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ARCHIVÉE - L'apparition des comic books, 1929-1940

Vers la fin des années 1920, les bandes dessinées de journal deviennent une forme d'art populaire bien établie en Amérique du Nord et se démarquent nettement des caricatures politiques et humoristiques. Toutefois, l'apparition de cette nouvelle forme de divertissement de masse ne fait pas l'affaire de tous. Le critique et universitaire canadien bien connu Archibald MacMechan décrie le caractère envahissant des bandes dessinées : « Nous ne pouvons même pas inventer notre propre vulgarité, se plaint-il. Le supplément de bandes dessinées américaines vient contaminer le pays, de l'Atlantique au Pacifique. Il faudrait tous les brûler1. » (Traduction libre) Bien que cela puisse laisser indifférents les élitistes culturels comme MacMechan, les bandes dessinées allaient bientôt changer.

Image tirée de la  bande dessinée PRINCE VALIANT

La Crise venue, les éditeurs de journaux ont tôt fait de reconnaître les besoins du public à la recherche de moyens de divertissement pour oublier ses tracas. En conséquence, les premières bandes dessinées non humoristiques axées principalement sur des récits d'aventures apparaissent en 1929 : Buck Rogers et Tarzan. Cette dernière bande dessinée est dessinée par Harold Foster, natif de Halifax, qui a travaillé comme illustrateur de catalogue pour Eaton et la Compagnie de la Baie d'Hudson avant de quitter le pays pour les États-Unis en 1921. Ces deux bandes dessinées novatrices sont suivies de classiques tels que Dick Tracy, Flash Gordon et Prince Valiant. Cette dernière bande dessinée, dont l'intrigue se situe en Angleterre à l'époque du roi Arthur, est écrite et dessinée par Foster. On la reconnaît immédiatement comme un chef-d'œuvre dans le domaine de la bande dessinée. La naissance des BD d'aventures signifie que la bande dessinée n'est plus dorénavant confinée à un seul genre.

En 1933, le Telegram de Toronto commence à publier une bande dessinée intitulée Men of the Mounted. Rédigée par Ted McCall et dessinée par Harry Hall, cette bande dessinée s'avère importante non seulement parce qu'elle est la première bande dessinée d'aventures canadienne, mais également pour son lien éventuel avec la première maison d'édition de bandes dessinées canadienne, Anglo-American. La bande dessinée reçoit un accueil fort chaleureux et paraîtra dans la série Big Little Books et dans un ensemble de cartes à échanger vendues par Willard's Chocolates. Malgré cette réussite, les tentatives de McCall d'organiser une syndication internationale pour sa bande Men of the Mounted échouent. McCall abandonne donc la BD au début de 1935, année du lancement de la BD américaine King of the Mounted, qui paraît dans de nombreux journaux.

Quelques mois plus tard, McCall livre au public une nouvelle bande dessinée, Robin Hood and Company, illustrée par Charles R. Snelgrove. Cette fois-ci, McCall réussit à trouver un syndicate, et Robin Hood paraît dans des journaux canadiens, américains et même dans quelques journaux européens. À la fin de 1939, à la suite du décès de Snelgrove, la bande dessinée est interrompue brièvement pendant que McCall s'évertue à trouver un remplaçant pour l'artiste. Robin Hood reprend au début de 1940 avec Syd Stein comme artiste. Plus tard, cette même année, toutefois, Stein s'enrôle dans l'armée, ce qui met fin à la seule bande dessinée d'aventures du Canada anglais à l'époque.

En plus de voir apparaître de nouveaux thèmes, les années 1930 marquent la naissance d'une nouvelle forme d'histoires en images : le comic book. En commençant par la publication américaine Funnies on Parade, parue en 1933, un certain nombre d'entrepreneurs tentent d'innover en se servant de ces nouveaux périodiques. Même si la plupart des maisons d'édition des premiers magazines de bandes dessinées sont américaines, on retrouve un éditeur canadien -- Jake Geller, homme d'affaires de Windsor. Inspiré du succès des journaux de BD britanniques que l'on retrouve à l'époque dans certains kiosques à journaux canadiens, Geller obtient les droits de plusieurs bandes dessinées du Royaume-Uni, ouvre un bureau à New York et commence à publier une bande dessinée hebdomadaire appelée Comic Cuts (nom inspiré d'un des périodiques de BD les plus populaires d'Angleterre). Lancé au mois de mai 1934, le tabloïd ne dure que neuf numéros. Découragé par l'accueil peu chaleureux réservé à Comic Cuts, Geller quitte New York et rentre au Canada. Il regrettera bientôt d'avoir quitté le milieu tout jeune de la bande dessinée de New York, qui allait être secoué par les visions héroïques d'un jeune artiste canadien.

Couverture de l'album de  bandes dessinées ACTION COMICS, numéro 1

Les premiers magazines de bandes dessinées contiennent, en grande partie, des bandes dessinées reprises de journaux américains, mais on voit apparaître de plus en plus de titres originaux en 1936 et en 1937. Au début, les nouveaux comic books ne connaissent qu'un succès mitigé, mais leur popularité augmente grandement à la suite de la publication, au mois de juin 1938, du numéro 1 d'Action Comics. On y trouve les aventures de Superman, cocréation de Jerry Siegel et de Joe Shuster, ce dernier natif de Toronto, deux jeunes amateurs de science-fiction de Cleveland. Même s'il peut nous sembler évident aujourd'hui que Superman et les comic books sont faits l'un pour l'autre, on ne reconnaît pas immédiatement à l'époque le potentiel du personnage. En fait, à partir de 1934, de nombreux éditeurs rejettent la bande dessinée en raison de sa nature irréaliste. Même l'éditeur qui allait un jour publier le personnage Harry Donenfeld du National Periodical (devenu plus tard DC) est très inquiet de la réaction que peut susciter la page couverture percutante qu'a créée Shuster pour le premier numéro d'Action, Superman y tenant une automobile au-dessus de sa tête.

Le moins que l'on puisse dire, c'est que les doutes de Donenfeld sont sans fondement, et Action est bientôt suivi d'une foule de comic books américains mettant en vedette des superhéros, qui trouvent un large public aux États-Unis et au Canada. Mordecai Richler, qui allait devenir un des plus illustres écrivains du Canada, figure parmi les jeunes Canadiens qui dévorent les nouvelles publications excitantes. Pour Richler, l'attrait premier des superhéros des débuts est évident : « Superman, The Flash, The Human Torch, même Captain Marvel, étaient nos golems, a-t-il constaté plus tard. Ils étaient invulnérables, des conquérants, alors que nous étions de petits minus miséreux et vaincus2 (traduction libre). »

Alors que des dizaines de milliers d'enfants au nord du 49e parallèle sont friands de cette exportation américaine des plus colorées et fantastiques, une poignée de Canadiens trouvent leur voie dans le domaine des comic books américains. Citons, par exemple, l'artiste québécois Albert Chartier, qui contribue à divers titres de Columbia Comics, et Charles Spain Verral, rédacteur pour un magazine bon marché, qui rédige également des textes pour Bill Barnes Comics de Street and Smith.

À l'approche de l'entrée en guerre du Canada en septembre 1939, la popularité des bandes dessinées américaines ne cesse de croître. Toutefois, pour répondre à la demande accablante de l'économie de guerre, les cadres du gouvernement du Canada préparent des mesures qui allaient priver abruptement les enfants canadiens des aventures époustouflantes de Superman, de Captain Marvel et d'autres superhéros américains. Depuis ses débuts dans les années 1890, la bande dessinée en Amérique du Nord anglophone est en grande partie américaine. Au Canada, cette situation allait bientôt changer. Même si les bandes dessinées américaines continuent de dominer les sections qui leur sont réservées dans les journaux, de nouveaux comic books présenteront bientôt aux enfants canadiens leurs propres héros.




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