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ARCHIVÉE - Codex canadensis

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À propos du manuscrit

On désigne de ce nom un manuscrit de 79 pages illustrées de 180 dessins, produit vers 1700, et qui décrit à la fois les Premières nations, les plantes, les mammifères, les oiseaux et les poissons du Canada. C'est dire l'intérêt du Codex canadensis pour l'ethnologie et l'histoire naturelle de notre pays.

L'ouvrage s'ouvre sur trois pages de dédicace où l'auteur flatte Louis XIV, roi de France. Ces dédicaces célèbrent en effet successivement la victoire de la France sur la Hollande lors de la guerre dite de Dévolution (1668), celle de la France contre l'Allemagne (1673-1674), et l'accession de Philippe V au trône d'Espagne (1700). C'est évidemment cette dernière date qui a permis au baron Marc de Villiers, premier éditeur du manuscrit, de le dater. Toutefois, les légendes manuscrites sur chaque page semblent avoir été ajoutées après les dessins, sans qu'on puisse toutefois déterminer la date exacte de ces derniers.

Dix-neuf pages consacrées aux Premières nations suivent immédiatement ces pages de dédicace. Certes, on peut faire la preuve que l'auteur, pour tracer le contour de ses personnages, s'est inspiré des gravures du livre du jésuite François du Creux, intitulé Historiae canadensis seu Novae Franciae Libri Decem et publié à Paris en 1666. Mais les détails sont de lui et fort riches en informations. L'auteur s'est donné la peine de représenter les tatouages, les pipes (dont l'archéologie ne nous révèle habituellement que le fourneau), les styles de coiffures, les costumes plus ou moins élaborés et les accessoires, comme le sac à pétun (tabac) de la page 6, ou les armes, comme la hache de guerre des pages 7 et 9, le bouclier, l'arc et les flèches de la page 12. Signalons dans cet ensemble un véritable portrait d'Iskouakité, un chef outaouais estimé des jésuites parce qu'il exhortait ses gens « à la prière ». De toute la Nouvelle-France, c'est le seul portrait d'Autochtone connu, avec celui de Catherine Tékakouita.

Les huit dernières pages consacrées aux Premières nations offrent le plus d'intérêt. Elles forment un petit traité d'ethnographie avant la lettre, puisque y sont abordés les moyens de subsistance (la pêche en particulier) les moyens de transport (y compris un kayak inuit, en page 17), les types d'habitations, voire même une scène de torture à laquelle l'auteur affirme avoir assisté (page 22). C'est aussi sur cette même page qu'on peut voir un essai un peu maladroit, mais unique en son genre pour la période, de représentation des magnifiques masques iroquois des sociétés de guérisseurs dites False Face Society.

Cette section comporte aussi deux cartes géographiques, l'une consacrée à tout le territoire, l'autre à ce que l'auteur appelle la Manitounie, soit le bassin entier du Mississipi, en hommage aux découvertes de Joliette et du père Marquette en 1673.