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ARCHIVÉE - La Confédération canadienne

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Provinces et territoires

L'Ontario

Adhésion à la Confédération : 1867

Le développement du territoire

En 1791, l'ancienne Province du Québec est divisée en deux territoires : le Haut-Canada (Ontario) et le Bas-Canada (Québec). Une des particularités de la nouvelle entité administrative du Haut-Canada est que l'allocation des terres se fait suivant la tradition britannique du franc et commun socage plutôt que selon la tradition coloniale française de la tenure seigneuriale. En se conformant au modèle britannique, la terre devient un bien qui peut être acheté et vendu plus aisément. Cela aura un impact déterminant sur le développement du territoire.

La frontière sud est établie par le traité de Paris de 1783. Elle suit alors le fleuve Saint-Laurent et, ensuite, divise les lacs Ontario, Érié, Huron et Supérieur des États-Unis. Puis elle longe la rivière des Outaouais jusqu'au lac Témiscamingue et continue vers le nord. La frontière ouest demeure une cause de litige entre le Haut-Canada et le gouvernement britannique, puis canadien, jusqu'à ce que les provinces de l'Ouest soient établies.

Les transports

Bien que certains progrès soient accomplis en ce qui a trait à la construction de routes carrossables, au cours des années 1830, le Haut-Canada demeure mal desservi pour ce qui est de ce mode de transport. Les agriculteurs des villages éloignés demandent constamment au gouvernement de fournir de l'argent pour améliorer les liens entre les diverses communautés.

Alors que la construction des canaux est terminée en 1848, les chemins de fer, eux, sont en pleine expansion. En 1855, le Great Western Railway relie Windsor et Hamilton ainsi que Toronto, Hamilton et Niagara. Toujours en 1855, le Chemin de fer Canadien du Nord relie Collingwood (sur la baie Georgienne) à Toronto. Le Grand Trunk Railway relie Montréal à Sarnia en 1859.

L'organisation politique

Sous l'Acte d'Union de 1840, la province actuelle de l'Ontario est connue sous le nom de Canada-Ouest. Cette partie de ce qu'on appelle la Province du Canada est organisée de la façon suivante : un gouverneur nommé par la couronne britannique, qui est le véritable chef du gouvernement; un conseil exécutif qui n'est pas responsable devant la Chambre; un conseil législatif dont les membres sont nommés par la couronne; une chambre d'assemblée où siègent les représentants élus, soit 42 pour le Canada-Ouest (Ontario) et 42 pour le Canada-Est (Québec).

Le 11 mars 1848, la Province du Canada obtient le gouvernement responsable. Le Conseil exécutif est donc, à partir de cette date, choisi dans le parti politique qui domine le gouvernement (ou la coalition qui gouverne). Par conséquent, ce conseil doit démissionner si le parti ou la coalition au pouvoir ne détient plus la majorité.

En 1854, le nombre de représentants élus passe, pour le Canada-Ouest et pour le Canada-Est, à 65 députés.

L'est et l'ouest de l'Ontario sont sensiblement différents sur le plan des idées politiques de leurs habitants et de leurs chefs. Si l'Est, représenté à l'Assemblée législative par John A. Macdonald, est plutôt tourné vers les intérêts industriels et commerciaux, l'Ouest, représenté par George Brown, se préoccupe surtout des revendications de sa population, essentiellement agricole. Cette situation aura une influence lorsque viendra le temps des négociations menant à la Confédération.

L'économie

L'Ontario d'avant la Confédération est une société essentiellement agricole. En 1860, plus de 80 % de la population vit à la campagne. L'agriculture de subsistance demeure l'activité prédominante, bien que de plus en plus d'agriculteurs soient en mesure d'écouler une partie de leurs récoltes sur le marché commercial.

Les quelques industries qui existent à cette époque sont de petite taille; elles n'emploient que quelques travailleurs. Il s'agit d'entreprises d'exploitation forestière, de construction de canaux et de chemins de fer, de manufactures d'outils agricoles, de souliers et de vêtements ainsi que des scieries et des moulins.

La fin du système préférentiel britannique a un effet négatif très important sur l'économie de l'Ontario. Le blé et le bois que l'Ontario exportait via Montréal perdent leur position privilégiée. Mais pour pallier ce manque, le gouvernement canadien négocie le traité de réciprocité avec les États-Unis, traité qui sera en vigueur de 1854 à 1866.

La population et le développement urbain

En 1867, à l'avènement de la Confédération, l'ensemble des colonies britanniques de l'Amérique du Nord compte environ 3,5 millions d'habitants, dont 75 % vivent en Ontario et au Québec.

Le recensement de 1871 indique que l'Ontario a une population d'environ 1,6 million d'habitants. De ce nombre, 1,3 million de personnes sont d'origine britannique (42 % Irlandais; 32 % Anglais; 24 % Écossais; 3% Gallois), environ 159 000 personnes sont d'origine allemande et environ 75 000 sont d'origine française. L'appartenance religieuse se répartit comme suit : méthodistes (29 %); presbytériens (22 %); anglicans (20 %); catholiques (17 %); baptistes (5 %).

Photo : Image choisie de la galerie des villes de l'Ontario.

Source

Les villes de l'Ontario, des années 1860 aux années 1870.
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De 1840 à 1861, la population du Canada-Ouest croît de façon remarquable; elle passe de 432 000 habitants en 1840 à 952 000 en 1851 et à 1 396 000 en 1861. En 1861, Toronto (44 821 hab.), Hamilton (19 096 hab.), Ottawa (14 669 hab.) et Kingston (13 743 hab.) sont les villes les plus importantes de l'Ontario; elles connaissent une forte croissance urbaine, commerciale et industrielle. Montréal est, pour sa part, la métropole de la colonie du Canada-Uni; sa population est de 90 323 habitants en 1861.

Les causes ayant mené à la Confédération

L'avènement de la Confédération, en 1867, peut s'expliquer de plusieurs façons, dont certaines sont inévitablement liées à ce qui se passait au Canada-Est (Québec). En effet, celui-ci forme avec le Canada-Ouest (Ontario), depuis la signature de l'Acte d'Union, en 1840, la Province du Canada.

Les causes de nature politique

La représentation égale à l'Assemblée législative convenait au Canada-Ouest lorsque sa population était inférieure à celle du Canada-Est. Toutefois, le recensement de 1851 montre, pour la première fois, que la population du Canada-Ouest est supérieure à celle du Canada-Est. Devant ce nouvel état de fait, George Brown entreprend une campagne pour la « rep. by pop. ». Aussi les « Clear Grits », malgré le fait qu'ils soient élus majoritairement au Canada-Ouest, ne peuvent entrer au gouvernement en raison des alliances, de 1854 à 1864, entre les conservateurs de John A. Macdonald et les « bleus » de George-Étienne Cartier. Compte tenu qu'il est impensable de réaliser une alliance entre les réformistes du Canada-Ouest, souvent francophobes et anticatholiques, et les réformistes du Canada-Est, qui veulent protéger le statut de la langue française et qui sont ouvertement nationalistes, George Brown se trouve dans l'incapacité de sortir de l'opposition. Aussi les particularités du système politique du Canada-Uni font-elles en sorte qu'il existe, entre 1854 et 1864, une incroyable instabilité gouvernementale.

Le désintéressement graduel de la Grande-Bretagne à l'égard de ses colonies nord-américaines engendre au Canada-Ouest une volonté de réorganiser la structure politique qui gouverne sa population. L'instabilité politique qui existe dans la Province du Canada incite John A. Macdonald et Alexander Tilloch Galt à aller au-devant de George Brown, de faire preuve d'ouverture et de lancer un appel à la coalition.

Afin de pouvoir entrer au gouvernement et de faire valoir ses idées politiques, dans le but également d'éliminer l'instabilité politique et aussi pour promouvoir un projet de fédération des colonies britanniques de l'Amérique du Nord, George Brown répond à ses adversaires politiques et accepte de faire partie de la Grande Coalition de 1864. C'est avec celle-ci que se met en branle le processus qui mènera à la Confédération, en 1867.

Cette proposition suit de quelques jours le dépôt d'un rapport du comité (mis sur pied et présidé par George Brown lui-même) de l'Assemblée législative chargé d'étudier les problèmes politiques de la Province du Canada. Le rapport est bref et très général. Il permet néanmoins de travailler à la résolution des problèmes politiques canadiens. On y élimine certaines propositions considérées comme irréalisables, telles la double majorité, la représentation proportionnelle à la population et la dissolution de l'union. Le comité se montre favorable à un système fédéral, bien qu'il n'ait pas tenté de préciser quelle forme ce système devrait prendre.

Les causes de nature économique

Le commerce du blé, de la farine et du bois en provenance du Canada-Ouest a grandement profité du traité de réciprocité conclu avec les États-Unis. La possibilité de sa révocation (qui aura lieu en 1866) fait craindre le pire aux agriculteurs et aux commerçants du Canada-Ouest. La proposition d'une union des colonies britanniques de l'Amérique du Nord devient alors très alléchante.

Les causes liées à la sécurité territoriale

La guerre de Sécession fait craindre aux autorités britanniques de Londres une série de représailles de la part des États victorieux du Nord à l'endroit du territoire colonial britannique. Comme la Grande-Bretagne a ouvertement soutenu les États du Sud, cette crainte est fondée. Aussi, les dangers de cette guerre font croître le sentiment loyaliste dans la population de l'Ontario. Protéger le Canada-Ouest de l'influence américaine veut également dire protéger les traditions et les institutions britanniques en sol nord-américain.

La menace d'attaques des Fenians incite également Londres à vouloir réaménager le statut politique de ses colonies de l'Amérique du Nord. Si les États-Unis voyaient dans le Canada un pays souverain plutôt qu'une simple colonie britannique, peut-être les Fenians seraient-ils moins enclins à poursuivre leurs assauts.

La question des Territoires du Nord-Ouest joue aussi un rôle dans la volonté du Canada-Ouest de voir un réaménagement de la situation politique en Amérique du Nord britannique. Pour une partie de l'élite politique ontarienne, les territoires à l'ouest de l'Ontario lui reviennent de droit. Une réorganisation politique serait le moment opportun de réclamer ces territoires.

Les causes liées à la question des chemins de fer

Les diverses colonies britanniques concernées par le projet de confédération ont toutes accumulé des dettes importantes pour réaliser la construction de chemins de fer. La mise en commun de ces dettes, en vertu de ce projet, soulagerait plus d'une économie coloniale. De plus, la Confédération, en facilitant le commerce entre les provinces, favoriserait la rentabilité des compagnies de chemin de fer.

Le processus

Plusieurs propositions concernant un nouvel arrangement politique font surface au cours des années 1850 et 1860.

Durant les années 1850, le controversé William Lyon Mackenzie propose la dissolution pure et simple de l'union. Ni la partie est ni la partie ouest du Canada-Ouest ne sont d'accord avec cette proposition. Le retour au statut de colonie individuelle aurait isolé le Canada-Ouest des marchés et des cours d'eau nécessaires à son développement commercial.

Source

« Policy of the new government » (La politique du nouveau gouvernement), The London Free Press, and Daily Western Advertizer, 28 mai 1862.

John Sandfield Macdonald, quant à lui, présente une proposition qui vise à obliger le gouvernement à obtenir la double majorité pour pouvoir gouverner. Lorsqu'il est porté au pouvoir en 1862, il tente en vain d'appliquer ce principe qui, théoriquement du moins, est assez attrayant. Mais il ne réussit pas à conserver le pouvoir.

La plus connue des propositions est celle de George Brown, qui réclame la représentation selon la population. Cette manière d'agir aurait été l'équivalent d'une simple union législative, sans autres changements, mais dans laquelle les Canadiens français auraient perdu les avantages obtenus au fil des ans. John A. Macdonald et John Sandfield Macdonald, tous deux représentant l'est de du Canada-Ouest, sont opposés à cette mesure.

Lorsque George Brown se joint à la Grande Coalition, il demande que le gouvernement inscrive à son programme l'étude d'une solution au problème politique que vit le Canada-Uni. Il reprend ainsi, en quelque sorte, une proposition faite par Alexander Tilloch Galt en 1858. Cette année-là, Alexander Tilloch Galt, George-Étienne Cartier et John Ross étaient allés en Grande-Bretagne pour présenter un projet de fédération des colonies britanniques à la reine Victoria. Cette proposition avait été accueillie avec une indifférence polie de la part des autorités de Londres.

À l'origine, la proposition de George Brown ne concerne que le Canada-Ouest et le Canada-Est. Mais lorsque le gouvernement du Canada-Uni apprend que les colonies maritimes projettent de se réunir pour discuter de la possibilité de s'unir, il envoie une délégation pour tenter de convaincre ses voisins de l'Est de la validité de son projet.

La Conférence de Charlottetown

En 1864, une délégation canadienne va présenter une proposition de fédération des colonies britanniques de l'Amérique du Nord à la rencontre que s'étaient fixés les gouvernements des colonies maritimes. Parmi les membres de cette délégation figurent comprennent John A. Macdonald, William McDougall et George Brown. Fortement intéressées par la proposition, les colonies maritimes décident d'abandonner leur première idée et de souscrire à cette nouvelle possibilité. Tous s'entendent pour se réunir de nouveau à Québec le 10 octobre 1864.

La Conférence de Québec

C'est à la Conférence de Québec que l'essentiel des travaux menant à la Confédération ont lieu. Les représentants du Canada-Ouest, à cette conférence, sont : John A. Macdonald, William McDougall, George Brown, Oliver Mowat, Alexander Campbell et James Cockburn.

Les négociations de la Conférence de Québec portent, d'une part, sur la volonté des parties du Canada-Uni, et plus particulièrement du Canada-Ouest, de faire accepter leur vision du projet de fédération, et, d'autre part, sur le désir des colonies maritimes d'obtenir leur juste part. Si John A. Macdonald veut un pouvoir central fort, il doit mettre de l'eau dans son vin relativement aux demandes des colonies maritimes. Il en va de même pour les revendications du Canada-Est. John A. Macdonald doit se plier à la volonté des élus du Canada-Est de voir les provinces obtenir certains droits en ce qui a trait à l'administration de la vie quotidienne de la population.

Les réactions

La grande majorité des membres de l'Assemblée législative représentant le Canada-Ouest vote pour les propositions ayant résulté de la Conférence de Québec, soit 55 pour et 8 contre. On répond à l'ensemble des demandes du Canada-Ouest avec les 72 Résolutions de Québec. On parvient à une manière de « rep. by pop. » en créant des gouvernements provinciaux responsables d'une partie des pouvoirs administratifs et en répartissant les députés élus à la Chambre des communes à Ottawa. On réussit à contrôler les dépenses locales en établissant des Assemblées législatives provinciales. On centralise l'essentiel des pouvoirs en les confiant à une autorité fédérale très forte.

Mais ce ne sont pas tous les réformistes qui votent pour les résolutions issues de la Conférence de Québec. Même les conservateurs, qui sont en faveur de la confédération, se gardent le droit de critiquer le projet. Pour ces derniers, la confédération équivaut à céder la province aux « Clear Grits ». Certains conservateurs croient même que le projet devrait être soumis au vote populaire, comme le réclament les « rouges » du Canada-Est et certains politiciens du Nouveau-Brunswick. Plusieurs journaux du Canada-Ouest réclament la même chose. Le journal conservateur Spectator, de Hamilton, et le journal réformiste Times, également de Hamilton, appuient cette demande, tout comme le Toronto Leader, un journal conservateur, qui formule la chose ainsi :

« No one can doubt what the views of Upper Canada are in regard to an appeal to the people before Confederation is finally carried into effect. Taking the press as an indication of public opinion, we must conclude that the feeling is almost unanimous in favor of allowing the people an opportunity to express an opinion upon the constitution under which they are to live 1. »

Les chefs politiques ne s'entendent pas non plus sur la question de l'accord populaire au projet de Confédération. Sandfield Macdonald est en faveur :

« Jamais, depuis un quart de siècle, une question n'a demandé plus impérieusement cet appel [au peuple]. Il s'agit de changer notre constitution, on veut forcer la main au peuple en refusant de le consulter, il saura protester dans les élections prochaines, et faire de tels exemples, que jamais dans la législature d'une colonie anglaise pareil attentat ne pourra se reproduire 2. »

George Brown y est opposé :

« S'il pouvait y avoir quelque doute sur le sentiment du peuple à cet égard, alors il y aurait lieu d'en appeler au pays; mais est-ce le cas? Je ne m'oppose pas à la résolution de l'hon. Monsieur sur des motifs constitutionnels, pas plus que je ne nie les droits du peuple, car si j'avais le moindre doute sur le verdict du peuple, je serais le premier à dire que nous devons avoir des élections; mais c'est précisément parce que je sais que le peuple se déclarerait en masse pour la mesure que je crois inutile d'en appeler aux électeurs. Le meilleur moyen de juger de l'opinion du pays n'est-il pas le vote des représentants qu'il envoie ici 3? »

Évidemment, John A. Macdonald vante les mérites du projet. Aussi, plusieurs éléments des conservateurs et des réformistes croient qu'il n'est pas souhaitable que le gouvernement central ait autant de pouvoir, au détriment des autorités « locales », c'est-à-dire provinciales. Les libéraux de John Sandfield Macdonald partagent ce dernier point de vue, mais peu de journaux du Canada-Ouest défendent cette position des libéraux.

Les catholiques du Canada-Ouest, essentiellement d'origine irlandaise, ne suivent pas Sandfield Macdonald, qui est catholique aussi, mais d'origine écossaise. Ils se rallient plutôt à l'Irlandais Thomas D'Arcy McGee, qui est favorable au projet de confédération issu de la Conférence de Québec.

Les réactions amérindiennes

Comme nous l'avons vu, le projet de confédération est né de la volonté de la majorité gouvernante de réorganiser l'entente politique qui règne dans les colonies britanniques de l'Amérique du Nord. Or cette majorité gouvernante est de race blanche, de genre masculin et d'origine essentiellement britannique ou canadienne-française. La voix des populations autochtones qui vivent sur le territoire canadien n'est pas entendue lors des conférences constitutionnelles de Charlottetown, de Québec et de Londres. Les événements entourant l'entrée du Manitoba dans l'entité politique canadienne montrent bien jusqu'à quel point les Métis, dans ce cas-ci, ont dû se battre pour tenter de faire valoir leurs droits. Comme le souligne l'historien Jean-Pierre Charland :

« Quoique les gens des territoires exploités par la CBH [Compagnie de la Baie d'Hudson] n'aient pas été invités à envoyer des représentants, l'une des résolutions de la Conférence de Québec prévoit qu'ils seront admis dans la fédération. La colonie de la rivière Rouge n'aura pas le statut de province, mais celui de territoire, sous l'autorité du gouvernement fédéral 4. »

En 1869, deux ans après l'entrée en vigueur du pacte fédératif, le Parlement du Canada édicte l'Acte concernant le gouvernement provisoire de la Terre de Rupert et du Territoire du Nord-Ouest après que ces territoires auront été unis au Canada et, en 1870, le Manitoba fait son entrée en tant que province au sein de l'ensemble canadien. Pour ce qui est des territoires à l'ouest de la province, plusieurs politiciens de l'Ontario les convoitent comme s'ils étaient les leurs, et ils ne veulent surtout pas « que des Métis, francophones et catholiques en majorité, puissent faire obstacle » à leurs visées 5.

Pour terminer, soulignons que la seule mention au sujet des populations autochtones, dans le texte même de la nouvelle Constitution, apparaît à l'article 91, alinéa 24, où il est écrit que «  le Parlement du Canada a compétence législative exclusive en toute matière comprise dans les domaines suivants : 24) les Indiens et les terres réservées aux Indiens 6 ».

La création d'une province

En 1867, la province de l'Ontario est donc créée. Le mot Ontario vient tout probablement de l'iroquoien et veut dire « grande étendue d'eau ». La province porte le même nom que le lac Ontario, ainsi appelé pour la première fois dans les Relations des jésuites, vers 1641.

Comme partout ailleurs dans le nouveau pays, on décore les villes pour célébrer le « Dominion Day » (la fête du Dominion). Les divers journaux de la province soulignent l'événement.

Notes en fin de texte

1. « The Popular appeal. » Toronto Leader, 22 novembre 1864. p. 2.

2. Débats sur la Confédération, p. 1009.

3. Débats sur la Confédération, p. 991.

4. Jean-Pierre Charland et al. Le Canada : un pays en évolution. Manuel d'apprentissage. Montréal, Lidec, 1994, p. 381.

5. Ibid., p. 381.

6. AANB, art. 91, alinéa 24.

Sources

Bothwell, Robert. -- A short history of Ontario. -- Edmonton : Hurtig, 1986. -- 222 p.

Careless, J. M. S. -- The union of the Canadas : the growth of Canadian institutions, 1841-1857. -- Toronto : McClelland and Stewart, 1967. -- 256 p. -- (The Canadian centenary series ; 10)

Charland, Jean-Pierre, et al. -- Le Canada, un pays en évolution : manuel d'apprentissage. -- Montréal : Lidec, 1994. -- 555 p.

Dickason, Olive Patricia. -- Les premières nations du Canada. -- Sillery (Québec) : Septentrion, 1996. -- 511 p.

Francis, R. Douglas ; Jones, Richard ; Smith, Donald B. -- Origins : Canadian history to Confederation. -- 4e édition. --  Toronto : Harcourt Canada, 2000. -- 512 p.

Hodgins, Bruce W. -- John Sandfield Macdonald, 1812-1872. -- Toronto : University of Toronto Press, 1971. -- 131 p.

Morton, W. L. -- The critical years : the union of British North America, 1857-1873. -- Don Mills, Ontario : Oxford University Press, 1999. -- 322 p. -- (The Canadian centenary series ; 12)

Swaison, Donald. -- Ontario and Confederation. -- Ottawa : Centennial Commission, 1967. -- 26 p. -- (Centennial historical booklet ; 5)

The illustrated history of Canada. -- Sous la direction de Craig Brown. -- 2e édition révisée. -- Toronto : Lester Publishing Ltd, 1996. -- 591 p.

Waite, P. B.  --  The life and times of Confederation, 1864-1867.  --  Toronto : University of Toronto Press, 1962.  --  379 p.

White, Randall. -- Ontario, 1610-1985 : a political and economic history. -- Toronto : Dundurn, 1985. -- 352 p.