tenir un bouquet de fleurs ou porter des ornements de fleurs d'oranger en cire, importés de France. Elle pouvait draper un précieux châle de cachemire, fabriqué en Inde et importé d'Angleterre, autour de ses épaules et sur ses bras. Ses bijoux étaient modestes et sans ostentation : des boucles d'oreilles et une broche, ou un pendentif et une paire de bracelets.

Était-elle en blanc? Peut-être que oui, peut-être que non. Les robes de mariée étaient loin d'être toujours blanches, principalement parce qu'elles n'étaient pas destinées à être portées pour une seule occasion. Une mariée voulait une nouvelle robe « du dimanche », mais elle voulait pouvoir la porter lors d'autres occasions spéciales, à d'autres noces par exemple. Un poème traditionnel faisait les prédictions suivantes :

[Traduction] Des noces en blanc, ton mariage durera longtemps,
Des noces en gris, tu voyageras avec lui;
Des noces en noir, désespoir;
Des noces en rouge, tu souhaites que jamais plus tu ne bouges;
Des noces en vert, déshonneur pour père et mère;
Des noces en bleu, amour sincère pour vous deux;
Des noces en perle, ta vie, un tourbillon qui déferle;
Des noces en jaune, sur ton époux la honte trône;
Des noces en brun, tu vivras au loin;
Des noces en rose, ton cœur au malheur te prédispose.

(Poème cité dans Ward, p. 109-110.)

Nous disposons de photos de mariées habillées en ce qui semble être une tenue de mariage complète : robe de mariée recherchée, somptueusement ornée de dentelle, avec des voiles de dentelle et des bouquets, et des filles d'honneur au costume assorti; mais il s'agit de mariages citadins de la « haute société », et non de mariages typiques (Noël, p. 68).

L'unique robe de mariée authentique de la collection du Upper Canada Village, portée par Lucretia Crysler lors de son mariage en 1853, consiste en une robe en taffetas de soie d'une teinte or rouille, à col haut et manches longues amples. Elle dut porter un court voile, peut-être drapé sur un bonnet, ainsi que des gants et des chaussures de chevreau.

Et qu'en était-il du marié? Lui aussi portait ses vêtements du dimanche, généralement de laine (laine peignée, laine surfine ou peut-être cachemire). Sur une chemise de lin, de coton ou de soie, il portait un gilet de soie ou de brocart, une cravate portée haute, une redingote et une culotte de tricot (au début du siècle) ou un pantalon (plus tard). Au fil du siècle, les vêtements masculins se firent plus sombres : les riches couleurs qui avaient la cote au début des années 1800  -  bleu foncé, vert et rouge bordeau  -  cédèrent le pas devant le noir, le gris et le blanc. Les gilets, flamboyants au début du siècle, devinrent également plus discrets.

La nouvelle mariée et le nouveau marié portaient leurs plus beaux habits, quels qu'ils soient. Mais ce qui comptait pour nos ancêtres de l'époque victorienne, ce n'était pas la noce, mais le mariage en lui-même. Les belles tenues faisaient partie de la fête, mais leur signification véritable résidait dans ce qu'elles symbolisaient : le sérieux et l'importance du geste que posait le couple prêtant serment devant l'autel.

(Sources : Ward, p. 109 - 110; Noël, p. 66 - 67; commentaires personnels de : Jill Jonkman, spécialiste des costumes historiques, Upper Canada Village; Elaine McKay, créatrice de costumes, Black Creek Pioneer Village; Beth Abbott, Kingston Handweavers and Spinners Guild/Collège Saint-Laurent).

Références

Noël, Françoise. Family Life and Sociability in Upper and Lower Canada, 1780-1870: A View from Diaries and Family Correspondence, Montréal, McGill-Queen's University Press, 2003.

Ward, W. Peter. Courtship, Love and Marriage in Nineteenth-Century English Canada, Montréal, McGill-Queen's University Press, 1990.