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ARCHIVÉE - Bonspiel!
L'histoire du curling au Canada

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L'essor du curling au Canada

Ligne de jeu (1760-1850)

Les premiers balbutiements du curling au Canada

Le curling, emprunté à l'Écosse, était déjà joué de façon informelle au Canada avant 1800. On reconnaît généralement que plus tard, le 78e régiment des Highlanders de Fraser faisait fondre des boulets de canon pour en faire des « pierres » de fer utilisées dans des joutes à Québec en 1759 et en 1760.

De tels galets métalliques, fabriqués dans une forge de Trois-Rivières, ont longtemps été employés au Québec en remplacement des pierres de granit, lequel était difficile à importer de l'Écosse. Dans un livre intitulé History of Curling, John Kerr raconte qu'ils ressemblaient à d'énormes théières, pesaient entre 21 et 30 kilogrammes et appartenaient aux clubs.

Aquarelle intitulée CURLING ON THE DON RIVER, TORONTO, 1836

Curling on the Don River, Toronto, 1836

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Jusqu'en 1953, l'association féminine de la filiale canadienne du Royal Caledonian Curling Club utilise ces « fers » dans le cadre des compétitions annuelles pour le trophée Lady Tweedsmuir. Tant au Québec que dans la vallée de l'Outaouais, on s'en sert régulièrement jusque vers 1955, quand elles sont enfin remplacées par leurs équivalents en granit, ramenant ainsi ces régions au même niveau que le reste du Canada et du monde. L'utilisation de pierres métalliques était en effet problématique quand venait le temps d'organiser des parties et des bonspiels (tournois) avec des équipes québécoises.

Le premier club de curling au Canada est formé à Montréal en 1807 par 20 marchands, qui n'utilisent encore que des galets de fer. Ce club célébrera en 2007 son 200e anniversaire d'activité continue; on peut lire le début de son histoire dans un document intitulé The Montreal Curling Club, 1807-1907. Ce sont par ailleurs ses membres qui jouent en 1835 la toute première partie entre villes canadiennes contre le club de Québec à Trois-Rivières, à mi-chemin entre les deux cités. L'équipe de Québec ayant gagné, celle de Montréal a dû défrayer les coûts du souper (à l'opposé de la tradition actuelle). Fait à noter, forcés de boire du vin et du champagne, les joueurs se sont plaints de l'absence de whisky.

Aquarelle intitulée CURLING IN HIGH PARK, TORONTO, 1836

Curling in High Park, Toronto, 1836

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Après l'inauguration du club de Montréal, d'autres entités prennent forme à Kingston (1820), à Québec (1821), à Halifax (1824) et ailleurs. Le club de Toronto est fondé en 1836, et un de ses membres, James Bicket, publie en 1840 le premier manuel sur le curling portant simplement le nom de Canadian Manual on Curling. Ce guide pratique comprend notamment des remarques sur l'histoire du jeu de même que de la constitution du club de Toronto.

L'établissement du Royal Caledonian Curling Club à Édimbourg a été très important pour le curling canadien en ce qu'il a contribué à la normalisation du sport. Les clubs du Québec se sont rapidement associés à l'organisation écossaise en créant une filiale canadienne en 1841. Cette association a permis d'uniformiser les éléments du jeu, mises à part les pierres, qui étaient encore soit en fer, soit en granit. Les clubs ontariens se sont joints à la filiale canadienne plus tard. Ce faisant, les entités du pays ont pu maintenir des liens étroits avec le club fondateur écossais.

Gerald Redmond, dans sa thèse intitulée The Scots and Sport in Nineteenth Century Canada, suggère de nombreuses raisons justifiant le succès du curling au Canada. Il parle notamment d'un climat favorable, de l'abondance de plans d'eau, de la formation de clubs, des riches amateurs, ainsi que de l'enthousiasme des Écossais arrivant en nombre au pays ou désireux d'ouvrir leur sport national aux gens d'autres nationalités. Redmond note en outre que pendant les siècles pendant lesquels on a joué au curling en Écosse, le sport était renommé pour ses tendances démocratiques (p. 142). Or, ce penchant s'est également manifesté au Canada, plus particulièrement dans les clubs militaires, au sein desquels des personnes de divers grades pouvaient en effet jouer ensemble.

Dans un ouvrage intitulé Curling in Ontario, 1846-1946, John A. Stevenson raconte qu'en 1841, il existait deux clubs militaires à Montréal, soit celui du 71e régiment (maintenant connu sous le nom du Highland Light Infantry) et celui du régiment des Dragoon Guards, lesquels ont tous les deux fait concurrence au club de Montréal. De son côté, Doug Maxwell, auteur de Canada Curls, fait remarquer qu'au Canada, le curling a toujours suivi l'histoire des forces armées et de leurs pendants civils, les forces policières (p. 55).

Avant 1850, les routes étant peu praticables et les chemins de fer, inexistants, il est difficile d'organiser des tournois entre villes éloignées. Il faut par exemple prévoir trois jours pour un match entre les équipes de Toronto et d'Hamilton, pourtant séparées d'à peine 80 kilomètres. Les clubs de Toronto et de Scarborough se rencontrent plus souvent, étant moins distants l'un de l'autre.

Dessin à l'encre intitulé CURLING, TORONTO, de James Edward Alexander, 1843

Curling, Toronto, de James Edward Alexander, 1843

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Au centre du Canada et dans la région atlantique, on joue également au curling avant la formation de clubs organisés. On trouve les premières traces du jeu à Toronto vers 1825, et on sait que des parties sont disputées contre Scarborough dès 1830. Dans ces régions, ce sont les immigrants écossais qui sont les pionniers en la matière. Bon nombre d'entre eux sont maçons et fabriquent leurs propres pierres à partir de blocs de granit laissés par les glaciers dans les champs qu'il faut dégager pour l'agriculture. Selon David B. Smith, dans Curling: an Illustrated History, avant l'arrivée des galets conventionnels, on se servait souvent de « pierres » en bois dans le Haut-Canada, surtout dans la région de Galt. Ces pierres étaient habituellement taillées dans l'érable ou le bouleau, puis encerclées d'un ruban de fer en leur centre pour éviter le fendage et leur ajouter du poids.

À cette époque, les parties sont jouées à l'extérieur. Ce n'est que plus tard que les clubs construisent des bâtiments en bois pour éviter d'avoir à déneiger leurs surfaces de jeu. Au début, ces bâtiments ressemblent davantage à des hangars, mais plus tard, ils protègent aussi les pistes contre le dégel. En 1838 le club Royal Montréal est le premier en Amérique du Nord britannique à construire un terrain intérieur.

Parmi les clubs formés avant 1850, on compte le Royal Montréal (1807), ceux de Kingston (1820), de Québec (1821), d'Halifax (1824), de Fergus (1834), de West Flamborough (1835), de Milton (1835), de Toronto (1836), de Galt (1838), de Guelph (1838), d'Hamilton (1838), de Scarborough (1839), des Dragoon Guards à Chambly (1841) et du 71e régiment, maintenant appelé le Highland Light Infantry (1841), ainsi que le Montreal Thistle Club (1842), le club de Paris (1843), le club de London (1847) et le Caledonia à Montréal (1850). Le club de Fergus se targue notamment d'opérer chaque année depuis sa fondation en 1834, ce qui en fait le plus ancien club en activité continuelle en Ontario.

Dans les provinces atlantiques, en plus du club d'Halifax (1824), David B. Smith écrit dans son ouvrage Curling: an Illustrated History qu'on parle du jeu aux mines d'Albion et à Pictou, en Nouvelle-Écosse, dès les années 1840 (p. 132). Toujours à Pictou, on forme le New Caledonian Curling Club en 1852. Au Nouveau-Brunswick, on assiste à l'apparition du premier club, celui de Fredericton, en 1854, bientôt suivi de plusieurs autres. Dans un livre traitant du curling New Brunswick Curling Records, Alan O. Garcelon dresse l'historique du sport dans cette province jusqu'à ce jour. À Terre-Neuve-et-Labrador, on joue au curling depuis les années 1830 sur le lac Quidi Vidi; un club est fondé à St. John's en 1843. En 1850, des clubs sont créés dans toutes les provinces de l'est, sauf l'Île-du-Prince-Édouard. L'Ontario est alors le centre du curling au Canada, mais le sport s'étendra bientôt vers l'ouest.

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