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Fonds Sholem Shtern. - [après 1927] -1990. - 4,84 m de documents textuels et autres documents.
Poète, essayiste et enseignant, Sholem Shtern est surtout connu pour ses romans en vers qui racontent la vie des immigrants juifs au Canada. Il est né en 1906 ou 1907 à Tishevitz, petite ville près de Lublin, en Pologne. Son père, le rabbin Avraham Dovid Shtern, un érudit qui inspirait le respect pour avoir publié de nombreuses études judaïques savantes, pratiquait l'abattage rituel des bêtes et enseignait à l'école primaire traditionnelle. Shtern, élevé dans le respect des préceptes du judaïsme, gagnera sa vie en donnant des cours d'hébreu privés.
Il immigre au Canada en 1927. Atteint de tuberculose, il séjourne presque deux ans à l'hôpital Mont-Sinaï, dans les Laurentides, où il rencontre l'infirmière Sonia Elbaum. Sonia a grandi à Bialistok, en Pologne, et sa tante l'a fait venir au Canada. Elle épouse Sholem Shtern en 1928, et de leur union naissent deux fils, Leo (Leybl) et David. La famille habite une maison de la rue Colonial, située entre les rues Duluth et Mont-Royal, dans le quartier du Plateau, à Montréal. Puis en 1957, les Shtern s'installent dans Parc-Extension, rue Wiseman.
Shtern appartient à une famille d'auteurs yiddish connus à Montréal. Ses trois frères, Jacob Zipper, Yehiel et Israel Shtern, sa sœur Shifre Krishtalka, et son neveu Aaron Krishtalka sont des écrivains et poètes yiddish. Ses frères et sœurs sont arrivés de Pologne au Canada un par un, puis ils ont fait venir leurs parents.
Shtern aborde l'écriture de poèmes et d'essais en yiddish, qui paraissent dans plusieurs magazines littéraires publiés dans cette langue. Lui et son épouse s'installent à Montréal. Là, Shtern gagne sa vie en vendant de porte à porte des journaux yiddish. Il travaille ensuite dans un magasin de fruits, puis comme commis dans une librairie. Soucieux d'augmenter ses revenus, Shtern se trouve un emploi d'enseignant à l'UJPO (United Jewish People's Order, dont le nom yiddish est Faryenikter yidisher folks ordn), à l'école Morris Winchevsky. Devenu directeur, il occupera ce poste pendant près de vingt ans.
Très tôt, Shtern s'intéresse au marxisme, doctrine qui, selon lui, assurerait au peuple juif la sécurité, et améliorerait la qualité de vie de tous. Sans être membre d'aucun parti, Shtern participe aux activités de nombreuses organisations gauchistes. Il écrit pour la presse socialiste et communiste, et travaille avec l'UJPO. Jeune homme, il entreprend une tournée canadienne afin de promouvoir l'idéologie socialiste. Il entretient des contacts étroits avec les auteurs yiddish polonais et se rend en Pologne en 1949. Un second voyage en Pologne, à l'invitation d'un groupe d'auteurs yiddish, le laisse amer, déçu par le manque d'engagement du gouvernement qui ne fait aucun effort pour protéger la culture judéo-polonaise. Désenchanté par le communisme, Shtern défendra cependant toute sa vie la justice sociale.
Les premiers poèmes de Shtern paraissent dans Oyfkum, un mensuel littéraire new-yorkais. Puis ses textes sont publiés partout à travers le monde, dans des revues yiddish dont Tsukunft, Morgn Freiheit, et Literarishe Bleter. Son œuvre paraît également en anglais, entre autres dans Jewish Currents, ainsi qu'en français, en russe et en polonais. Ses poèmes sont inclus dans des anthologies yiddish, anglaises, françaises, russes et polonaises; certains ont été mis en musique, interprétés et enregistrés. Passionné d'écriture, Shtern est aussi un journaliste prolifique, qui collabore régulièrement à de nombreux journaux yiddish, dont Vochenblatt à Toronto.
Dès 1945, Shtern a fait paraître trois recueils de poésie acclamés par la critique : Noentkayt: lider (Toronto, Oyfgang, 1929), Es Likhtikt (Montréal, Kulture komitet baym yidishn hilfs fareyn, 1941), et Inderfri (Montréal, Kanader Vokhnblat, 1945). De 1945 à 1960, Shtern se consacre essentiellement à son travail à l'école Winchevsky, bien qu'il continue de produire des articles de presse. En 1959, ses fonctions à l'école terminées, il dispose de plus de temps pour écrire. Les quinze années qui suivent seront ses plus productives. Durant cette période, il fait paraître trois romans versifiés en yiddish : In Kanade (Montréal, Sholem Shtern Bukh-komitet, 1960-1963, 2 tomes); Dos Vayse Hoyz (New York, YKUF, © 1967), et Di Mishpokhe in Kanade un Dos Hoyzgesind fun profesor Sidni Goldstin: Tsvey noveln (Montréal, [S. Shtern], 1975). Bien que surtout actif comme journaliste et poète, Shtern est aussi un éducateur, qui enseigne l'hébreu et le yiddish en cours privés, et donne des ateliers d'écriture en yiddish aux membres d'une association montréalaise de l'âge d'or, de 1970 à 1990, peu avant sa mort.
Shtern s'attache à faire traduire ses œuvres, et tous ses romans en vers paraîtront en plusieurs langues. In Kanade a été publié en anglais (In Canada: A Novel in Verse, traduit par Judith Rotstein, Montréal, 1984) et en français (Au Canada : un roman en vers, traduit par Tatania Hais, Montréal, S. Shtern, 1984). Son œuvre la plus célèbre, Dos Vayse Hoyz, a été publiée en hébreu (Ha-Bayit ha-lavan be-harim, traduit par Shimshon Meltzer, Tel Aviv, ha-Menorah, 1972), en anglais (The White House, traduit par Max Rosenfeld, New York, Warbrooke Publishers, 1974) et en français (Velvl : un roman en vers, traduit de l'anglais par Guy Maheux, Montréal, Société de belles-lettres Guy Maheux, © 1977). Di Mishpokhe in Kanade un Dos Hoyzgesind fun profesor Sidney Goldstein: Tsvey noveln a été traduit en anglais (The Family in Canada: A Novel in Verse, traduit par Tatiana Hais, Montréal, S. Shtern, 1984, et en français (La Famille au Canada, un roman en vers, traduit du yiddish au français par Tatiana Hais, révisé par Guy Maheux, Montréal, S. Shtern, 1984); et The Household of Professor Sydney Goldstein: A Novel in Verse, dont le titre français est La Maisonnée du professeur Sydney Goldstein : Un roman en vers (Montréal, S. Shtern, 1984). Enfin, le dernier ouvrage qu'a publié Shtern est un recueil d'essais et de mémoires intitulé Shrayber vos ikh hob gekent: memuarn un esayen (Montréal, Sholem Shtern bukh fon komitet, 1982).
Shtern prend une part active aux différentes étapes de la publication et de la diffusion de ses œuvres. Il organise le financement, trouve des éditeurs et vend ses propres ouvrages chaque fois qu'il en a l'occasion. En parallèle, il s'occupe de la vente d'un enregistrement fait sous étiquette Folkways, classé littérature juive classique parce que le disque contient la lecture d'un de ses poèmes, « Alef Beys », qu'interprète Chaim Ostrovsky.
Shtern est lauréat du Annual YKUF Prize for Literature, du Chaim Zhitlovsky Prize for Literature, sans compter les nombreuses bourses reçues pour publier ses œuvres en yiddish, ainsi qu'en traduction française et anglaise. Shtern s'éteint à la suite d'une longue maladie, en août 1990.
Le fonds contient divers documents qui témoignent des activités de Shtern en tant que poète, journaliste, enseignant et figure de proue de sa communauté. On y trouve de la correspondance manuscrite échangée avec plusieurs individus ou organismes, des manuscrits d'œuvres publiées, des annonces de lectures publiques données par Shtern. Cet ensemble donne un aperçu des différents aspects de la vie de l'écrivain. Le fonds peut aussi renseigner quiconque s'intéresse à l'une des figures suivantes, qui ont toutes participé à la vie littéraire yiddish (cette liste n'est pas exhaustive) : Herz Bergner, Israel Bercovitch, Abraham Bick, Yosef Burg, Philip Cherner, Sheen Daixel, B.Z. Goldberg, Ber Green, V.J. Jerome, Berl Kagan, Menke Katz, Aaron Kramer, Rokhl Pressman, Chana Safran, Y.E. Ronch, Zishe Weinper, David Weiss et Yankl Zipper.
Ce fonds comporte 5 séries : 1. Correspondance; 2. Documents préparatoires et manuscrits; 3. Documents professionnels; 4. Souvenirs personnels; 5. œuvres publiées.
Source immédiate d'acquisition : le fond a été acquis de son fils, David Shtern, et de sa belle-fille, Elspeth.
Langue : les documents déposés dans ce fonds sont surtout en yiddish.
Restrictions : certaines restrictions à la consultation.
Instrument de recherche : instrument de recherche disponible.