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ARCHIVÉE - Codex canadensis

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À propos de Louis Nicolas

Notes biographiques sur Louis Nicolas, auteur présumé du Codex canadensis

On l'a vu, Marc de Villiers attribuait le Codex canadensis à Charles Bécart de Grandville (1675-1703). Cette attribution n'est plus retenue aujourd'hui. Le Codex canadensis entretient en effet trop de correspondances dans le contenu avec un manuscrit conservé à la Bibliothèque nationale à Paris et intitulé Histoire naturelle des Indes occidentales pour ne pas imposer au moins l'idée d'une commune attribution. Or l'Histoire naturelle n'est signée que de simples initiales : « M.L.N.P. ». Heureusement, on les retrouve telles quelles désignant l'auteur d'une Grammaire algonquine, cette fois décodée en « Messire Louis Nicolas Prêtre » ou encore « Louis Nicolas Prêtre Missionnaire ». Il est donc raisonnable de conclure que les trois manuscrits gravitent autour du même personnage.

Qui était Louis Nicolas? Né à Aubenas, en Ardèche, le 15 août 1634, Louis Nicolas entre dans la Compagnie de Jésus en 1654 et est attaché à la province de Toulouse. Le Journal des Jésuites fixe son arrivée au Canada en 1664. Il devait y séjourner jusqu'en 1675. Son travail de missionnaire l'amène dans tous les coins du pays, de l'extrémité ouest du lac Supérieur à Sept-Îles, de Trois-Rivières au sud du lac Ontario en territoire iroquois, le tout entrecoupé de séjours à Québec. Il semble par contre avoir été plus intéressé par l'étude des langues autochtones -- il est devenu un spécialiste de l'algonquin -- et l'histoire naturelle que par le travail proprement missionnaire de conversion des âmes au catholicisme. Les Relations des Jésuites sont discrètes, sinon un peu embarrassées, à son sujet. On sait qu'il ne s'est pas toujours bien comporté avec les Premières nations. Un mémoire rédigé par Antoine Alet, secrétaire de M. de Queylus, supérieur des Sulpiciens, cité dans le pamphlet anti-jésuite, La morale pratique des Jésuites d'Antoine Arnauld, décrit Louis Nicolas comme un homme prompt à la colère et assez vaniteux. Il aurait même battu à coup de bâton le chef outaouais Kinongé, pourtant allié des Français. Il s'était aussi mis en frais de dompter deux oursons à la résidence des jésuites de Sillery, près de Québec. Il en était très fier et aurait voulu les montrer au roi. On imagine bien que cela n'avait pas plu à toute la communauté.

Après son retour en France, on perd sa trace. Il semble avoir quitté l'ordre des jésuites à la suite d'un refus de ses supérieurs de lui permettre d'imprimer son Histoire naturelle. On ignore la date de sa mort. Certains ont avancé, sans preuve, la date de 1682. Si celle-ci était véritable, il faudrait supposer que le Codex qui, nous l'avons vu date de 1700, n'est pas de sa main, mais d'un confrère très au courant de ses travaux. Pourtant des paléographes avertis nous assurent qu'on retrouve la même main à l'œuvre dans les légendes du Codex et dans le manuscrit de l'Histoire naturelle. En 1700, Louis Nicolas aurait eu 66 ans. Jusqu'à preuve du contraire, on peut le considérer comme l'auteur du Codex canadensis.

François-Marc Gagnon
Institut de recherche en art canadien Gail et Stephen A. Jarislowsky,
Université Concordia, Montréal