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Certificat avec photographie d’un homme adulte, apposée dans le coin inférieur droit

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Certificat de taxe d’entrée au nom de Chong Lee (aussi connu sous le nom de Quon Dock Fon), remplaçant l’original perdu, 5 décembre 1916

Couverture d’un magazine avec les mots « Canadian Illustrated News ». L’illustration montre un Chinois poussé vers un navire par un homme très grand portant un chapeau haut de forme.

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Caricature du Canadian Illustrated News, 1879, intitulée « The Heathen Chinee in British Columbia » (« Le sauvage chinois en Colombie-Britannique »).

Document dactylographié Liste manuscrite de noms et d’adresses

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Pétition de Chinois vivant à Victoria, en Colombie-Britannique, demandant d’allonger la période d’absence du Canada autorisée pour visiter la Chine, mars 1894

Document dactylographié Page d’album sur laquelle figure des coupures de presse

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Les dirigeants de communautés recherchaient de meilleures conditions sous le régime de la loi. Voici une lettre et un article de presse concernant la loi du travail qui empêchait les femmes blanches de travailler dans des établissements dirigés par des Chinois.

Photographie de deux rangées d’hommes en uniforme de soldat, souriant à la caméra.

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Les canadiens chinois qui servirent dans les forces armées durant la Deuxième Guerre mondiale ouvrirent la porte à la révocation de la Loi sur l’immigration chinoise. Cette loi interdisait presque toute immigration de la Chine vers le Canada depuis 1923.
On voit sur cette photo de 1947 (en avant, de gauche à droite) : soldat de première classe C. Lum, caporal R.W.J. Lee, sergent major D. Sung, sergents C. Hoy et M. Chiu; (derrière, de gauche à droite) : soldat de première classe D. Yo, caporal Y.M. Wong, caporal C.P. Wong, sergent H.B.D. Lee, soldat de première classe R.W. Yeastings.

Photographie d’un homme souriant, portant une veste blanche de pharmacien, assis devant une étagère de médicaments.

Source
D’autres occasions professionnelles s’offrirent aux Chinois après la Deuxième Guerre mondiale. On voit ici le pharmacien Lim D. Lee, en 1951.

Il faut être
fait fort

« Il faut être fait fort. Autrement tu n’es pas respecté. La Chine était affaiblie à cette époque. Pas de marine, pas d’armes. Vous savez comment les gens appelaient la Chine? « L’homme malade de l’Asie?. Il n’y a pas assez de nourriture pour tout le monde, le gouvernement est corrompu, l’économie est contrôlée par des étrangers. Donc les gens regardent la Chine de haut; ils regardent de haut les Chinois au Canada. Nous ne sommes pas assez nombreux ici pour imposer le respect. Alors, ils passent des lois contre nous. Et la Chine est trop faible pour intervenir en notre faveur. » (Mary Lee, copropriétaire d’une épicerie à Montréal, interviewée en 1982 à l’âge de 78 ans.)
- – Personnage fictif créé par Paul Yee

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ARCHIVÉE - Les premiers Canadiens d'origine chinoise
1858-1947

Contenu archivé

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L'histoire

Le racisme dans la loi et la société

Dans cette section :

Lois fédérales

Document imprimé

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La Commission royale sur l'immigration chinoise de 1885 a imposé la première taxe d'entrée. Cliquer ici pour visionner le texte complet et sélectionner « Télécharger en PDF » ou « Visionner la page », ainsi que le numéro de page désiré : www.canadiana.org/
ECO/ItemRecord/1456
3?id=0fbb131cfcc5
cc80&Language=fr

Dès la fin de la construction du Chemin de fer Canadien Pacifique en 1885, le Canada commença à prendre des mesures pour freiner l'immigration chinoise. C'est le gouvernement fédéral qui prit l'initiative de ces mesures, car l'immigration est de responsabilité fédérale au Canada; les provinces ne peuvent légiférer dans ce domaine. La pression pour adopter une loi à cet effet provenait de la Colombie-Britannique, mais le fédéral commença à intervenir seulement après la fin de la construction du chemin de fer.

La Loi sur l'immigration chinoise de 1885 imposait à chaque membre d'une famille chinoise immigrant au Canada de payer 50 $ à titre de taxe d'entrée (en 2008, ce montant équivaudrait à environ 1 100 $). On estimait que les Chinois étaient trop pauvres pour payer une telle somme et qu'en conséquence ils ne pourraient pas immigrer au Canada. Les commerçants et les étudiants étaient exemptés de la taxe. Cette loi ne s'appliquait qu'aux Chinois – aucun immigrant d'aucun autre pays n'a jamais eu à payer une telle taxe d'entrée au Canada.

Les fonctionnaires du gouvernement fédéral ont tenu des registres précis, appelés Registres généraux sur l'immigration chinoise, concernant les personnes qui payaient, ou qui étaient exemptées de cette taxe. Ces registres ont été constitués entre 1885 et 1949 et sont maintenant disponibles en ligne, sur le site de Bibliothèque et Archives Canada, à la page Immigrants de la Chine.

Document imprimé

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La Loi sur l'immigration chinoise de 1923 a presque éliminé l'immigration chinoise au Canada. La loi fut abrogée en 1947.
Cliquer ici pour visionner le texte complet et sélectionner « Télécharger en PDF » ou « Visionner la page », ainsi que le numéro de page désiré : www.canadiana.org/
ECO/ItemRecord/9_0
8043?id=0fbb131cfcc
5cc80&Language=fr

La taxe atteignit son objectif pendant un certain temps. Le nombre d'immigrants chinois chuta de 8 000 en 1882, à 124 en 1887. Cependant, de nouvelles vagues d'immigration recommencèrent au cours de la décennie suivante. Ottawa réagit en 1903 en faisant passer la taxe d'entrée individuelle à 500 $. Cette somme était supérieure au salaire moyen annuel d'un travailleur.

Cette nouvelle taxe réduisit le niveau d'immigration pendant quelques années, puis le nombre de nouveaux arrivants recommença à augmenter dès 1908. En Colombie-Britannique, le sentiment anti-chinois s'accentua. Après la Première Guerre mondiale, l'économie canadienne subit un ralentissement et les emplois devinrent difficiles à trouver. Plusieurs blancs accusaient les Chinois de leur voler des emplois.

En 1923, une nouvelle loi sur l'immigration chinoise fut adoptée; celle-ci fermait carrément la porte aux Chinois. Les immigrants d'origine chinoise vivant déjà ici durent s'inscrire à un registre national, sous peine d'être expulsés du pays. Ils étaient autorisés à retourner en Chine pour aller visiter leur famille et à revenir au Canada, mais aucun nouvel immigrant n'était admis. Cela signifiait que les hommes d'origine chinoise vivant ici ne pouvaient pas faire venir leur famille au Canada.

Lois provinciales et locales

Après s'être jointe à la Confédération canadienne en 1871, la Colombie-Britannique exigea que les travailleurs chinois soient interdits sur les chantiers de construction du Chemin de fer Canadien Pacifique. Mais le gouvernement canadien refusa.

Le gouvernement de la province réagit en adoptant ses propres lois contre les Chinois. Ceux-ci n'avaient pas le droit de voter, ni de travailler sur des chantiers publics comme la construction de routes. Au moment de ces restrictions en 1872, les immigrants chinois représentaient la majorité dans certaines circonscriptions électorales. Des villes comme Vancouver et Victoria adoptèrent, elles aussi, des règlements limitant l'embauche de travailleurs chinois lors de travaux financés par l'argent des contribuables.

Une autre province, la Saskatchewan, adopta aussi des lois interdisant le droit de vote aux immigrants d'origine chinoise. Et comme les listes électorales au niveau fédéral étaient construites à partir des listes provinciales, les Chinois résidant en Colombie-Britannique et en Saskatchewan ne pouvaient pas non plus participer aux élections pour les membres du Parlement.

Pourquoi tant d'hostilité?

Le mouvement anti-chinois en Colombie-Britannique devint une puissante force politique. Il était courant de blâmer les immigrants chinois quand l'économie allait mal et d'utiliser cet argument pour rallier les immigrants de Grande-Bretagne et d'Europe autour de l'idée d'une « suprématie blanche », dont le slogan « White Canada Forever " représente bien l'esprit.

Les agitateurs anti-chinois avaient constaté que les immigrants chinois venaient au Canada sans leurs familles et vivaient modestement. Ils en concluaient que les Chinois n'avaient pas besoin d'autant d'argent que les blancs pour vivre ou prendre soin de leur famille. En conséquence, ils argumentaient que les immigrants chinois pouvaient travailler pour de moindres salaires, et qu'ils volaient les emplois des blancs.

Les blancs de Colombie-Britannique étaient également convaincus que leur mode de vie était supérieur à celui des autres. Ils décrivaient la Chine comme un pays faible et arriéré dont les habitants ne pourraient jamais apprendre à vivre comme les Canadiens blancs. Ils ajoutaient que les Chinois transportaient des maladies et avaient de mauvaises habitudes (comme fumer de l'opium), ce qui représentait une menace pour le bien-être des Canadiens. Le racisme envers les Chinois et d'autres groupes d'immigrants (japonais et asiatiques en général), et même envers les Premières Nations, était l'expression d'une forte croyance en la suprématie blanche.

Ce racisme anti-chinois reflétait en partie le sentiment de supériorité de l'Empire britannique, à l'époque perçu comme la puissance politique et économique dominante du 19e siècle et du début du 20e siècle. La majorité de la population blanche de la Colombie-Britannique avait pour origine les îles Britanniques; entre 1911 et 1941, elle représentait 70 % de la population. Les autres blancs de la province (16 % de la population) provenaient du reste de l'Europe, des États-Unis ou d'autres parties de l'Empire britannique où sévissait aussi le racisme anti-chinois.

C'est en Colombie-Britannique que les gouvernements provinciaux et municipaux adoptèrent le plus grand nombre de lois anti-chinoises, mais le racisme à l'égard des Chinois a aussi existé dans d'autres provinces canadiennes. En 1910, des propriétaires de Calgary vivant près du quartier chinois voulurent immobiliser la croissance de ce quartier de peur de voir la valeur de leur propriété s'effondrer. Durant la même décennie, la Saskatchewan, le Manitoba et l'Ontario interdirent aux employeurs chinois d'embaucher des femmes blanches sous prétexte qu'ils pourraient en abuser sexuellement! En 1915, des propriétaires blancs de buanderies de Montréal appelèrent au boycottage des buanderies chinoises.

L'intolérance devient du harcèlement

Dans la vie de tous les jours, les Canadiens blancs se sentaient libres d'exprimer leur répugnance envers les Chinois sans se soucier des conséquences d'un tel comportement.

Les enfants harcelaient les vendeurs itinérants, renversant leur charriot et brisant la marchandise à vendre; les politiciens et les journaux attaquaient les Chinois dans leurs discours et leurs éditoriaux. Certaines piscines publiques étaient interdites aux Chinois et certains cinémas leur réservaient des sections spéciales.

Document imprimé

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Les communautés chinoises et japonaises ont protesté suite à l'émeute de 1907 à Vancouver. Le gouvernement a formé deux commissions royales d'enquête sous la présidence de William Lyon Mackenzie King, lesquelles eurent pour résultat le remboursement des pertes subies. Cliquer ici pour visionner le texte complet et sélectionner « Télécharger en PDF » ou « Visionner la page », ainsi que le numéro de page désiré : www.canadiana.org/
ECO/ItemRecord/9_08
045?id=0fbb131cf
cc5cc80&Language=fr

En 1907, une foule de plusieurs milliers d'hommes blancs envahissait le quartier chinois de Vancouver, fracassant toutes les vitres. Les quartiers japonais furent aussi saccagés. Les immigrants chinois eurent peur pour leur vie et commencèrent à se procurer des armes pour se défendre. Les communautés chinoises et japonaises organisèrent une marche de protestation, exigeant du gouvernement fédéral une compensation financière pour tous ces dommages. Le gouvernement mit effectivement sur pied deux commissions royales d'enquête, sous la présidence de William Lyon Mackenzie King, lesquelles eurent pour résultat le remboursement des pertes subies.

En 1919, plusieurs centaines de soldats et de civils envahirent le centre-ville d'Halifax, en Nouvelle-Écosse. Ils s'attaquèrent aux restaurants chinois, démolissant le mobilier, volant les tiroirs-caisses et divers autres objets.

En 1922, des commissaires d'école à Victoria, en Colombie-Britannique, tentèrent de retirer les enfants d'origine chinoise des classes régulières pour les placer dans des écoles séparées. La communauté chinoise protesta vigoureusement en retirant les enfants de l'école pour une année entière.

Durant la grande dépression des années 1930, les Canadiens chinois ne recevaient pas le même montant d'assistance sociale que les blancs. Dans le quartier chinois de Vancouver, le gouvernement provincial fournissait à l'Église anglicane 16 ¢ par personne par jour pour le soutien à la soupe populaire; ailleurs en ville, dans les quartiers blancs, la subvention allait de 15 ¢ à 25 ¢ par personne. En Alberta, le soutien financier aux Canadiens d'origine chinoise était de 1,12 $ par personne par semaine, c'est-à-dire moins de la moitié de ce qui était accordé aux autres citoyens.
Tout de même, on assistait parfois à des manifestations de sympathie. Par exemple, certains journaux publiaient de temps à autre des lettres à l'éditeur dénonçant des actes de violence envers des Chinois. Depuis le début des années 1900, de nombreux missionnaires au Canada s'étaient rapprochés des communautés chinoises. Cependant, ces quelques gestes de sympathie étaient complètement noyés dans l'hostilité quotidienne provenant tant des gouvernements que des citoyens. La situation n'a commencé à s'améliorer qu'après la Deuxième Guerre mondiale.

La guerre apporte des changements

Durant la Deuxième Guerre mondiale, la Chine lutta aux côtés des Alliés, contre l'Allemagne, l'Italie et le Japon. Des Canadiens d'origine chinoise se joignirent aux troupes canadiennes. Ici au pays, des Canadiens chinois de toute provenance participèrent aux campagnes de financement de l'effort de guerre. Ils offrirent aussi leur soutien financier à la Chine pour lutter contre le Japon, qui avait envahi leur patrie d'origine.

Les horreurs du racisme nazi, le génocide juif et les innombrables victimes de l'Holocauste incitèrent les Canadiens à revoir leurs propres attitudes en matière de racisme. Les journaux et certains syndicats avaient déjà traité les Canadiens d'origine chinoise d'étrangers malvenus; après la Deuxième Guerre mondiale, ils se joignirent plutôt à certains chefs religieux pour exiger du gouvernement canadien qu'il traite les Canadiens chinois comme des citoyens à part entière.

En 1945, le Canada participa à la création des Nations Unies. Cet organisme adopta une déclaration qui affirme l'égalité des droits de tous les hommes et les femmes, et prône la paix entre les peuples de la Terre. En conséquence de ces engagements internationaux, le Canada fut forcé de réviser entièrement ses lois anti-chinoises.

C'est ainsi qu'il abolit, en 1947, sa loi de 1923 qui bloquait complètement l'immigration chinoise au Canada. Les Canadiens d'origine chinoise eurent bientôt le droit de vote partout au pays, à tous les niveaux de gouvernement.

Mais le gouvernement conserva tout de même un certain nombre de mesures injustes. Le gouvernement fédéral ne traitait pas équitablement les Canadiens chinois en matière d'immigration. Ceux-ci ne pouvaient faire venir aux pays que quelques membres de leur famille, alors que d'autres Canadiens pouvaient parrainer un beaucoup plus grand nombre de nouveaux immigrants. C'est finalement seulement en 1967 que le gouvernement fédéral retira toutes les restrictions fondées sur la race, l'ethnie ou l'origine nationale de ses politiques d'immigration; on instaura à la place un « système de points ».

Comment était-ce de servir sous les drapeaux durant la Deuxième Guerre mondiale? Regardez ces entrevues vidéo avec quelques Canadiens d'origine chinoise; il s'agit de la production Heroes Remember (www.vac-acc.gc.ca/remembers_f/sub.cfm?source=collections/hr_cdnchinese), une réalisation du Chinese Canadian Military Museum (disponible en anglais seulement www.ccmms.ca/index.asp) et du ministère des Anciens combattants.

Pour en savoir plus long à propos du racisme dans la loi et dans la société

  • Les romans de Wayson Choy Jade Peony et All That Matters observent les changements sociaux des années 1930 et 1940, à travers le regard d'enfants d'immigrants chinois, élevés au Canada, à Vancouver.
  • Edith Eaton est née en 1865 d'un père anglais et d'une mère chinoise; elle grandit à Montréal. Sous le nom de plume de Sui Sin Far, elle est l'auteure de divers articles de journaux et de courtes histoires concernant les Chinois en Amérique du Nord, visant à mieux faire accepter leur présence. Ces histoires sont rassemblées dans un recueil intitulé Mrs. Spring Fragrance.
  • Afin de mieux connaître la réaction de la Colombie-Britannique à la présence des immigrants chinois et japonais, il faut lire les trois volumes de l'œuvre de Patricia Roy : A White Man's Province: British Columbia Politicians and Chinese and Japanese Immigrants, 1858-1914; The Oriental Question: Consolidating a White Man's Province: 1914-41, et The Triumph of Citizenship: The Japanese and Chinese in Canada, 1941-67. À lire aussi : White Canada Forever: Popular Attitudes and Public Policy Toward Orientals in British Columbia de Peter Ward.