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ARCHIVÉE - La Confédération canadienne

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Vers la Confédération

Les colonies de la côte atlantique

De la colonisation au Traité d'Utrecht (1713)

Photo: Deux hommes et deux femmes devant les navires HMS NILE, HMS NIMBLE et HMS DESPERATE, à Halifax, en Nouvelle-Écosse, vers 1860

Droit d'auteur/Source

Groupe de gens devant les navires HMS Nile, HMS Nimble et HMS Desperate, à Halifax, en Nouvelle-Écosse, vers 1860

Les conditions environnementales et les variations du niveau de la mer ont effacé la plupart des traces de vie humaine ancienne sur la côte atlantique canadienne; cependant, les archéologues affirment que la région est habitée depuis au moins 11 000 ans. Les signes de l'existence de colonies établies par les Européens remontent à environ 1000 ans, époque où les explorateurs vikings fondent une communauté à l'Anse aux Meadows, aujourd'hui Terre-Neuve-et-Labrador.

Terre-Neuve capte l'attention des Européens après le voyage de John Cabot en 1497. L'emplacement géographique et les ressources de l'île favorisent les échanges commerciaux avec l'Europe longtemps après que les colonies maritimes voisines sont devenues des provinces canadiennes. Terre-Neuve-et-Labrador se distingue donc des provinces Maritimes, appellation désignant habituellement la Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick et l'Île-du-Prince-Édouard.

Terre-Neuve-et-Labrador et les provinces Maritimes partagent une même expérience de leur colonisation et de leur développement commercial initial. À la fin du XVIe siècle, la pêche et le commerce entre Européens et peuples autochtones établis sur la côte atlantique et les rives du fleuve Saint-Laurent augmentent. Ce commerce marque profondément la culture autochtone; ainsi, à Terre-Neuve, le peuple béothuk disparaît par suite de maladies et en raison du rétrécissement de son territoire.

Dès le milieu du XVIIe siècle, des flottes de baleinières et des flottilles de pêche arrivent régulièrement d'Angleterre, de France, des Pays-Bas, du Portugal et d'Espagne, en même temps que Français et Britanniques établissent des colonies à Terre-Neuve, en Nouvelle-Écosse et en Acadie. La distinction territoriale mal définie entre la Nouvelle-Écosse et l'Acadie alimente, pendant des décennies, des conflits entre la France et l'Angleterre, en même temps qu'elle découle de ces conflits. Depuis Port-Royal en 1605, l'Acadie devient principalement une colonie française. En 1621, toutefois, le roi James Ier d'Angleterre (James VI d'Écosse) confie le contrôle de la « nouvelle Écosse » à sir William Alexander.

Une succession de traités inefficaces provoque la guerre entre l'Angleterre et la France, d'abord en 1689, puis en 1702. Le contrôle des colonies de la côte atlantique est au centre de ces conflits. Durant ce temps, les colonies d'Acadie, de Nouvelle-Écosse et de Terre-Neuve subissent des assauts dévastateurs. En 1710, Francis Nicholson attaque Port-Royal, et sa victoire signale la conquête de l'Acadie, car Nicholson proclame subséquemment l'autorité de l'Angleterre sur la colonie. Le Traité d'Utrecht suit en 1713, lorsque la France cède officiellement une partie de l'Acadie à la Grande-Bretagne.

Le conflit en Acadie et le premier Traité de Paris (1763)

Le Traité d'Utrecht place le peuple acadien dans une situation difficile. Selon l'entente, la France garde le contrôle de l'île Royale (île du Cap-Breton), et l'on encourage les Acadiens à quitter la Nouvelle-Écosse et à s'installer dans ce territoire français. Cependant, la plupart des Acadiens choisissent de demeurer en Nouvelle-Écosse et conservent leur neutralité, ne prenant parti ni pour les intérêts de la Grande-Bretagne, ni pour ceux de la France. Lorsque, en 1720, le nouveau gouverneur de la Nouvelle-Écosse, Richard Philipps, leur demande de prêter serment d'allégeance à la Grande-Bretagne, les Acadiens refusent.

Ce refus de prêter serment n'est pas un cas unique, mais cette fois le gouverneur se trouve forcé d'accepter la neutralité des Acadiens. Les Britanniques s'inquiètent des Micmacs et des Abénaquis qui attaquent les bateaux de pêche en Nouvelle-Angleterre. On n'a pas réussi, en 1725, à résoudre par un traité les conflits existant avec les Micmacs, et les hostilités continuent pendant plusieurs décennies.

En 1744, l'Angleterre et la France se déclarent la guerre une fois de plus. Les forces françaises à Louisbourg, sur l'île Royale, apprennent la nouvelle en premier et lancent immédiatement une attaque surprise en Nouvelle-Écosse, remportant une victoire facile à Canso. Mais le siège de la fortification britannique à Annapolis Royal se solde par un échec, car, en raison de l'arrivée de renforts de la Nouvelle-Angleterre, leurs alliés Micmacs doivent battre en retraite. En 1745, les Britanniques reprennent Louisbourg et ne céderont de nouveau le fort qu'après avoir conclu un traité avec les Français, en 1748.

La guerre éclate de nouveau dans les années 1750 et provoque de tragiques conséquences pour les Acadiens. Pendant le conflit, les Acadiens neutres refusent de prêter serment d'allégeance au roi de Grande-Bretagne. Ce refus, en plus du fait de continuer d'approvisionner les Français, pousse le gouverneur Charles Lawrence à approuver une déportation massive. En 1755, une décisive victoire britannique à Beauséjour entraîne l'expulsion de milliers d'Acadiens. La terre qu'ils avaient travaillée pendant des générations, leurs maisons, leurs possessions, tout leur est confisqué. Les Acadiens sont entassés dans des navires qui les déportent le long de la côte atlantique, depuis le Massachusetts jusqu'aux Caraïbes. Bien que certains Acadiens se soient évadés vers d'autres régions du Nouveau-Brunswick, l'île Royale ou l'île Saint-Jean (aujourd'hui l'Île-du-Prince-Édouard), nombre d'entre eux sont séparés de leur famille, ou ne survivent pas à ce voyage forcé. L'expulsion des Acadiens se poursuit jusqu'en 1762. Le premier Traité de Paris signé l'année suivante donne à la Grande-Bretagne le contrôle de toutes les terres françaises en Amérique du Nord.

Les communautés acadiennes tiennent bon malgré la politique d'expulsion, la pauvreté et la discrimination, et donnent une empreinte unique à la culture des Maritimes.

Du second Traité de Paris (1783) à la guerre de 1812

Le premier Traité de Paris confère aux Britanniques le plein contrôle des politiques coloniales dans les anciens territoires français. Par conséquent, l'île Saint-Jean prend le nom anglais d'Island of St. John en 1769, et celui d'Île-du-Prince-Édouard en 1799. Quant à l'île Royale, on la rebaptise île du Cap-Breton. En usage dans la région depuis les années 1750, l'appellation Nouveau-Brunswick ne devient le nom officiel de cette colonie qu'après le second Traité de Paris.

Ce traité (1783) suit la Révolution américaine, laquelle a suscité un violent conflit entre la Nouvelle-Angleterre et les colonies britanniques voisines. La population de la région de l'Atlantique, qui s'est développée pendant les années 1770, augmente radicalement avec l'arrivée des exilés et des loyalistes venus des États américains. Parmi ces nouveaux pionniers se trouvent bon nombre de Noirs, même si l'abolition de l'esclavage ne survient pas dans les colonies de la côte atlantique avant plusieurs décennies.

Les pionniers loyalistes influencent fortement la vie politique, commerciale et culturelle des colonies de la côte atlantique. À titre d'exemple, le Nouveau-Brunswick devient en 1784 une colonie distincte surtout en raison des pressions exercées par ce groupe. C'est ainsi que, malgré les protestations du gouvernement en place à Halifax et du gouverneur John Parr, le loyaliste Thomas Carleton devient le premier gouverneur du Nouveau-Brunswick en 1784.

Les années 1790 et la première décennie des années 1800 sont, pour les habitants de la région atlantique, des années d'inquiétude mais aussi de prospérité. Une nouvelle guerre entre l'Angleterre et la France suscite la construction de navires et stimule les marchés du bois d'œuvre; de plus, les liens commerciaux avec l'Angleterre se resserrent lorsque les États-Unis déclarent la guerre à ce pays en 1812. Cette prospérité acquise durant les années de guerre se reflète dans la croissance de centres urbains tels Halifax, Saint-Jean et St. John's. Mais l'instauration de la paix, qui se solde par une période de crise économique et une nouvelle vague d'immigration de gens venus d'Irlande et d'Écosse, marque la région tout autant. Les colonies entrent alors dans une ère de profonds changements sociaux et politiques.

Vers un gouvernement responsable

Au fur et à mesure que les structures commerciales, religieuses et culturelles de la région atlantique deviennent plus complexes, le monde politique reproduit cette même tendance. C'est dans les systèmes de gouvernement locaux même que résident les principaux défis. Ainsi, bien que l'accession du Nouveau-Brunswick au statut de colonie marque une victoire pour la classe supérieure, surtout composée d'officiers loyalistes et de marchands prospères, le grand public, lui, ne sent pas ses intérêts défendus à l'Assemblée législative.

En Nouvelle-Écosse, semblable fossé entre les populations urbaine et rurale s'élargit depuis l'établissement de l'Assemblée législative, en 1758. L'Île-du-Prince-Édouard (appelée l'Island of St. John à l'époque) obtient le statut de colonie en 1769 et, en moins d'une décennie, son élite constitue une Assemblée législative, même si la population atteint à peine 1500 habitants. La question des propriétaires terriens non résidents et de leurs associés, qui dirigent l'Assemblée législative, augmente la frustration de la population. Tout comme l'Île-du-Prince-Édouard, Terre-Neuve doit se battre pour libérer le gouvernement local de l'emprise des parties prenantes d'Europe, surtout en ce qui a trait à l'industrie de la pêche, toujours régie par les traités conclus entre les Britanniques et les Français.

Les mouvements de réforme politique se développent dans les années 1840 et 1850, au fur et à mesure que le gouvernement doit rendre davantage de comptes, que les pratiques électorales et administratives s'améliorent et que le gouvernement bénéficie d'une représentation officielle plus diversifiée. Les colonies de la côte atlantique sont dirigées par un gouvernement responsable dès 1848 en Nouvelle-Écosse et, peu après, les autres colonies emboîtent le pas : l'Île-du-Prince-Édouard en 1851, le Nouveau-Brunswick en 1854 et Terre-Neuve en 1855.

Mais la stabilité politique n'a pas toujours accompagné l'obligation de rendre compte. Des gouvernements éphémères, la guerre de Sécession aux États-Unis, les risques commerciaux et les ambitions régionales ont conduit les colonies de la côte atlantique à opter pour la confédération.

Sources

The Atlantic provinces in Confederation. -- Sous la direction de E. R. Forbes ; D. A. Muise. -- Toronto : University of Toronto Press, 1993. -- 628 p.

The Atlantic region to Confederation : a history. -- Sous la direction de Philip A. Buckner ; John G. Reid. -- Toronto : University of Toronto Press, 1994. -- 491 p.

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