Bibliothèque et Archives Canada
Symbole du gouvernement du Canada

Liens de la barre de menu commune

Liens institutionnels

Les catalogues de vente par correspondance du Canada

Dix autres usages

Chaque automne et chaque printemps, le catalogue tant attendu arrivait enfin. C'était un événement semblable à la visite maintes fois retardée d'un parent éloigné. Chacun y trouvait son compte. Pour plusieurs enfants, l'arrivée du plus récent catalogue signifiait qu'ils pouvaient enfin mettre la main sur l'ancien catalogue pour s'amuser.

L'hiver, les gens passaient des journées et des soirées plongés dans le catalogue, rêvant aux possibilités qu'il offrait. Mais, en plus de permettre de commander des produits à distance, le catalogue servait à plusieurs usages. Certains peuvent paraître surprenants de nos jours, en cette période où les divertissements sont à la portée de la main; pensons à la télévision, à la radio, aux livres, au cinéma, au théâtre ou au centre sportif local.

Voici dix utilisations (choisies au hasard) qu'on faisait des catalogues de vente par correspondance dans le passé, en plus de servir à commander des produits :

  1. Les petites filles parcouraient le catalogue à la recherche de personnages à découper pour faire des poupées en papier. Elles cherchaient ensuite des vêtements pour les habiller. Elles se fabriquaient parfois des familles entières de personnages en papier pour s'amuser. Elles découpaient même des meubles pour meubler les maisons de poupée qu'elles se fabriquaient.


  2. Des images découpées dans de vieux catalogues servaient souvent à réaliser des projets scolaires ou à orner des albums de coupures.


  3. Les garçons attachaient des catalogues sur le devant de leurs jambes en guise de jambières de gardien de but lorsqu'ils jouaient au hockey.


  4. Dans de nombreuses écoles de campagne, les enseignants se servaient des catalogues pour enseigner la lecture aux enfants. C'était parfois le seul livre qu'ils avaient à lire. On les découpait aussi pour réaliser des alphabets illustrés.


  5. Certains immigrants adultes qui ne parlaient pas l'anglais s'aidaient du catalogue pour apprendre de nouveaux mots; en étudiant les images et les descriptions, ils enrichissaient leur vocabulaire et apprenaient aussi l'orthographe.


  6. Les femmes attendaient avec impatience l'arrivée du catalogue pour se tenir au courant des dernières modes. En s'inspirant des illustrations qu'il contenait, elles créaient leurs propres patrons, qu'elles découpaient dans des journaux, et cousaient les vêtements pour la famille.


  7. Les colons découpaient des images dans les catalogues pour décorer les murs de leur maison.


  8. Certains arrachaient les pages du catalogue, les chiffonnaient et s'en servaient comme isolant pour colmater les fentes dans les murs de leur cabane.


  9. Pour les gens vivant dans des régions rurales éloignées, les catalogues servaient de lien culturel avec le reste du monde. Ils permettaient à de nombreux colons de se tenir au courant des tendances de la mode et de la décoration intérieure; ils leur fournissaient de nouveaux sujets de conversation, atténuaient leur solitude et stimulaient leur imagination.


  10. Puis le catalogue arrivait enfin à sa destination finale, les toilettes extérieures, où on l'utilisait comme tapisserie, pour une dernière lecture et enfin comme papier hygiénique.

Aujourd'hui, les anciens catalogues se révèlent de précieux outils de recherche. Leur contenu fournit d'importants renseignements aux conservateurs de musée, aux historiens, aux sociologues, aux écrivains, aux antiquaires de même qu'aux collectionneurs et aux commerçants sur les objets du passé. Les détails qu'ils contiennent offrent aux concepteurs de costumes et de décors de scène la possibilité de reproduire de façon authentique l'époque présentée. Mais il n'est pas nécessaire d'appartenir à l'une de ces catégories de personnes pour goûter le charme des anciens catalogues. Le fait de feuilleter les pages et de découvrir la saveur distincte de chaque époque peut procurer des heures de plaisir -- tout comme en ont vécu les lecteurs qui ont regardé ces mêmes pages la toute première fois.