Sauter les liens de navigation (touche d'accès : Z)Bibliothèque et Archives Canada / Library and Archives Canada
EnglishAccueilContactez-nousAideRechercheSite du Canada

Contenu archivé

Cette page Web archivée demeure en ligne à des fins de consultation, de recherche ou de tenue de documents. Elle ne sera pas modifiée ni mise à jour. Les pages Web qui sont archivées sur Internet ne sont pas assujetties aux normes applicables au Web du gouvernement du Canada. Conformément à la Politique de communication du gouvernement du Canada, vous pouvez demander de recevoir cette page sous d'autres formats à la page Contactez-nous.

À propos du siteGalerie des bandes dessinéesCréer une bande dessinée
Bannière : Au-delà de l'humour
Bannière : Au-delà de l'humourIntroductionLes comic books au Canada anglaisLa bande dessinée québécoiseAllez au site Web « Protecteurs du Nord »
Les journaux satiriques du XIXe siècleLa grande presseLa bande dessinée de la « grande noirceur »« Le printemps de la bande dessinée québécoise »La percée du marché québécoisLes groupes et les créateursL'édition de bandes dessinéesSites connexesBibliographieCommentairesDroits d'auteur/Sources

ARCHIVÉE - Les journaux satiriques du XIXe siècle

La fin du XIXe siècle est une période des plus mouvementées au Québec sur les plans politique, social et économique. La révolution industrielle bouleverse le monde occidental, et le Québec n'y échappe pas. Jusqu'alors d'essence rurale, la société canadienne-française se modernise et s'industrialise progressivement.

Comme les usines et les industries se concentrent dans les grandes villes, on voit un exode massif des campagnards vers les grands centres urbains. En 1851, Montréal compte une population de 57 715 habitants (15 pour 100 de la population québécoise); cinquante ans plus tard, en 1901, on y retrouve 267 730 habitants, soit 36 pour 100 de la population de la province. Cependant, l'exode ne se fait pas que vers les villes, puisque plusieurs centaines de milliers de Canadiens français émigrent dans le nord des États-Unis pour tenter d'y trouver de meilleures conditions de vie et jouir d'une plus grande liberté.

Le Québec est alors divisé entre les libéraux, représentés par l'Institut canadien1, et les ultramontains, appuyés par l'Église. Si les premiers veulent moderniser la société québécoise, entre autres par l'instauration d'institutions démocratiques et l'instruction obligatoire, les seconds voient en tout changement l'amorce des pires catastrophes.

Le clergé catholique s'est toujours opposé à l'instruction obligatoire. Il réussit même à faire abolir le ministère de l'Instruction publique en 1875, si bien qu'en 1911 un tiers des enfants d'âge scolaire n'ont jamais franchi les portes de l'école. Le Québec est alors la province canadienne qui compte le plus grand nombre d'analphabètes.

Les précurseurs, 1850-1902

L'opposition des courants de pensée, libéraux et ultramontains, se reflète dans les journaux qui voient alors le jour : le Quebec Mercury (1805), auquel Le Canadien (1807) donne la réplique, La Minerve (1826), Le Journal de Québec (1842) et bien d'autres. C'est dans cette presse d'opinion qu'apparaissent les premières caricatures et les histoires en images, bien souvent anonymes. Toutefois, on attribue à William Augustus Leggo la paternité de la première caricature francophone avec phylactère. Illustrateur pour Le Journal de Québec, Leggo serait l'auteur de la caricature « La Ménagerie annexionniste » en 1850. Il y représente les membres du Parti annexionniste et leur chef, le peintre Joseph Légaré, portant un bonnet d'âne. Dans un phylactère, celui-ci déclare : « Je suis... t... annexionniste! ». Au cours des années suivantes, le phylactère fera son apparition dans les dessins d'humour et, de plus en plus fréquemment, dans les messages publicitaires.

La satire étant une arme politique et sociale redoutable, la publication de journaux humoristiques et contestataires, abondamment illustrés, se multiplie dans les années qui suivent. Dès 1837, Napoléon Aubin fonde à Québec Le Fantasque, petite feuille hebdomadaire qui prend le parti de tout traiter à la blague. Entre 1844 et 1900, plus de 70 périodiques paraissent puis disparaissent à Montréal et à Québec. Parmi ceux-ci, citons La Scie (1863), Le Canard (1877), Le Farceur (1878), Le Vrai Canard (1879), Le Grognard (1881) et Le Violon (1886).

Ces premiers périodiques humoristiques sont souvent éphémères et ne durent parfois que le temps d'un seul numéro. C'est malgré tout dans leurs pages que l'on retrouve les premières bandes dessinées muettes ou légendées locales ainsi que, déjà, quelques bandes françaises et anglaises.

Au tournant du siècle, le lecteur canadien-français peut se procurer chez le libraire des albums qui rassemblent des dessins humoristiques et des chroniques illustrées publiés dans les journaux, de même que des œuvres inédites. Parmi ces ancêtres de nos albums de bandes dessinées, notons : Album drolatique du journal Le Farceur d'Henri Julien, vers 1878; En roulant ma boule de Raoul Barré, en 1901; Nos p'tites filles en caricatures, tiré du journal Le Taon, de Joseph Charlebois, en 1903; Les Voyages de Ladébauche, tiré de La Presse, d'Albéric Bourgeois, vers 1907; Le Prince de Galles aux fêtes du 3e centenaire de la fondation de Québec, en 1908, Monsieur Gouin voyage et Montréal juif : dessins gais, en 1913, tous trois de Joseph Charlebois; et Nos amis les québecquois de Charles Huard, en 1913.

Les premières bandes dessinées

En 1866 paraît dans La Scie une bande gravée sur bois, avec texte sous l'image, intitulée « Baptiste Pacôt ». Cette histoire à suivre, attribuée au sculpteur Jean-Baptiste Côté, raconte les tristes exploits d'un fonctionnaire peu zélé, au sommeil profond.

Bande dessinée PAS LE TEMPS!, publiée dans le journal LE MONDE ILLUSTRÉ (21 avril 1900)

Certains périodiques publient occasionnellement des bandes dessinées. Ainsi, une BD légendée, intitulée « Premier voyage de Monsieur Glissentravers en Canada : Une partie de glissoire », paraît dans Le Monde Illustré le 5 mars 1887. Toutefois, elle n'est pas signée, et son origine ne peut être clairement établie. Le 21 avril 1900, Le Monde illustré publie « Pas le temps! », autre BD légendée, signée cette fois par A. Lemoy. Petit conte moral en neuf cases, « Pas le temps! » relate ce qui arrive à un bourgeois un peu trop pressé qui néglige sa foi.

Bande dessinée POUR UN DÎNER DE NOËL, publiée dans le journal LA PRESSE (20 décembre 1902)

En décembre 1902, La Presse publie une bande sans texte de huit cases, « Pour un dîner de Noël », signée Raoul Barré. C'est la première bande dessinée connue qui ait été publiée dans un quotidien québécois. Dans cette bande au trait vif et aux perspectives variées, Barré démontre son intérêt pour le mouvement, intérêt qui le poussera, quelques années plus tard, à devenir un des pionniers du dessin animé américain.

Hector Berthelot et le Père Ladébauche

Le journaliste et caricaturiste Hector Berthelot, un des plus grands humoristes canadiens-français du XIXe siècle, est au cœur de plusieurs journaux contestataires. Après avoir travaillé à La Scie de Québec, il fonde Le Canard à Montréal. Le Canard publie, à partir de 1877, plusieurs bandes dessinées muettes et légendées, parfois à suivre, et même des dessins d'humour avec phylactères.

Bande dessinée J'ATTENDS!, publiée dans le journal LE CANARD (22 septembre 1883)

Le 22 septembre 1883 paraît le plus ancien prototype de bande dessinée à bulles que nous connaissions. L'argument en est très simple : la bande dépeint la lassitude qui envahit un auditeur devant une chanson populaire trop souvent entendue. Les cinq vignettes de la séquence narrative non signée sont entourées d'une seule grande case, mais elles comportent des bulles dans lesquelles on retrouve des notes de musique symbolisant la mélodie de la chanson.

C'est dans les pages du Canard que Berthelot utilise pour la première fois (le 9 novembre 1878) le nom de plume de Père Ladébauche pour signer des articles satiriques. Le Père Ladébauche suivra Berthelot dans la plupart des journaux qu'il dirigera ou fondera dans les années suivantes. Ce personnage figure également dans de nombreuses caricatures réalisées par Berthelot, Arthur Racey ou Albert-Samuel Brodeur. Quelques années plus tard, dans La Presse, Joseph Charlebois et Albéric Bourgeois adapteront successivement le Père Ladébauche en bandes dessinées.

Après avoir vendu Le Canard à un second éditeur (car il a davantage le sens du comique que celui des affaires), Hector Berthelot fonde Le Vrai Canard. Comme les lecteurs confondent les deux journaux, il rebaptise sa nouvelle publication Le Grognard, puis Le Violon. Ces journaux publient des textes et des chroniques féroces de satire politique, ainsi que des caricatures, des dessins humoristiques et des bandes dessinées, légendées pour la plupart, sous la plume de Berthelot lui-même ou sous celle d'Henri Julien (qui signe parfois Octavo ou Crincrin), de Brodeur et de Racey.



Précédent | Suivant



Divulgation proactive