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ARCHIVÉE - La Confédération canadienne

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Personnalités

Joseph (« Joey ») Smallwood

Photo : L'honorable Joseph Roberts Smallwood, 1954

Source

L'honorable Joseph Roberts Smallwood, 1954

(24 décembre 1900 - 18 décembre 1991)

Reporteur, personnalité de la radio et agriculteur, Joey Smallwood se passionne pour l'unité avec le Canada, ce qui constitue un facteur important dans l'entrée de Terre-Neuve dans la Confédération, en 1949. Il sera premier ministre pendant près de 25 années après la Confédération et continue d'être, à ce jour, un personnage controversé. Il rédigera également un livre intitulé The Book of Newfoundland et entamera l'encyclopédie intitulée Encyclopedia of Newfoundland and Labrador.

Joseph Roberts Smallwood naît à Gambo (Terre-Neuve). Il est le fils de Charles Smallwood et de Mary Devanna. Lorsqu'il a cinq mois, sa famille déménage à St. John's, où il grandit dans la pauvreté absolue. Il va à l'école dans son quartier, puis plus tard au Bishop Feild College, mais abandonne ses études avant d'avoir terminé. À 15 ans, il devient apprenti à l'impression au Plaindealer de St. John's et passe les quelques années suivantes à acquérir de l'expérience en journalisme auprès de divers journaux. En 1920, il déménage à New York, où il travaille pour le New York Call, un journal socialiste. Il rencontre aussi Clara Oates, qu'il épouse en 1925. Peu après, il revient à Terre-Neuve et devient organisateur syndical; il fonde le journal Labour Outlook avant de se joindre à l'équipe du Daily Globe de St. John's. Après la faillite du journal, J. Smallwood voyage en Angleterre, en 1926, avant de revenir à Terre-Neuve et de s'installer à Corner Brook, où il fonde le Humber Herald.

Il se lance en politique en 1928; il projette de se présenter comme candidat du Parti libéral dans la circonscription de Humber. Toutefois, lorsque le chef du Parti, sir Richard Squires, montre de l'intérêt pour la même circonscription, J. Smallwood lui cède la place et devient directeur de campagne régional. On récompense ses réussites en le nommant juge de paix. Après les élections, il revient à St. John's, fonde le journal libéral The Watchdog et devient candidat de Richard Squires. Partisan de la suspension du gouvernement responsable, J. Smallwood se présente sans succès comme candidat du Parti libéral dans Bonavista-Sud, en 1932. Après l'élection, il sera conseiller des deux membres libéraux qui restent dans la législature, F. Gordon Bradley et Roland Starkes.

Après la suspension du gouvernement responsable, J. Smallwood quitte St. John's pour Bonavista, où il tente d'établir un syndicat de pêcheurs, le Fishermen's Cooperative Union. En 1936, il retourne à St. John's et entreprend la rédaction des deux premiers volumes de l'ouvrage The Book of Newfoundland. Il commence également à s'occuper de la rubrique « From the Masthead » (Du haut du mât), qu'il signe « The Barrelman » (L'homme de vigie), dans le Daily News de St. John's. Cette rubrique devient une émission de radio portant le même titre, diffusée sur les ondes de la station gouvernementale Voice of Newfoundland, de 1937 à 1943. En 1939, il met sur pied une ferme porcine en périphérie de St. John's, qu'il déménage à Gander en 1943.

La seconde occasion que Joseph Smallwood a de faire carrière en politique vient avec l'annonce de la convention nationale, en 1946. Il est élu délégué de Bonavista-Centre. Convaincu que la Confédération représente le salut pour Terre-Neuve, il s'empresse de faire valoir son point de vue dans un discours prononcé lors de la rencontre, le 28 octobre 1946. Il diffuse les délibérations de la convention à la radio afin de faire avancer la cause de la Confédération et de mousser sa propre importance dans l'île. Il est membre de la première délégation d'Ottawa, qui va se renseigner sur la possibilité d'union. Le temps que la délégation revienne à Terre-Neuve, à la fin de 1947, il a raffermi sa position de chef de file pour ce qui est de la Confédération. Il est l'une des forces dominantes du mouvement qui veut proposer la Confédération comme option référendaire. Pendant la campagne référendaire, il joue un rôle déterminant en publiant The Confederate, le journal de la campagne menée par la Confederate Association. Il est également membre de l'équipe de négociation envoyée à Ottawa pour établir les conditions définitives de l'union, et il est invité à diriger le premier gouvernement provincial, en 1949.

Aux élections provinciales de mai de la même année, J. Smallwood et le Parti libéral remportent une victoire décisive. Il sera premier ministre pendant presque un quart de siècle. Comme ministre du Développement économique, il a presque carte blanche relativement à l'industrialisation et au développement de la province. Malheureusement, de nombreux efforts de développement se soldent par des échecs, en raison des effets conjugués de moments mal choisis et de mauvaises planifications.

En 1968, J. Smallwood annonce sa retraite comme chef libéral. Toutefois, deux semaines après la communication annonçant le congrès d'investiture, il fait connaître son intention de briguer de nouveau le poste. Il remporte la victoire, dans une lutte qui incite de nombreux membres du Parti à passer au Parti progressiste-conservateur. Après une défaite au profit des conservateurs en 1971, J. Smallwood annonce de nouveau sa retraite; il abandonne officiellement la direction du Parti le 18 janvier 1972 de même que son siège à la législature peu de temps après. Deux années plus tard, il se ravise une fois de plus. Après avoir tenté vainement de reprendre la direction, il forme le Parti libéral réformiste, qui remporte quatre circonscriptions aux élections de 1975. Il se rallie de nouveau au Parti libéral en 1977, mais démissionne pour la troisième (et dernière) fois en juin de la même année.

Joseph Smallwood consacre les dernières années de sa vie à la rédaction de l'ouvrage Encyclopedia of Newfoundland and Labrador. Les deux premiers volumes sont publiés en 1981 et en 1984 respectivement. Le projet connaît bientôt des difficultés financières qui empirent quand Joseph Smallwood est victime d'un accident vasculaire cérébral en 1984. L'image de J. Smallwood se faisant assigner en justice, en 1987, pour comptes impayés concernant l'Encyclopedia, attire l'attention de tout le pays et redonne vie au projet. En 1988, la J. R. Smallwood Foundation est mise sur pied afin de terminer la publication du travail et de fonder le Smallwood Institute of Newfoundland Studies à la Memorial University. J. Smallwood ne vivra pas suffisamment longtemps pour voir l'achèvement de l'Encyclopedia. Il meurt chez lui, à St. John's.

Sources

Baker, Melvin.  --  « Smallwood, Joseph Roberts ».  --  Encyclopedia of Newfoundland and Labrador.  --  Sous la direction de Cyril F. Poole.  --  St. John's (Terre-Neuve) : Harry Cuff Publications Ltd., 1994.  --  P. 208-215

Cuff, Robert H. E. ; Harrington, Michael F.  --  « Smallwood, Joseph Roberts ».  --  Dictionary of Newfoundland and Labrador biography.  --  Sous la direction de Michael F. Harrington.  --  St. John's (Terre-Neuve) : Harry Cuff Publications Ltd., 1990.  --  P. 316-319

Gwyn, Richard J.  --  « Smallwood, Joseph Roberts ».  --  The Canadian encyclopedia : year 2000 edition.  --  Sous la direction de James H. Marsh.  --  3e édition sur papier  --  Toronto : McClelland & Stewart, 1999.  --  P. 2180-2181

« Smallwood, Hon. Joseph Roberts ».  --  Canadian who's who.  --  Toronto : University of Toronto Press, 1991.  --  Vol. 26, p. 948