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ARCHIVÉE - Les précurseurs, 1849-1928

Bien qu'il y ait de nombreux exemples à travers le monde d'histoires en images, les premières véritables bandes dessinées voient le jour en Europe vers la fin du XIXe siècle. En Amérique du Nord, on présente la bande dessinée de journal pour la première fois en 1895 dans le New York World, avec la publication de Hogan's Alley de Richard Felton Outcault, bande dessinée mettant en vedette Yellow Kid. De nombreuses bandes dessinées rivales paraissent bientôt, à mesure que les journaux américains se font concurrence pour cerner le marché des lecteurs enfants et des adultes de plus en plus nombreux à être attirés par cette nouvelle forme d'art. La BD au Canada anglais fait son apparition peu après. On peut interpréter ce phénomène, tout comme son équivalent américain, comme découlant d'une noble tradition nationale de dessins caricaturaux de nature politique.

La bande dessinée au Canada prend son envol avec la publication, à Montréal, en 1849, de Punch in Canada. Inspiré du populaire hebdomadaire britannique de même nom, le Punch canadien met en valeur des dessins de John Henry Walker, son éditeur aux nombreux talents. Bien que l'hebdomadaire ait une courte existence, il ouvre tout de même la voie à de nombreux journaux du même genre au XXe siècle, notamment The Jester, The Grumbler, Grinchuckle et Diogenes. À l'instar de Punch in Canada, la plupart de ces journaux ne durent pas longtemps. Certes, aucun ne connaît, même de loin, le succès du périodique victorien le plus vendu au pays, le Canadian Illustrated News, qui est un peu plus conservateur. Fondé à Montréal en 1869, le News publie les œuvres de nombreux artistes et dessinateurs. Un de ses meilleurs illustrateurs des premiers temps, le Français Edward Jump, se spécialise dans des caricatures de personnages politiques. Jump travaille pour le journal de 1871 à 1873, année où il quitte le journal pour s'établir aux États-Unis.

Page 181 de la compilation A CARICATURE HISTORY OF CANADIAN POLITICS: EVENTS FROM THE UNION OF 1841, AS ILLUSTRATED BY CARTOONS FROM 'GRIP' AND VARIOUS OTHER SOURCES

Pendant que Jump crée des caricatures légèrement satiriques des chefs de pays, un journaliste du Toronto Globe, John Wilson Bengough, lance, le 24 mai 1873, une bande dessinée hebdomadaire irrévérente intitulée Grip. Le scandale du chemin de fer du Pacifique ébranle le gouvernement fédéral conservateur peu de temps après. Bengough peut alors exploiter l'appétit croissant du public pour une perspective satirique de la politique à Ottawa. Le premier magazine humoristique canadien-anglais d'importance, Grip, survit vingt-deux ans.

Page 108 de la compilation ALBUM

Si Bengough est le dessinateur le plus important et le plus prolifique au Canada avant 1900, Henri Julien -- qui commence à contribuer au Canadian Illustrated News et à son édition française, L'Opinion publique, en 1874 -- est le plus accompli. Connu également comme un grand illustrateur, Julien travaille pour les principales revues canadiennes de son époque, de même que pour des périodiques internationaux, notamment Harper's, Century, Le Monde illustré et The Graphic. En 1888, Julien devient le premier illustrateur de journal à travailler à temps plein au pays. Le Montreal Star lui confie le poste d'artiste en chef, poste qu'il occupe durant vingt ans.

Page tirée du livre THE BROWNIES, THEIR BOOK

Le seul Canadien pouvant rivaliser avec Julien à cette époque est l'expatrié Palmer Cox. Né près de Granby, au Québec, en 1840, Cox déménage aux États-Unis où il contribue régulièrement au St. Nicholas Magazine et crée des personnages pour enfants, les Brownies. Les personnages dessinés de Cox connaissent bientôt une popularité phénoménale. En fait, la première collection d'histoires des Brownies, The Brownies, Their Book (1887), se vend à plus de un million d'exemplaires. À la longue, les Brownies font leur apparition dans un large éventail de produits commerciaux -- jouets, porcelaines et cartes à échanger, pour n'en nommer que quelques-uns. Ils prêtent même leur nom à un nouvel appareil photo économique de Kodak -- le populaire modèle Brownie -- produit dans l'intention de rendre la photographie accessible au grand public.

Même si les premières aventures illustrées des Brownies réunissent des images dessinées et du texte (de la poésie), ces deux éléments ne sont pas suffisamment intégrés pour qu'on qualifie l'ouvrage de bande dessinée. C'est avec l'apparition de la bande dessinée de journal dérivée des Brownies, dessinée et écrite par Cox et publiée à partir de 1898 environ jusqu'en 1907, que le Canada anglais connaît sa première bande dessinée à caractère non politique. Au cours de la dernière année de la bande dessinée, Cox se sert de bulles de dialogue, qui deviennent une caractéristique déterminante de la BD. L'artiste retourne par la suite à Granby, où il vit dans le « Château Brownie » jusqu'à sa mort, en 1924.

Cette époque compte d'autres dessinateurs importants, dont le collègue québécois de Cox, Arthur G. Racey, qui remplacera un jour Henri Julien au Montreal Star. Racey crée une série mémorable de dessins humoristiques portant sur l'émigration intitulée « The Englishman in Canada ». Il contribue également à The Moon, revue humoristique illustrée influente qui paraît à Toronto en 1901. À peu près à la même époque, l'artiste J.B. Fitzmaurice entame sa carrière au Vancouver Daily Province. On peut compter Fitzmaurice, dont les dessins sont bien souvent présentés dans un style semblable à une bande dessinée (avec narration dans de nombreux panneaux ou dans des dessins en série), parmi les premiers bédéistes canadiens. Un contemporain de Racey et de Fitzmaurice, Bob Edwards, lance un des journaux les moins respectueux du pays, le Calgary Eye-Opener, en 1902. Bien qu'Edwards occupe le poste de premier caricaturiste au Eye-Opener, il recourt, plus tard, aux services d'artistes professionnels tels que Donald McRitchie et Charles H. Forrester. Le fondateur légendaire du journal rend l'âme en 19221 , ce qui entraîne du même coup la fin du journal. Le périodique renaît par la suite aux États-Unis. Parmi les principaux collaborateurs à la nouvelle version, on retrouve un jeune artiste du nom de Carl Barks, qui deviendra l'un des plus grands artistes des comic books de Disney.

Au cours des premières années du XXe siècle, la bande dessinée canadienne n'en est qu'à ses balbutiements comme nouvelle forme d'art dynamique. Au cours des deux décennies suivantes, elle prend de l'essor graduellement et, au Canada anglais, les syndicates américains qui ont la main-mise sur ce domaine façonnent sa croissance. Pendant de nombreuses années, la plupart des artistes de bandes dessinées canadiens-anglais sont obligés de poursuivre leur rêve chez nos voisins du Sud. Par conséquent, pendant un certain temps, New York et Chicago constituent les deux principaux centres de bandes dessinées crées par des Canadiens anglais.

Bien que Palmer Cox et plusieurs caricaturistes politiques canadiens envisagent d'utiliser le format de la bande dessinée au tournant du siècle, c'est probablement le caricaturiste H.A. McGill -- Néo-Écossais habitant à New York -- qui a été le premier Canadien anglais à travailler à temps plein comme dessinateur de bandes dessinées. En 1904, McGill abandonne la caricature politique au profit des bandes dessinées de journal, dans lesquelles il décrit la vie des jeunes travailleurs dans la ville. La plus populaire de ces bandes dessinées, The Hall-Room Boys (qui a été renommé Percy & Ferdy), paraît en 1906. Elle est publiée durant plusieurs années avant d'être reprise dans un livre par la maison d'édition de renommée s'intéressant à la republication de bandes dessinées, Cupples and Leon, en 1921.

Peu après le succès des tout débuts de McGill aux États-Unis, Russell Patterson, caricaturiste né aux États-Unis, mais élevé au Canada, place sa bande dessinée Pierre et Pierrette dans le journal La Patrie de Montréal. Lorsque Patterson est rejeté par l'armée canadienne au déclenchement de la Première Guerre mondiale, il déménage à Chicago où il devient l'un des principaux illustrateurs américains et crée des BD à l'occasion.

À New York, le Québécois Raoul Barré conçoit une bande dessinée intitulée Noah's Ark pour le McClure Newspaper Syndicate en 1912. (Une version française de la bande dessinée a été publiée dans La Patrie l'année suivante sous le titre À l'hôtel du Père Noé.) Barré -- connu aux États-Unis sous le nom de « Barre » -- abandonne bientôt son travail de bédéiste pour devenir pionnier dans l'animation cinématographique. En 1914, il fonde à New York le premier véritable studio d'animation où il apporte de nombreuses innovations. Même si Barré a cessé de créer ses propres bandes dessinées, il produit de courts dessins animés fondés sur l'histoire populaire de Mutt and Jeff de Bud Fisher.

Illustration tirée du livre THE DOO DADS

Arch Dale est un autre caricaturiste politique qui passe à la bande dessinée. Pendant qu'il travaille à la pige pour le Winnipeg Free Press et le Grain-Grower's Guide, Dale crée une bande dessinée mettant en vedette des personnages s'apparentant aux Brownies, intitulée The Doo Dads. Il s'installe à Chicago en 1921; il peut s'organiser alors pour que sa bande dessinée paraisse dans plus de 50 journaux de partout en Amérique du Nord. Dale recommencera toutefois à faire de la caricature politique au Canada, et les The Doo Dads sombreront dans l'oubli.

Bande dessiné tirée de la compilation BIRDSEYE CENTER

Contrairement à McGill, Patterson, Barré et Dale, qui poursuivent leur carrière de bédéiste aux États-Unis, l'artiste torontois Jimmy Frise parvient, en 1921, à vendre une bande dessinée au Canada -- au Star Weekly, supplément de week-end du Toronto Star. Portant comme titre au début Life's Little Comedies, la bande dessinée est bientôt rebaptisée Birdseye Centre et devient la bande dessinée qui paraît le plus longtemps au Canada anglais. Après avoir paru dans le Star Weekly durant 26 ans, la bande dessinée est saisie, en 1947, par le Standard de Montréal, dans lequel elle apparaît en couleurs sous un autre titre : Juniper Junction. La bande dessinée de Frise est publiée par un nombre limité de journaux avant la mort de son auteur en 1948. Doug Wright maintient Juniper Junction pendant quelque temps après la mort de Frise. Il devient l'un des meilleurs bédéistes d'après-guerre au Canada.

La même année où Frise entreprend de créer la bande Life's Little Comedies, on assiste au lancement de la revue humoristique The Goblin à Toronto. Au cours des Années folles, la revue présente les œuvres de nombreux caricaturistes talentueux, dont certains -- notamment Richard Taylor (qui deviendra l'un des plus illustres bédéistes du New Yorker) et Lou Skuce --font également des bandes dessinées.



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