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Fonds Daniel Jones. - [1970] -1994. - 4,9 m de documents textuels et autres documents.
Daniel Jones voit le jour en 1959 à Hamilton, en Ontario. En 1977, à l'âge de dix-huit ans, il s'installe à Toronto, ville qu'il ne quittera plus. Il exprime haut et fort son aversion pour la vie de banlieue.
Il donne les premiers signes de son talent d'écrivain à l'école secondaire, en créant une pièce de théâtre, intitulée Tricentennial Jesus, qu'il dirige et dans laquelle il joue. D'abord montée à son école, la pièce est présentée au Hamilton District Collegiate Drama Festival (1977) et à l'Ontario Collegiate Drama Festival (1977), remportant des prix aux deux festivals.
À ses débuts, Jones, connu par son seul nom de famille, écrit surtout de la poésie. À Toronto, il s'est fait remarquer dans le milieu littéraire par ses lectures publiques où il se présente ivre. Sa réputation se confirme à l'occasion d'une lecture de Jack and Jill qu'il donne, adoptant un comportement agressif, et la moitié inférieure du corps nue. Nombre d'années plus tard, Jones regrette d'être perçu comme un enfant terrible, et préfère être appelé Daniel Jones. Mais il continue de présenter ses lectures d'étrange manière. Ainsi, en 1992, au lancement d'Obsessions, il lit des extraits de ses textes un fouet à la main, puis lance son livre à la foule, au sens littéral, à l'aide d'une fronde.
Incapable de vivre seulement de sa plume de poète, Jones travaille dans un hôpital psychiatrique, et pratique divers emplois, dont celui de grilleur, de paysagiste et d'administrateur pour des associations d'écrivains. Ces petites fonctions peuvent sembler de peu d'intérêt, mais l'écriture de Jones en porte cependant la trace.
Jones, c'est connu, lutte contre l'alcoolisme. En 1985, il cesse de boire et rencontre Robyn Gillam, qu'il épouse. Peu de temps après, il abandonne aussi l'écriture poétique, et se consacre à plusieurs carrières : romancier, critique, rédacteur, éditeur et professeur d'écriture créatrice. En 1989, Gillam et lui fondent Streetcar Editions, une petite maison d'édition qui publie des auteurs peu connus, et pour laquelle Jones assume la tâche d'éditeur. En même temps, il multiplie ses activités sur la scène littéraire torontoise. Coordinateur pour la Toronto Small Press Book Fair, il est aussi rédacteur en chef du magazine Paragraph, collaborateur au magazine What! et fait partie des comités de rédaction de Piranha et Border/Lines. Il rédige également des comptes rendus de livres pour des revues littéraires, telles que Books in Canada, Quill and Quire, Rubicon et Piranha. Malgré toutes ces occupations, Jones trouve le temps d'écrire une fiction autobiographique, et de la publier.
Après plusieurs années de dépression, Daniel Jones se suicide le 14 février 1994 à l'âge de 34 ans. La communauté des petites maisons d'édition de Toronto pleure un ami et un défenseur des petites maisons d'édition canadiennes.
Jones a publié en tout neuf œuvres, depuis les livres de colportage aux textes pleine longueur. Après sa mort, on a découvert un roman achevé intitulé 1978, que Rush Hour Press a publié en 1999. Un autre roman a également connu une publication posthume. Il s'agit de The People One Knows, que l'auteur avait soumis avant sa mort à Mercury Press.
Le fonds Daniel Jones comporte des documents relatifs à toutes les étapes de sa vie, des photographies de sa tendre enfance au texte final du roman inédit 1978. Il témoigne de ses activités d'écrivain, de critique, de rédacteur, d'éditeur et d'activiste.
Cet ensemble comporte une importante correspondance, difficile à séparer en deux catégories (professionnelle et personnelle), car les amis de Jones travaillaient aussi dans le milieu littéraire. Dans nombre de lettres, il aborde en même temps des questions personnelles et d'autres portant sur l'écriture ou la publication. La série 1, Correspondance, a été subdivisée en deux sous-séries, Personnelle et Professionnelle, la dernière ne comportant que des lettres d'affaires, essentiellement des soumissions pour des publications littéraires. Plusieurs lettres professionnelles se retrouvent également dans la série 3, Rédaction et publication, à cause de leur pertinence dans ces domaines.
La série 2, Écrits, comporte tous les textes que Jones a créés, depuis l'école secondaire jusqu'à peu avant sa mort. Sa subdivision en plusieurs sous-séries reflète les multiples approches de Jones en tant qu'écrivain. Cette série comporte des œuvres inachevées, inédites ou publiées, des textes critiques, et des articles de non fiction parus dans diverses publications. La série contient également des notes de recherches et des imprimés utilisés pour promouvoir les œuvres publiées.
La série 3 porte sur la carrière de rédacteur de Jones, travail qu'il a accompli pour les magazines Border/Lines et Paragraph, et pour sa propre maison d'édition, Streetcar. Cette série contient des soumissions, de la correspondance avec d'autres auteurs, des informations de nature administrative, des manuscrits, des brouillons et des documents relatifs à la production.
Enfin, la série 4, la dernière, regroupe des documents personnels de l'auteur et se divise en trois sous-séries. La première contient treize années de carnets de rendez-vous, et son journal, qu'il n'a cependant pas tenu régulièrement. La seconde sous-série témoigne de ses études universitaires ainsi que de ses emplois, et consacre une part importante aux subventions demandées et accordées. La troisième sous-série rassemble des œuvres d'art réalisées par Jones dans différentes techniques, et la quatrième rassemble une importante collection de photographies, qui documentent la jeune enfance, l'adolescence et la brève vie d'adulte de Jones.
Langue : les documents dans ce fonds sont en anglais.
Restrictions : certaines restrictions à la consultation.
Instrument de recherche : instrument de recherche disponible.