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ARCHIVÉE - La Confédération canadienne

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Personnalités

Louis Riel

Photo : Louis Riel, entre 1879 et 1885

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Louis Riel, entre 1879 et 1885.

(22 octobre 1844 - 16 novembre 1885)

La pendaison de Louis Riel, le 16 novembre 1885, a provoqué une controverse qui a duré plus de 100 ans. Considéré par certains comme un sauveur et par d'autres comme un traître, Louis Riel n'en a pas moins été la voix des Métis au cours d'une période agitée dans l'histoire du Canada. Il a également été responsable, pour une large part, de l'entrée de la province du Manitoba dans la Confédération.

Louis Riel est né dans la colonie de peuplement de la rivière Rouge, au Manitoba. On a dit qu'il avait un huitième de sang amérindien, puisque sa grand-mère maternelle était une Métisse d'ascendance française et tchippewayane. Il fait ses études à St. Boniface (Manitoba). À cette époque, l'évêque Alexandre-Antonin Taché l'a remarqué et il veut en faire un prêtre. Mais à la mort de son père, Louis Riel repousse cette idée et, en 1865, il devient commis dans un cabinet d'avocats pour subvenir aux besoins de sa famille.

À son retour de Montréal dans la colonie de la rivière Rouge, en juillet 1866, Louis Riel se lance dans la politique. Charles Mair, un ami du lieutenant-gouverneur McDougall , est envoyé dans la colonie de la rivière Rouge pour commencer à y faire de l'arpentage en vue de la construction d'une route reliant Upper Fort Garry (Winnipeg) au lac des Bois. En janvier 1869, il publie une série d'articles dans lesquels il critique ouvertement les Métis. Le mois suivant, Louis Riel lui répond dans le journal Le Nouveau Monde de Montréal; il se porte à la défense des Métis.

L'épisode de l'arpentage dans la colonie de la rivière Rouge va amorcer une escalade irrévocable de la tension entre les Métis et les autorités fédérales. Il devient évident que les Métis ont besoin de s'organiser, et Louis Riel prend la tête du mouvement. En août 1869, du haut des marches de la cathédrale de St. Boniface, il déclare que l'arpentage des terres de la colonie menace l'existence même de cette dernière. Avec le soutien du père Noël-Joseph Ritchot, le Comité national est alors mis sur pied.

L'organisation politique des Métis se poursuit; un groupe de représentants des Métis et de la population anglophone est mis sur pied et quatre « listes des droits » sont rédigées. Celles-ci constituent la base des négociations qui mèneront à l'entrée du Manitoba dans la Confédération canadienne.

Louis Riel forme un gouvernement provisoire le 8 décembre 1869. Ce gouvernement provisoire a pour but d'administrer la vie des colons et de protéger leurs biens. Le gouvernement conservateur de John A. Macdonald envoie alors une délégation de médiation composée du père Jean-Baptiste Thibault et de Charles-René-Léonidas d'Irumberry de Salaberry; ils sont chargés d'expliquer les raisons motivant les actions du gouvernement fédéral et de rassurer les Métis. Mais à la suite de l'échec de cette mission, Donald A. Smith, représentant spécial de la Compagnie de la Baie d'Hudson, se rend dans la colonie de la rivière Rouge à la fin de décembre 1869. Son arrivée sur la scène va hâter le déroulement des événements. Un nouveau conseil regroupant quelque 40 représentants métis et anglophones se réunit le 26 janvier 1870 et élabore une seconde « liste des droits ». Le 7 février, ce conseil discute de la liste avec Donald A. Smith, le père Thibault et Charles de Salaberry. Bien que Riel soutienne que ces trois hommes ne détiennent aucune autorité réelle, l'annonce, faite par Donald A. Smith, selon laquelle Ottawa est d'accord pour accueillir une délégation du gouvernement provisoire l'incite à revoir la liste des droits et à en ébaucher une troisième version. Le 22 mars 1870, une quatrième version, définitive celle-là, de la « liste des droits » est acheminée à Ottawa par le père Ritchot, le juge Black et Alfred A. Scott, tous trois choisis par le Comité pour représenter le gouvernement provisoire.

Louis Riel joue alors un rôle plus secondaire dans les événements qui se déroulent à Ottawa. Il se consacre surtout à la situation de la colonie de la rivière Rouge. Il fixe son attention sur la direction de la Compagnie de la Baie d'Hudson dans le but de relancer le commerce, et il s'efforce de maintenir la paix dans la colonie. Lorsque le père Ritchot revient dans la colonie pour rendre compte des négociations avec Ottawa, il rencontre Louis Riel, qui semble très satisfait des résultats. En effet, il se croit dorénavant protégé par l'amnistie promise à ceux qui ont participé à la « rébellion ». Le gouvernement provisoire ratifie l'accord qui mènera à l'Acte du Manitoba (aujourd'hui Loi sur le Manitoba) du 24 août 1870. L'avenir paraît prometteur à Louis Riel.

L'exécution de Thomas Scott par le gouvernement provisoire, l'hiver précédent, aura de sérieuses répercussions. Ottawa, cédant sous la pression des orangistes de l'Ontario, envoie une expédition militaire à la rivière Rouge. Sa mission officielle est de nature pacifique, mais Louis Riel craint, avec raison, l'influence des jeunes orangistes de l'Ontario sur les troupes. Il apprend que les soldats ont l'intention de le lyncher. Le 24 août 1870, il quitte Upper Fort Garry, convaincu que le gouvernement fédéral ne lui accordera pas l'amnistie. Il s'exile au Dakota, à environ 15 km au sud de la frontière canadienne.

Afin de contrer le danger, réel ou imaginaire, que représentent les Fenians, Adams George Archibald, le nouveau lieutenant-gouverneur du Manitoba, recrute en 1871 des hommes pour former une armée de volontaires. Louis Riel s'y enrôle et devient chef d'une compagnie de cavalerie. Lorsque Archibald retourne à St. Boniface pour inspecter ses troupes, il doit serrer la main de chacun des chefs, y compris Louis Riel. Ce geste scandalise beaucoup de monde, notamment Charles Mair. Un affrontement semble évident! Aux yeux du premier ministre Macdonald, toutefois, un conflit idéologique entre le Canada français et le Canada anglais doit être évité à tout prix, particulièrement durant cette année d'élections. Craignant pour sa vie, Louis Riel s'exile aux États-Unis. Toujours dans le but d'obtenir l'amnistie, il se fait élire sans opposition lors d'une élection partielle en octobre 1873 et aux élections de février 1874 (à la suite de la démission du gouvernement Macdonald). Mais il ne retournera jamais à Ottawa, car sa vie est encore en danger.

Après de nombreuses années de tension nerveuse incessante, Louis Riel est atteint d'épuisement mental. En 1876, cela le force à se faire soigner dans un hôpital psychiatrique à Montréal, puis à Beauport, près de Québec. De 1877 à 1884, il reste aux États-Unis, tantôt à Keeseville (N. Y.) [près de Montréal], tantôt dans le Montana, et il devient citoyen américain en 1883.

De retour en Saskatchewan, en 1884, il apprend que les Métis et les Amérindiens du sud de la Saskatchewan ont un certain nombre de griefs. À cette époque, Louis Riel a commencé à combiner ses idéaux politiques avec de la théologie, ce qui l'a éloigné du clergé catholique qui le soutenait dans le passé. Après avoir essayé de nombreuses fois de revendiquer ce que, selon lui, le gouvernement fédéral devait aux Amérindiens et aux Métis, Louis Riel, persuadé que plusieurs centaines d'hommes de la Police à cheval du Nord-Ouest se dirigeaient vers eux, forme un gouvernement provisoire à Batoche (Saskatchewan).

Ces actions mécontentent le Canada anglais qui, peu disposé à comprendre le bien-fondé des revendications des Amérindiens et des Métis, somme le gouvernement Macdonald d'agir. Ce dernier envoie la Milice du Canada à Batoche (Saskatchewan), à Calgary (Alberta) et à Battleford (Saskatchewan). Les Amérindiens et les Métis ne peuvent résister contre cette dernière. Le 12 mai 1885, la rébellion prend fin et Louis Riel se rend à la Police à cheval du Nord-Ouest. Accusé de trahison, il est jugé à Regina, trouvé coupable et condamné à mort.

Louis Riel sera pendu le 16 novembre 1885, aux quartiers de la Police à cheval du Nord-Ouest à Regina (Saskatchewan).