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ARCHIVÉE - La Confédération canadienne

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Personnalités

Sir Frederic Bowker Terrington Carter

Photo : L'honorable Frederic Bowker Terrington Carter, premier ministre de Terre-Neuve

Source

L'honorable Frederic Bowker Terrington Carter, premier ministre de Terre-Neuve.

(12 février 1819 - 1er mars 1900)

F. B. T. Carter est l'un des deux délégués de Terre-Neuve à la Conférence de Québec. Il échoue toutefois dans sa tentative de faire entrer la colonie dans la Confédération. Il devient plus tard juge en chef de la Cour suprême de Terre-Neuve.

Frederic Bowker Terrington Carter naît à St. John's (Terre-Neuve). Il est le fils de Peter Carter et de Sydney Livingstone. Il fréquente une école privée à St. John's. Plus tard, il fait des études de droit à Terre-Neuve, et peut-être en Angleterre, en 1840 et 1841, avant d'être admis au barreau en 1842. En 1848, il est élu en tant qu'avocat à l'Assemblée législative, poste qu'il occupe jusqu'en 1852. Toutefois, dans les années 1840 et 1850, il passe le plus clair de son temps à mettre sur pied son cabinet d'avocat. En 1846, il épouse Eliza Bayly.

Opposé à l'origine au principe du gouvernement responsable, il se présente néanmoins aux premières élections de ce gouvernement, en 1855, sous la bannière du Parti conservateur, dans la circonscription de Trinity Bay. L'une de ses premières actions consiste à présenter un projet de loi visant à empêcher les fonctionnaires d'occuper également un siège à l'assemblée. La loi est finalement adoptée en 1862. Il fait partie de la délégation qui se rend dans les autres colonies britanniques d'Amérique du Nord et en Angleterre, en 1857, afin de contester les modalités préliminaires d'un accord conclu entre la Grande-Bretagne et la France au sujet du rivage français. Lorsque le premier ministre Hugh Hoyles perd son siège aux élections de 1859, F. B. T. Carter assure l'intérim comme chef des conservateurs à l'Assemblée. Il s'ensuit une période de grande agitation politique qui aboutit à la chute du gouvernement libéral, en 1861. Les conservateurs reprennent le pouvoir aux élections suivantes, et F. B. T. Carter devient président.

Jusqu'à ce moment, le projet d'union avec les autres colonies britanniques d'Amérique du Nord n'a pas dominé la scène politique terre-neuvienne. Ce n'est qu'après l'invitation à la Conférence de Québec, lancée par John A. Macdonald, que l'Assemblée législative commence à s'intéresser réellement au projet. F. B. T. Carter et Ambrose Shea y sont dépêchés comme délégués. N'ayant pas été un chaud partisan de la confédération avant ce moment, F. B. T. Carter est très impressionné par les Résolutions de Québec. Pendant la tournée du Canada-Est et du Canada-Ouest qui suit la Conférence, il milite en faveur de la confédération. Il croit qu'une union avec les autres colonies stabiliserait l'économie et le climat politique à Terre-Neuve. Ambrose Shea et lui pensent que l'accord recevra un large soutien de la part de la population. Mais à leur retour à Terre-Neuve, ils se heurtent à un mouvement anticonfédération mené par Charles Fox Bennett. Après de nombreuses discussions à l'Assemblée législative, on décide, en 1865, de ne voter sur la question qu'après les élections générales.

Plus tard dans l'année, F. B. T. Carter succède à Hugh Hoyles comme premier ministre. Il renforce la position en faveur de la confédération à l'Assemblée en créant une coalition libéraux/catholiques-conservateurs/protestants, ce qui représente un changement fondamental après des années de querelles religieuses.

F. B. T. Carter reçoit beaucoup d'éloges relativement à cette nouvelle approche. La coalition remporte les élections de 1865 en dépit de la grande opposition à la confédération (elle a été bien servie par le désordre qui régnait dans l'opposition). À l'origine, d'autres problèmes préoccupent l'administration, mais après l'entrée en vigueur de l'Acte de l'Amérique du Nord britannique [http://lois.justice.gc.ca/fr/const/index.html], en 1867, il est clair que le gouvernement de Terre-Neuve doit prendre une décision au sujet de la confédération.

En 1869, F. B. T. Carter fait entériner les conditions préliminaires de l'union à la législature de Terre-Neuve. Il dirige par la suite la délégation qui se rend à Ottawa pour négocier l'accord définitif. Toutefois, son refus de déclencher des élections dès son retour d'Ottawa et de profiter ainsi de la confusion qui règne chez les libéraux permet au Parti libéral de regrouper ses troupes derrière Charles Fox Bennett. Les conditions économiques se sont aussi améliorées pendant ce temps, ce qui convainc nombre de citoyens que la Confédération n'est pas essentielle à leur survie. Le gouvernement Carter essuie un cuisant revers aux élections suivantes, où il ne remporte que 9 circonscriptions sur 30. F. B. T. Carter lui-même ne conserve la sienne que par une majorité de cinq voix.

Dans l'opposition, F. B. T. Carter et les conservateurs prennent leurs distances par rapport à la confédération, jugeant qu'elle est sans intérêt. De plus, F. B. T. Carter a des problèmes avec ses propres partisans, particulièrement avec ceux qui prônent le recours à des tactiques de nature religieuse pour déstabiliser les libéraux. Bien que les conflits donnent lieu à l'émergence d'un nouveau « parti » dans le camp conservateur, en 1873, F. B. T. Carter négocie une alliance qui lui permet de rester chef du Parti dans son ensemble. Les libéraux gagnent les élections provinciales de 1873, mais ils se trouvent dans une situation si lamentable que leur majorité s'envole avant même que la législature ait eu le temps de siéger, tant et si bien que les conservateurs reprennent le pouvoir. F. B. T. Carter commence donc, en 1874, son second mandat comme premier ministre avec une majorité de une voix.

Durant ce mandat, les principales réalisations de son administration seront la subdivision des subventions accordées aux écoles protestantes et l'étude d'un projet de chemin de fer pour Terre-Neuve. Bien que le premier ministre Carter estime qu'un tel projet est coûteux, le gouvernement finance l'arpentage du tracé projeté en 1875. F. B. T. Carter joue un rôle déterminant dans la négociation du compromis quant à l'emplacement du terminus de la ligne de chemin de fer. Il défend également les intérêts de Terre-Neuve lors des négociations concernant la présence américaine dans l'industrie des pêches terre-neuvienne. Il conclut un accord profitable pour Terre-Neuve, qui lui donne un plus grand droit de regard sur les exportations.

Après les élections de 1878, F. B. T. Carter quitte son poste de premier ministre et William Whiteway prend sa relève. Il est fait chevalier la même année, et est nommé à la Cour suprême de Terre-Neuve. Il devient juge en chef en 1880. Dans ce rôle, il conseille les gouverneurs subséquents et agit parfois à titre d'administrateur politique de la colonie en l'absence du gouverneur. C'est probablement ce qui le pousse à briguer lui-même ce poste. Bien que William Whiteway lui accorde son appui, le ministère des Colonies rejette sa candidature à cause de ses activités politiques antérieures. On lui préfère plutôt Ambrose Shea; ce dernier se verra toutefois retirer son poste à la suite des protestations de F. B. T. Carter. Celui-ci sera juge en chef jusqu'à sa retraite, en 1898. Il mourra à St. John's deux ans plus tard.

Sources

Budden, Geoff. -- « Carter, Sir Frederick Bowker Terrington ». -- Canadian encyclopedia : year 2000 edition. -- Sous la direction de James H. Marsh. -- 3e édition sur papier. -- Toronto : McClelland & Stewart, 1999. -- P. 406

« Carter, Sir Frederic Bowker Terrington ». -- Macmillan dictionary of Canadian biography. -- Sous la direction de W. Stewart Wallace. -- 4e édition. -- Toronto : Macmillan of Canada, 1978. -- P. 134-135

Hiller, James K. -- « Carter, Sir Frederic Bowker Terrington ». -- Dictionary of Canadian biography. -- Sous la direction de Francess G. Halpenny. -- Toronto : University of Toronto Press, 1990. -- Vol. 12, p. 161-165

Riggs, Bertram G. -- « Carter, Sir Frederick Bowker Terrington ». -- Encyclopedia of Newfoundland and Labrador. -- Sous la direction de Joseph R. Smallwood. -- St. John's (Terre-Neuve) : Newfoundland Book Publishers Ltd., 1967. -- P. 363-365