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ARCHIVÉE - Les mesures de répression contre la bande dessinée, 1947-1966

En 1947, Bell et au moins une ou deux autres entreprises de réimpression sont en activité au Canada. Il y a également trois maisons d'édition intrépides qui publient des BD canadiennes originales tout en couleurs : Superior Publishers, F.E. Howard Publications et Export Publications. Toutes ces entreprises se trouvent à Toronto et toutes s'occupent non seulement de la publication de BD, mais aussi de la production de magazines bon marché et des premiers livres de poche.

Déterminé à faire durer l'âge d'or, F.E. Howard, qui a publié Captain Commando and the Boy Soldiers en 1945, obtient les droits d'exploitation de divers personnages de Bell Features et publie deux titres, Super Duper et Dizzy Don, qui sont distribués au Canada et aux États-Unis. Export Publications, qui a été responsable d'un magazine fantaisiste bon marché canadien à tirage unique, Eerie Tales, publie une bande dessinée éducative, Captain Hobby Comics, au mois de février 1947. Cette maison d'édition en organise aussi la distribution chez nos voisins du Sud. À l'instar de F.E. Howard, Export ne peut produire longtemps des BD originales. La concurrence américaine a raison des deux entreprises.

Superior Publishers, par contre, non seulement survit aux années de transition difficiles de 1946 et 1947, mais commence également à adopter une approche particulièrement dynamique et novatrice de la publication des BD. Peu après avoir publié un numéro unique de Space Nomad Comics, création d'Edward Letkeman, ancien collaborateur de Bell, de Maple Leaf et de F.E. Howard, au début de 1946, la firme publie un autre album de bandes dessinées du même artiste. Intitulée Zor the Mighty Comics, l'album met en vedette des héros tels que Zor, Dr. Justice et Sir Guy. Quelques mois plus tard, un deuxième numéro paraît. Au mois de juin 1947, il est réimprimé sous le titre de Red Seal Comics, numéro 19, titre que Superior a obtenu de l'éditeur américain Harry A. Chesler. Ces bandes dessinées de Letkeman semblent également être commercialisées sous les titres de Jungle Comics et de Jungle Adventures. Les deux sont distribuées au Royaume-Uni.

Propriété, semble-t-il, de William Zimmerman, Superior a tendance à dominer le milieu de la BD canadienne de 1947 à 1956. Outre l'utilisation de son propre nom, Superior publie des BD sous au moins quatre autres marques d'éditeur : Century Publishing, Herald Printing, Duchess Printing et Randall Publications. Bien qu'il ait songé, dans les premiers temps, à exploiter le marché d'après-guerre au Royaume-Uni, il a tôt fait de recentrer son attention sur le marché américain, marché plus important et plus accessible.

L'orientation vers les États-Unis qui caractérise Superior Publications et les quelques autres maisons d'édition en 1947 est attribuable à des impératifs économiques. Étant donné qu'elles ne monopolisent plus le marché national et que le marché britannique a cessé d'être une solution de rechange viable à long terme, les maisons d'édition du pays doivent réimprimer des BD américaines et les distribuer au Canada ou vendre des BD canadiennes aux États-Unis. Les conditions économiques ont toutefois changé à la fin de 1947.

Même si l'économie canadienne connaît un boom d'après-guerre, un déficit commercial important avec les États-Unis se dessine à l'horizon, car les consommateurs s'empressent d'obtenir les nombreux biens dont ils ont été privés entre 1941 et 1945. Hésitant à imposer des barrières tarifaires, contraires aux négociations commerciales internationales déjà entamées, le gouvernement de Mackenzie King est contraint de conserver les réserves de devises américaines en imposant de nouveau une interdiction d'importer. Une fois de plus, les maisons d'édition américaines sont exclues du marché canadien. Toutefois, contrairement à 1941, les nouveaux règlements permettent aux maisons d'édition canadiennes d'acheter les droits de réimprimer et de redistribuer sous un autre format les BD américaines.

Du jour au lendemain, les mesures du gouvernement engendrent une nouvelle industrie de la bande dessinée. On ne pense pas à ressusciter les titres canadiens qui avaient fleuri durant les années de la guerre. L'hégémonie américaine est une donne acceptée, et il est bien plus simple -- et plus économique -- d'obtenir les droits de réimpression que d'établir l'infrastructure nécessaire à une industrie nationale distincte. De plus, les maisons d'édition ne peuvent pas ne pas être conscientes de leur vulnérabilité. Toute l'industrie de la réimpression repose sur une intervention du gouvernement qui allait être inacceptable pour de nombreux Canadiens, de même que pour leurs puissants voisins du Sud.

Ces firmes, notamment Bell Features, qui réimprimaient déjà des BD américaines, étendent rapidement leur gamme de produits dans le sillage de l'interdiction d'importer. D'autres entreprises naissent et obtiennent les droits de diverses maisons d'édition américaines qui ne sont pas représentées au Canada. En 1948, nombreuses sont les maisons d'édition qui profitent de cette toute nouvelle industrie, dont Bell Features, Anglo-American, Export, Superior, Wilson, Daniels, Publication Services, Derby, Gilberton Publications et Better Publications, les deux dernières étant des filiales américaines.

Superior figure parmi les plus importantes firmes de réimpression, mais à la fin de 1948 elle est également la seule entreprise à publier des bandes dessinées originales. Même ces publications, bien qu'elles soient publiées au Canada, ne sont canadiennes qu'en théorie. Outre la publication de Red Seal, Superior achète deux titres associés auparavant à la maison d'édition américaine Farrell : Aggie Mack et Brenda Starr. Comme pour l'ensemble des BD originales publiées subséquemment par Superior, ces titres allaient être confiés au studio de bande dessinée de Jerry Iger à New York. Écrites et dessinées par des artistes américains à l'intention de publics américains, les bandes dessinées de Superior sont loin de ressembler aux BD canadiennes originales qui les ont précédées.

Bien que l'année 1948 marque la reprise de l'industrie de la bande dessinée au Canada, elle est le théâtre d'événements qui allaient avoir de graves conséquences dans les années à venir sur le développement de la bande dessinée en Amérique du Nord. À travers le pays, des associations parents-maîtres, des groupes communautaires et des organisations religieuses militent de plus en plus contre les « romans policiers en images », qui, selon eux, constituent une menace insidieuse au développement moral des enfants du pays. Selon les critiques, de telles publications sont à blâmer pour tout, de l'analphabétisme à la délinquance juvénile et à la déviance sexuelle.

L'inquiétude à l'égard des effets négatifs potentiels de moyen de communication n'est pas chose nouvelle. En fait, l'opposition aux BD portant sur le crime et la violence se manifeste au Canada dès la fin de la guerre. Mais en 1948, le cri d'alarme de quelques personnes isolées se transforme en un mouvement populaire dirigé par des personnes déterminées et persuasives comme Eleanor Gray du Victoria and District Parent-Teacher Council et E. Davie Fulton, député de Kamloops, en Colombie-Britannique. De plus en plus, les croisés montant à l'assaut de la BD voient l'adoption d'une loi comme la seule solution possible au problème des romans policiers en images. Leur position s'est raffermie à la fin de l'année, à la suite d'événements qui ont lieu dans le nord de la Colombie-Britannique.

Au mois de novembre 1948, deux garçons âgés de treize et onze ans volent une carabine et se cachent en bordure de l'autoroute à Dawson Creek. Jouant aux voleurs de grand chemin, ils font feu sur une voiture qui passait. Un passager prenant place dans le véhicule, James M. Watson, est blessé mortellement. La nature aléatoire et gratuite de cet acte criminel choque les habitants de la Colombie-Britannique. Le ministère provincial de la Santé et du Bien-être social lance immédiatement une enquête. On découvre bientôt que les deux garçons sont des mordus de romans policiers en images. Selon les responsables, le plus vieux lit environ 50 romans policiers en images par semaine et le plus jeune, 30. L'équation semble évidente : les romans policiers en images entraînent des comportements criminels.

En 1949, la campagne contre les romans policiers en images reprend de plus belle. Des groupes communautaires à travers le pays font des pressions pour qu'on adopte la loi anti-BD dont E. Davie Fulton avait fait une première ébauche l'année précédente. Déposée un jour comme un projet de loi d'initiative parlementaire, la législation avait pour but d'apporter des modifications à l'article 207 du Code criminel, lequel traitait d'obscénité. Selon la loi, qui s'est fait connaître sous le nom de projet de loi Fulton, il était interdit de créer, d'imprimer, de publier, de distribuer, de vendre ou de posséder tout magazine, périodique ou livre au contenu illustrant exclusivement ou en grande partie l'exécution d'actes criminels par des images, qu'il s'agisse d'un sujet fondé sur la réalité ou d'un sujet fictif.

Après des mois de campagne intensive à l'échelle du pays, le projet de loi franchit l'étape de la première lecture le 28 septembre 1949. Le ministre fédéral de la Justice, Stuart Garson, accepte ouvertement la législation, mais demande qu'on la présente d'abord à divers procureurs généraux provinciaux pour s'assurer qu'on pouvait l'appliquer. À la suite des commentaires de ces derniers, le projet de loi 10 est reformulé comme une révision complète de l'article 207 et des changements y sont apportés pour lui donner du mordant. Une fois sa révision terminée, la Chambre des communes adopte le projet de loi à l'unanimité, ce qui témoigne du soutien qu'on accorde à la campagne contre les romans policiers par images. La législation est ensuite déposée devant le Sénat.

L'industrie de la BD prend alors conscience de la menace de la censure et demande qu'on lui donne la chance de présenter des arguments contre le projet de loi 10. Le Sénat accepte en confiant la législation à un comité permanent. Le principal témoin de l'industrie à se présenter devant le comité du Sénat est William Zimmerman de Superior. Comme William Gaines de la firme américaine de BD bien connue E.C. qui, cinq ans plus tard, allait se présenter devant un comité du Sénat américain, Zimmerman se porte à la défense du roman policier en images en faisant remarquer qu'il constituait, pour les enfants, un moyen fort apprécié d'exprimer leurs impulsions naturelles. Zimmerman commet l'erreur, toutefois, de faire circuler des échantillons de ce qu'il qualifie de forme de divertissement inoffensive pour les enfants.

Tant que le débat portait sur des questions intangibles telles que la liberté d'expression et la psychologie de l'enfant, de nombreux sénateurs faisaient montre d'une certaine sympathie à l'endroit de l'homme d'affaires. Toutefois, dès que les sénateurs voient ce qu'on vendait à des enfants facilement impressionnables, l'adoption du projet de loi Fulton est assurée. Renvoyé au Sénat sans modifications, le projet de loi est adopté 92 voix contre 4. Par conséquent, le 10 décembre 1949, le projet de loi 10 devient loi.

Personne toutefois ne s'attendait à l'audace de Superior Publishers. En 1949, l'entreprise lance Bruce Gentry, Ellery Queen et My Secret, trois BD qui, en plus d'être osées, contenaient parfois des images d'actes criminels. Bien que Superior ne publie pas de nouveaux titres l'année suivante, l'entreprise achète les droits d'exploitation des BD de E.C. de William Gaines, qui figurent parmi les BD les plus populaires et les mieux respectées jamais publiées aux États-Unis. Zimmerman fait une concession à ses concurrents : au Canada, Crime Suspense Stories de E.C. allait porter le nouveau titre de Weird Suspense Stories.

Alors que Zimmerman fait fi de l'interdiction en concentrant ses efforts dans des BD romantiques et d'épouvante, la plupart des autres entreprises canadiennes interviennent rapidement pour rassurer les parents et les législateurs en faisant valoir que l'industrie de la BD pouvait agir de manière responsable. Tout comme leurs homologues américains, qui allaient faire front commun quatre ans plus tard, les entreprises de BD canadiennes forment la Comic Magazine Industry Association of Canada (CMIAC), qui promet de passer en revue l'ensemble des plaques d'impression des bandes dessinées américaines expédiées au Canada pour s'assurer que rien de condamnable ne serait publié au pays.

Toutefois, plus tard au cours de la même année, la CMIAC fait face à une menace bien plus grande que la censure. On a suffisamment assoupli la réglementation sur les devises étrangères pour permettre à certaines entreprises qui n'ont pas épuisé leur quota d'importation d'importer des BD américaines au pays. La menace d'un déluge américain commence à inquiéter les maisons d'édition du Canada. En 1951, les craintes deviennent réalité, car l'économie canadienne, stimulée par la guerre de Corée, est devenue suffisamment forte pour permettre l'abolition des restrictions sur les importations américaines.

La plupart des entreprises de BD américaines expédient directement leurs bandes dessinées au Canada, ce qui porte un coup fatal à l'industrie de la BD canadienne. Comme cela s'était produit en 1946-1947, quelques entreprises tentent de s'accrocher en faisant concurrence aux géants de la BD américains. Export, par exemple, publie son deuxième titre original, Science. À la fin de 1951, toutefois, seul Superior survit, en grande partie parce que la survie de l'entreprise n'a jamais été tributaire des lois protectionnistes.

En plus de poursuivre ses réimpressions de E.C., Zimmerman de Superior réussit très bien à pénétrer le marché de la BD américaine avec ce qui était essentiellement des comic books américains. Faisant fi de l'article 207, il lance deux bandes dessinées d'épouvante en 1951 : Journey into Fear et Strange Mysteries. Il ajoute à ces revues Mysteries Weird and Strange en 1953. Qui plus est, Superior publie d'autres BD romantiques et quelque peu diversifiées, notamment Super Funnies et United States Fighting Air Force.

Dans l'intervalle, à mesure que la campagne américaine contre les romans policiers en images et les BD d'épouvante s'intensifie, les opposants canadiens aux BD reprennent leurs activités. Dirigés par E. Davie Fulton et Eleanor Gray (qui sont en communication avec le plus célèbre des militants opposés à la BD aux États-Unis, le Dr Frederic Wertham), les parents, les enseignants et les chefs religieux font valoir que l'interdiction n'est pas appliquée avec suffisamment de vigueur. En fait, personne n'a été poursuivi depuis l'adoption de la loi en 1949. Par conséquent, on commence à faire des pressions croissantes sur les systèmes politiques et judiciaires pour qu'ils s'en prennent aux maisons d'édition, aux distributeurs et aux détaillants qui exploitent effrontément les enfants en leur présentant d'affreux romans policiers en images, des BD d'épouvante et des BD romantiques. Finalement, en 1953, les opposants à la BD obtiennent la condamnation d'un distributeur de Winnipeg, décision qui sera confirmée au cours de cette même année en cour d'appel.

Il n'est donc pas surprenant que l'antagonisme à l'endroit de Superior s'accentue en 1954, tant au pays qu'aux États-Unis. Au printemps, Seduction of the Innocent (qui cite quelques titres de Superior) de Wertham jette de l'huile sur le feu des opposants à la BD. De plus, au mois de juin, cette même année, un des plus importants adversaires de Zimmerman, le député de Kamloops E. Davie Fulton, se présente à une audience du sous-comité du Sénat américain chargé d'enquêter sur la délinquance juvénile. Quelques mois plus tard, on crée la Comics Code Authority, instrument de censure au sein de l'industrie américaine qui a pour mandat d'empêcher le gouvernement américain d'adopter des règlements directs.

À l'instar de l'éditeur américain William Gaines de E.C., William Zimmerman de Superior publie sa dernière BD d'épouvante au début de 1955. Au printemps, il ne lui reste plus que quatre titres : G.I. War Brides, My Secret Marriage, Secret Romances et United States Fighting Air Force. Bien que l'entreprise obtienne gain de cause devant la cour d'appel relativement à une accusation touchant un roman policier en images en 1954, ses jours sont comptés. Non seulement on connaît plusieurs condamnations contre des distributeurs canadiens en 1955, mais survient un autre meurtre impliquant apparemment des BD, cette fois-ci à Westville, en Nouvelle-Écosse.

Étant donné que Superior est la seule maison d'édition à survivre au déluge des importations de 1951, le retrait de la firme du domaine de la BD en 1956 marque la fin de cette industrie au Canada, née en 1941. Ironiquement, mais peut-être à juste titre, compte tenu de la domination américaine dans le domaine, les BD grand public canadiennes disparaissent au moment même où le prétendu âge d'argent de la BD commence aux États-Unis avec la résurrection du superhéros de l'époque de la guerre, Flash, dans le numéro 4 de Showcase de DC. Il faudra attendre près de vingt ans pour que le Canada connaisse son propre âge d'argent. Un chapitre fascinant, mais quelque peu honteux de l'histoire de l'édition canadienne avait pris fin. Les BD en Amérique du Nord seraient maintenant purifiées -- et américaines.

La BD américaine tient une place importante dans la vie des enfants canadiens-anglais qui grandissent à la fin des années 1950 et au début des années 1960. Toutefois, lire ces BD devient curieusement une expérience aliénante; non seulement les histoires dans la plupart des bandes dessinées se passent aux États-Unis, mais même les annonces publicitaires sur la couverture arrière, notamment pour les singes de mer, les soldats jouets et autres produits, sont américaines -- et bien souvent, à la grande frustration des jeunes Canadiens, elles ne s'adressent qu'aux résidents des États-Unis. Les BD renforcent donc le sentiment que le Canada est une région reculée. Ce problème n'allait pas se régler immédiatement. Au Canada anglais, il faut attendre les années 1970 pour voir d'autres BD que les BD américaines dans les kiosques à journaux.

Couverture de l'album de bandes dessinées FOR FUTURE GENERATIONS: THE NATIONAL PARKS OF CANADA

Malgré l'absence de bandes dessinées canadiennes dans les kiosques à journaux, quelques BD produites au Canada ont paru entre 1957 et 1966. Connues comme des cadeaux publicitaires, ces publications à tirage unique tirent profit du potentiel et de la portée indéniables de la bande dessinée pour les besoins de l'enseignement et de la promotion. Publiées par les différents paliers de gouvernement et des compagnies, les cadeaux publicitaires canadiens sont créés principalement par deux studios : Ganes Productions de Toronto appartenant à Orville Ganes et Comic Book World d'Owen McCarron, entreprise située à Halifax. Ces deux studios produisent plus de 50 comic books. Bien souvent, les cadeaux publicitaires font des remontrances aux adolescents potentiellement rebelles. Par conséquent, des centaines de milliers d'adolescents canadiens apprennent les dangers de l'alcool, des cigarettes, de la drogue et des maladies transmises sexuellement dans des BD distribuées gratuitement pendant de nombreuses années dans les salles de classe partout au pays. Bien qu'ils soient loin de représenter une renaissance de l'industrie de la BD au Canada, Ganes Productions, Comic Book World et les autres studios de production de cadeaux publicitaires de plus petite taille des années 1950 et 1960 aident à maintenir la tradition nationale de la bande dessinée pendant ces années de vaches maigres.

Même si les années 1950 et le début des années 1960 constituent une période de réduction importante pour les maisons d'édition de BD canadiennes, il faut noter qu'on a publié, pendant cette même période, plusieurs nouvelles bandes dessinées de journaux au Canada, dont One-Up de Lew Saw, Larry Brannon de Winslow Mortimer, Nipper (qui est devenu Doug Wright's Family) de Doug Wright et Ookpik d'Al Beaton.

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