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La Police à cheval du Nord-Ouest (PCN-O) - Dossiers personnels, 1873-1904

La consultation des dossiers

Domaine de collecte

Les présents dossiers font partie du groupe de documents RG 18 portant sur les hommes qui se sont engagés dans la Police à cheval du Nord Ouest (PCN O) entre 1873 et 1904. Les dossiers du personnel figurant dans cette base de données ont été numérisés à partir des microfiches provenant de RG 18, volumes 10037 à 10047, et RG 18 1997-98/386, boîte 33.

En juin 1904, cette force a pris le nom de « Royale gendarmerie à cheval du Nord Ouest » (RGCN O). Les dossiers de service des hommes qui se sont joints à la RGCN O ne sont pas inclus dans la présente base de données. Seul un échantillon de dossiers de la RGCN O d'importance historique, qui sont maintenant sous la garde de Bibliothèque et Archives Canada, a été conservé.

En février 1920, la RGCN O et la Police fédérale ont été fusionnées pour constituer la Gendarmerie royale du Canada (GRC). Les dossiers de service des personnes qui ont joint les rangs de la GRC demeurent sous la garde de la GRC. Toute demande de renseignements à leur sujet doit être faite directement auprès de la GRC en vertu de la Loi sur l'accès à l'information et de la Loi sur la protection des renseignements personnels.

À la découverte des membres de la PCN-O

Les dossiers des membres de la Police à cheval du Nord-Ouest (PCN-O) constituent, pour les chercheurs, une précieuse source d'information pour l'étude de ce corps policier et de ses responsabilités. Ils servent à comprendre l'évolution et le développement de l'Ouest canadien et du Yukon, de même que l'histoire et la généalogie familiales. Ces dossiers renferment généralement des lettres personnelles, des coupures de journaux et divers autres renseignements sur la vie des agents bien après qu'ils eurent été relevés de leurs fonctions au sein de la Police à cheval. Toutes ces données jettent la lumière sur le travail des forces policières frontalières de même que sur le gouvernement en poste au XIXe siècle. De façon générale, ces dossiers offrent l'occasion inespérée d'entrer dans la vie des quelque 4 000 hommes qui ont servi dans les rangs de la PCN-O.

Les officiers

Le corps des officiers de la PCN-O n'a jamais été imposant. De 1873-1874 à 1904, on compte environ 140 officiers, dont cinq commissaires et plus de 20 médecins et vétérinaires. Au moment de la création de la Police à cheval en 1873, on juge qu'il n'est pas nécessaire pour administrer la force d'attribuer un numéro de matricule à chacun des officiers, cette pratique n'étant pas courante dans l'armée, et la PCN-O ne comptant alors que 23 membres. Cependant, le nombre des membres s'accroît avec le temps. Par exemple, après la Rébellion de 1885, les effectifs de la PCN-O passent de 608 à 1 039 hommes, tous grades confondus, dont 50 officiers. Il faut néanmoins attendre l'année 1900 pour que les officiers soient identifiés par un matricule, à commencer par les premiers officiers nommés en 1873. Ainsi, sir George French, premier commissaire permanent de la Police à cheval qui, en 1900, est retraité depuis longtemps déjà, est nommé officier 1 ou O.1.

Ce système n'est pas parfait, et les archives et les souvenirs sont déficients. C'est pourquoi certains officiers sont oubliés au moment de l'attribution des matricules. Le lieutenant-colonel William Osborne Smith, nommé commissaire provisoire à l'automne de 1873, reçoit le matricule O.2½, et Charles Nicolle, qui sert brièvement comme commissaire en 1874 et en 1875, entre dans l'histoire sous le matricule d'officier O.23½. L'un des premiers officiers, James M. Walsh, qui abandonne la force en 1883 et la réintègre en 1897 après avoir été nommé par le gouvernement pour organiser la Police à cheval dans le Yukon, se voit attribuer le numéro 0.7. Pour une raison inconnue, il reçoit également le matricule O.109. Il est cependant important de noter que les états de service de tous les officiers de la PCN-O, qu'ils aient ou non des numéros de matricule, sont consignés de 1873 à 1904, y compris ceux des médecins et des vétérinaires.

Le gouvernement au pouvoir nomme par décret tous les officiers, notamment les officiers recrutés parmi les rangs de la force. La plupart des dossiers des officiers foisonnent de détails, généralement plus exhaustifs que ceux des membres ordinaires. Nombre de ces dossiers renferment une riche documentation sur les carrières individuelles et parfois même des renseignements sur les mariages et les enfants.

Les agents de la Police à cheval

Comme il est de coutume dans l'armée à cette époque, un numéro de matricule est attribué aux recrues au moment de leur enrôlement. Par exemple, les hommes du premier contingent à se présenter à Lower Fort Garry à l'automne de 1873 reçoivent un matricule, le premier étant le numéro 1, et les numéros de matricule attribués aux membres du second contingent, qui arrive au printemps de 1874, sont à la suite de ceux du contingent précédent. En l'espace de quelques années toutefois, les membres de la Police à cheval se dispersent dans l'ensemble des Territoires du Nord-Ouest, de Fort Walsh à Fort Calgary, Fort Edmonton et ailleurs. Or, comme les moyens de communication ne sont ni rapides ni efficaces et que de nouveaux membres joignent ou quittent le corps policier continuellement, le système d'attribution des matricules devient rapidement chaotique.

Chaque troupe ou division attribue des matricules à ses membres et, afin d'éviter toute confusion entre ceux portant des numéros identiques, la troupe de Fort Edmonton inscrit « A » au matricule de ses recrues, par exemple 345A, alors que la troupe de Fort Walsh ajoute « B » au matricule de la recrue portant le même numéro, soit 345B.

Les dossiers du personnel ne sont pas conservés dans un emplacement central, ce qui ajoute à la confusion. Les fonctionnaires à Ottawa conservent des archives, tout comme les officiers du quartier général de Fort Walsh, puis de Regina après 1882. Vers la fin des années 1870, certaines recrues reçoivent des matricules ayant déjà été attribués à des hommes qui ne font plus partie de la Police à cheval. Durant les premières années de la Police à cheval, les membres sont autorisés à quitter le corps policier s'ils arrivent à trouver un remplaçant convenable. Les matricules des policiers à cheval démobilisés sont alors assignés à leurs remplaçants, ce qui contribue à rendre la chose encore plus confuse, car un même matricule peut dès lors correspondre à deux et même à trois personnes différentes.

Pour remédier à cette situation, on décide en août 1878 de doter d'un nouveau matricule tous les membres de la Police à cheval alors en service en recommençant par le matricule 1. Cette nouvelle série de numéros de matricule est toujours en vigueur aujourd'hui et dépasse les 50 000 matricules. L'attribution de matricule unique facilite l'identification des membres, ce qui est particulièrement utile pour la recherche.

En revanche, la trace de certains membres qui sont entrés dans la Police à cheval et qui l'ont quittée avant l'instauration de ce système s'est perdue dans le dédale administratif. Leur matricule fait partie de ce qu'on appelle généralement la « Old Series » (ancienne série), ou la série des matricules OS. Bien que certains dossiers aient été conservés, de nombreux autres ont été égarés. Malgré tout, presque chaque membre de la PCN-O est inscrit dans la base de données.

En juin 1904, le qualificatif « Royale » est conféré à la PCN-O. Ainsi, 4231 est le dernier numéro de matricule de la PCN-O à avoir été attribué.

Le service de documentation

Dans le Canada du XIXe siècle, il n'est pas courant de conserver des dossiers du personnel ou des états de service comme ceux que nous connaissons aujourd'hui. Les renseignements sur les soldats, par exemple, sont consignés dans de grands registres. Heureusement, les responsables de la PCN-O possèdent une autre méthode. Dès les débuts du corps policier en 1873, des registres ou dossiers sont établis pour chacun des officiers et des agents. Bien que le volume et la nature de la documentation varient d'un dossier à l'autre et selon la période, un dossier de la PCN-O contient habituellement un certain nombre de formulaires dûment remplis, de la correspondance et, parfois, des coupures de journaux. Ci-dessous sont présentés les documents figurant normalement dans un dossier de la PCN-O.

Application for Engagement (Formulaire 72) (Demande d'enrôlement)

Dans ce formulaire, on trouve les renseignements suivants : le nom et l'adresse de la recrue éventuelle; le nom de la personne qui la recommande; l'emploi au cours des cinq années précédentes; les questions ayant trait à la connaissance des chevaux (soin des chevaux, gestion d'écurie et équitation); l'expérience militaire, s'il y a lieu; l'âge; la grandeur; le poids; le tour de poitrine; la situation familiale; la date et la signature.

Medical Examination (Formulaire 65) (Examen médical)

Chaque recrue doit subir un examen médical. Le rapport médical, qui change très peu entre 1873 et 1904, contient une mine de renseignements personnels : la date et le lieu de l'examen; l'âge; la grandeur, le poids et le tour de poitrine; le développement musculaire; l'emploi antérieur; le niveau d'intelligence; le tempérament; la couleur de la peau; la couleur des yeux et des cheveux; la qualité de la vision; la taille des pieds; l'état du cœr, des poumons; la présence de hernie, d'hémorroïdes ou de varices (distension des vaisseaux sanguins); les vaccins reçus ou les cicatrices corporelles; les commentaires du médecin examinateur.

NWMP Description Summary (Formulaire 59) (Sommaire descriptif de la PCN-O)

Ce formulaire, étroit et horizontal, se retrouve dans la plupart des dossiers. Il constitue un sommaire des renseignements personnels de chaque recrue, indiquant notamment son nom ainsi que l'endroit et la date de son enrôlement. Les données suivantes sont également consignées : la grandeur; l'âge; le poids; le tour de poitrine; la couleur des yeux, des cheveux et de la peau; la présence de marques particulières; l'emploi; l'ancien lieu de résidence; les états de service antérieurs, s'il y a lieu; la confession religieuse; le nom et l'adresse du plus proche parent ainsi que sa relation avec la recrue.

Discharge Board Report (Formulaire 54) (Rapport du Conseil de démobilisation)

Quand un membre démissionne, le Conseil des officiers doit vérifier et inscrire au dossier ses états de service. Ce formulaire d'une page comprend un sommaire de la carrière du policier qui inclut la date de son enrôlement et la durée de son service, les divisions auxquelles il a été affecté, les promotions qu'il a reçues et la qualité de sa conduite au sein du corps policier. Au verso du formulaire, on peut lire une description physique du policier démobilisé, son lieu de résidence prévu et le lieu et la date de la réunion du conseil de démobilisation.

Discharge Certificate (Formulaire 84a) (Certificat de démobilisation)

Chaque membre qui quitte la Police à cheval reçoit un certificat de démobilisation dans lequel sont inscrits son nom au complet, les rangs qu'il occupait, le nombre d'années de service, les motifs de sa démobilisation (démission, congédiement, fin du mandat, commission, désertion), sa conduite au cours de ses années de service et la date d'émission du certificat.

Rengagement

Si un membre décide de continuer de servir pour un nouveau mandat, tous les formulaires doivent être remplis de nouveau afin d'être mis à jour.

Autres renseignements dans les dossiers des états de service

Chaque dossier de la PCN-O renferme également de la correspondance, ce qui peut comprendre des lettres du membre (demande de promotion, de congé, ou de renseignements au sujet de la démobilisation) ou écrites à son sujet, surtout lorsqu'il est question de discipline. Des coupures de journaux pertinentes sur un membre sont chose courante, particulièrement les avis de décès provenant des journaux locaux ou de la publication de la GRC, La trimestrielle. La documentation concernant un membre peut être postérieure à la fin de sa carrière au sein du corps policier, parfois même de plusieurs décennies. Par exemple, en 1933, le gouvernement fédéral accorde une subvention de 300 $ aux membres vivants de la PCN-O ayant pris part à la Rébellion de 1885. Des dizaines d'hommes remplissent alors les formulaires requis et les déposent auprès de la Direction générale de la GRC à Ottawa, qui classe ensuite les formulaires dans leurs dossiers. Les dossiers n'indiquent cependant pas les détachements pour lesquels les membres ont servi ni le montant de leurs soldes.

Les formulaires de démobilisation indiquent la division dans laquelle un membre a servi, mais restent muets quant aux détachements. On peut cependant trouver dans les dossiers des renseignements probants à cet égard. Les cahiers du recensement, plus particulièrement ceux de 1881, de 1891, de 1901 et même de 1906, peuvent être utiles pour situer un membre dans un endroit donné. Sauf en de rares circonstances, les dossiers des agents ne sont pas aussi détaillés ni exhaustifs que ceux des officiers, mais dans la plupart des cas ou presque, la documentation s'avère valable pour toute personne intéressée par l'histoire d'une famille, par la généalogie ou par l'histoire d'une collectivité.