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Image de deux anneaux d'alliance en or ARCHIVÉE - Oui, je le veux. L'amour et le mariage au Canada du XIXe siècle

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Le couple

Les deux moitiés d’un tout

Illustration intitulée « The Real » (« Le réel »), CANADIAN ILLUSTRATED NEWS, 31 janvier 1874, vol. 9, no 5, p. 77. Document 1392.

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« The Real » (« Le réel »), Canadian Illustrated News, 31 janvier 1874, vol. 9, no 5, p. 77. Document 1392.

Dans la société du 19e siècle, les hommes et les femmes évoluaient dans des mondes distincts, bien qu'étroitement liés. Le monde des hommes comprenait le travail, la politique, la vie publique, les professions, les services et les activités à l'extérieur du foyer. La sphère des femmes se limitait quant à elle à la maison, au jardin et à la famille (Ward, p. 64).

Presque toutes les professions étaient interdites aux femmes, à l'exception de l'enseignement (et dans ce cas, seulement aux femmes qui n'étaient pas mariées). Elles n'avaient pas le droit de vote, disposaient de peu de droits juridiques et ne jouaient pratiquement aucun rôle dans la vie publique. Il leur fallait exercer leur influence en coulisse.

Illustration intitulée « The Lovers » (« Les amoureux »), CANADIAN ILLUSTRATED NEWS, 12 juin 1875, vol. 11, no 24, p. 377. Document 3595.

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« The Lovers » (« Les amoureux »), Canadian Illustrated News, 12 juin 1875, vol. 11, no 24, p. 377. Document 3595.

C'était, du moins, la théorie. En pratique, les mondes d'un mari et d'une femme se recoupaient inévitablement, surtout dans la vie des pionniers, où les femmes et les enfants travaillaient aux côtés des hommes à la tâche urgente et difficile de défricher et de cultiver la terre, et de construire un abri pour la famille.

Même dans des périodes plus stables, maris et femmes étaient inévitablement concernés par les responsabilités de l'autre. Membre de la Chambre d'assemblée de la province du Canada, Marcus Child devait s'absenter de la maison pendant plusieurs mois. La correspondance qu'il entretint avec sa femme, Lydia, au cours des années 1841 à 1845 traitait de manière détaillée de la politique canadienne, et Lydia le tenait au courant de l'opinion publique à la maison.

En outre, pendant l'absence de son mari, Lydia dut assumer de nombreuses responsabilités « d'hommes », en s'occupant de l'homme engagé et en exerçant son autorité sur la ferme et le magasin. Marcus lui donnait des conseils et des directives, mais il lui dit également d'utiliser son jugement. Elle, de son côté, le consultait au sujet de décisions domestiques (Noël, p. 109-115).

Les femmes qui devaient se débrouiller seules  -  veuves, femmes abandonnées par leur époux ou dont le mari était handicapé ou incompétent  -  faisaient tout le nécessaire pour survivre, ce qui signifiait souvent s'acquitter du travail de l'homme, en plus du leur.

D'autres mots d'amour

Lettre de James R. Westcott à Mary Westcott [Papineau] [adressée à Louis-Joseph-Amédée Papineau], Ticonderoga. Mercredi, 9 h (reçue le jeudi 4 juin 1846). Deux pages. Page 1 Lettre de James R. Westcott à Mary Westcott [Papineau] [adressée à Louis-Joseph-Amédée Papineau], Ticonderoga. Mercredi, 9 h (reçue le jeudi 4 juin 1846). Page 2

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Lettre de James R. Westcott à Mary Westcott [Papineau] [adressée à Louis-Joseph-Amédée Papineau], Ticonderoga. Mercredi, 9 h (reçue le jeudi 4 juin 1846). Deux pages.

Lettre de Louis-Joseph Papineau à James R. Westcott, Montréal. Jeudi 22 juin 1846. Trois pages. Page 1

Lettre de Louis-Joseph Papineau à James R. Westcott, Montréal. Jeudi 22 juin 1846. Page 2 Lettre de Louis-Joseph Papineau à James R. Westcott, Montréal. Jeudi 22 juin 1846. Page 3

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Lettre de Louis-Joseph Papineau à James R. Westcott, Montréal. Jeudi 22 juin 1846. Trois pages.

Les hommes seuls avec des enfants avaient plus tendance à engager une gouvernante ou à se trouver une nouvelle femme qui se chargerait de ces responsabilités  -  parfois les deux. Par exemple, Dunham Emery de Burlington, en Ontario, veuf ayant une gouvernante à son emploi, courtisa Jane Van Norman, institutrice (Noël, p. 45-48).

Mais peu importe la façon dont le travail était partagé, les devoirs des hommes et des femmes étaient complémentaires, et on les considérait d'importance égale.

Lettre de Wilfrid Laurier à Zoé Lafontaine, Arthabaskaville. 15 mai 1868. Page 1 Lettre de Wilfrid Laurier à Zoé Lafontaine, Arthabaskaville. 15 mai 1868. Page 2 Lettre de Wilfrid Laurier à Zoé Lafontaine, Arthabaskaville. 15 mai 1868. Page 3

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Lettre de Wilfrid Laurier à Zoé Lafontaine, Arthabaskaville. 15 mai 1868. Trois pages.

Le mariage créait donc un partenariat de travail, un tout économique. L'homme cultivait la terre, travaillait en échange d'un salaire ou exerçait une profession. La femme entretenait  -  littéralement  -  la flamme du foyer domestique. À une époque où tous les repas et tous les vêtements étaient faits à la main, ce n'était pas une mince affaire.

Lettre de Wilfrid Laurier à Zoé Lafontaine, Ottawa. 16 février 1876. Page 1 Lettre de Wilfrid Laurier à Zoé Lafontaine, Ottawa. 16 février 1876. Page 2 Lettre de Wilfrid Laurier à Zoé Lafontaine, Ottawa. 16 février 1876. Page 3

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Lettre de Wilfrid Laurier à Zoé Lafontaine, Ottawa. 16 février 1876. Trois pages.

Pour les épouses de fermiers comme Susanna Moodie  -  qui écrivit plusieurs articles et livres portant sur la vie des pionniers au Haut-Canada  -  le travail débutait tôt le matin : [traduction] « Il y avait des poêles à alimenter, des poulets à nourrir, des œufs à recueillir, des bébés à nourrir et à habiller, du gruau à faire. Ensuite, il y avait le pain, les tartes et les gâteaux à faire non seulement pour nourrir la famille sans cesse grandissante, mais également pour les hommes engagés qui aidaient aux champs » (Gray, p. 106).

Il fallait également s'occuper du jardin et faire les conserves (Noël, p. 90-91). La lessive, que l'on faisait une fois par semaine, représentait une corvée considérable. Même si les tissus de confection devinrent plus courants au fil du siècle, la plupart des vêtements et tissus étaient encore faits à la main. Néanmoins, le filage et le tissage d'étoffes de laine et de lin continuèrent à être réalisés dans de nombreux foyers pendant tout le siècle (Noël, p. 83). Le filage était encore pratique courante au Québec jusque bien avant dans le 20e siècle (commentaire personnel de Beth Abbot, Kingston Handweavers and Spinners Guild/Collège Saint-Laurent).

L'amour, c'était bien beau, mais est-ce que le futur mari était travaillant et fiable? Est-ce que l'épouse potentielle savait comment s'occuper d'une maisonnée et cuisiner? Ces questions revêtaient une grande importance.

Mary Westcott Papineau, une fois établie à Montréal, dut principalement superviser le travail, et non l'exécuter elle-même. Mariée à un professionnel citadin, elle embaucha des domestiques : une cuisinière, un chauffeur, un valet de chambre, une femme de chambre et (après la naissance de sa fille) une bonne d'enfants. Les bons serviteurs étaient difficiles à garder : les femmes de chambre se mariaient, les valets de chambre trouvaient un meilleur emploi, et la possibilité de posséder une terre en attira plus d'un dans les régions à coloniser. Mary s'occupait tout de même de la plus grande part du travail à la cuisine (Noël, p. 91).

Références

Fonds Mary Eleanor Westcott Papineau, 1810-1889. Documents textuels. Bibliothèque et Archives Canada. Numéro de référence archivistique : R4386-0-7-E; (MG24-K58).

Noël, Françoise. Family Life and Sociability in Upper and Lower Canada, 1780-1870: A View from Diaries and Family Correspondence, Montréal, McGill-Queen's University Press, 2003.