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Annuaires Canadiens : Qui Habitait Où

Panoramas urbains : Halifax

La maturité

En 1841, Halifax se constitue en municipalité. Avant les années 1840, on a construit quelques égouts, mais on continue de décharger l'essentiel des déchets dans des fosses d'aisance. Quelques puits publics ont été creusés, mais ils s'assèchent souvent durant l'été. La plupart des habitants s'approvisionnent en eau à même les puits creusés dans les cours arrière. Cette situation favorise la propagation de la typhoïde et cause de nombreux décès. En septembre 1848, la Halifax Water Company installe les premières canalisations d'eau courante.

Photo d' Union Engine Company No. 6,  vers 1878

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Union Engine Company No. 6, vers 1878

Photo montrant un concert de fanfare donné lors d'un rassemblement aux jardins publics de Halifax, en 1897

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Concert de fanfare donné lors d'un rassemblement aux jardins publics de Halifax, en 1897

Photo montrant une usine de coton située rue Robie, à Halifax

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Usine de coton située rue Robie, à Halifax

Dans une ville où abondent les édifices en bois, l'eau devient un élément essentiel pour combattre le feu. Au début, lorsque éclatait un incendie, quelqu'un se précipitait à la caserne pour sonner l'alarme, et les volontaires accouraient, formaient une chaîne et se passaient des seaux pour éteindre le feu; ils puisaient l'eau au puits ou à la pompe la plus proche, allant parfois même jusqu'au port. La brigade des pompiers compte sur ces volontaires jusqu'au milieu des années 1890, date à laquelle on engage, à temps partiel, des pompiers professionnels. Les premiers pompiers à temps plein n'entrent en fonction qu'en 1918. Si Halifax a échappé aux grands incendies qui ont ravagé les autres villes canadiennes, le feu ne l'a toutefois pas épargnée. En 1861, après un grave incendie, la ville achète des véhicules à vapeur et fait l'acquisition de la Halifax Water Company.

Page 20 du MCALPINE'S HALIFAX CITY DIRECTORY FOR 1900-01. On y trouve une annonce du Halifax Hotel. Selon l'annonce, l'hôtel possède un ascenseur électrique de première qualité, a des lumières incandescentes dans toutes les chambres, a les corridors les plus larges et est bien éclairé.

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McAlpine's Halifax City Directory for 1900-01, p. 20

En 1846, douze agents de la paix patrouillent Halifax durant le jour, et douze volontaires sillonnent la ville la nuit. Ces deux services fusionnent en 1864 et forment une unité chargée de faire respecter la loi plus moderne. Trente agents, qui obéissent à six sergents, reçoivent, jusqu'en 1870, leurs ordres d'un magistrat. Après cette date, la police est placée sous l'autorité du maire.

Des années durant, les résidents de Halifax, concentrés sur un petit territoire, peuvent se rendre presque partout dans la ville à pied, à cheval ou sur une chaise à porteurs. Les traversiers transportent les voyageurs de Halifax à Dartmouth, et ceux qui veulent se rendre encore plus loin utilisent les voiliers et les bateaux à vapeur. Le Sir Charles Ogle, premier navire à vapeur à transiter à Halifax, et le Boxer, un autre bateau à vapeur, s'ajoutent aux moyens de transport en commun qu'utilisent les habitants de la ville dans les années 1830. Samuel Cunard, un résident de Halifax, se voit attribuer le contrat de service de paquebot à vapeur à horaire fixe qui assure la traversée de Liverpool à Boston, avec escale à Halifax. Le 1er juin 1840, le premier navire de Cunard, le Unicorn, actionné par un moteur au charbon, arrive au port de Halifax. Lorsque la ville se développe et étend son territoire, on commence à utiliser des tramways tirés par des chevaux, qui couvrent, dès 1866, le parcours compris entre l'extrême sud de Halifax et la gare de chemin de fer, au grand désespoir des chauffeurs de taxi et des opérateurs d'omnibus. Enfin, la Halifax Electric Tramway Company met en circulation, en 1896, des tramways électriques.

Photo de l'hôtel Halifax, prise en 1902

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L'hôtel Halifax, en 1902

Si les habitants savent que le développement de la ville passe par la construction d'une voie ferrée, l'idée de devoir en supporter les coûts demeure, tout au long des années 1850 et 1860, impopulaire. La construction de courts tronçons entreprise durant cette période a engendré des dettes. La promesse d'un chemin de fer qui relierait les colonies, et dont le financement ne viendrait pas du conseil municipal, aide à faire accepter la Confédération.

Dans les rues centrales, la ville installe, en 1843, des lampes à gaz qui remplacent les lampes à l'huile de baleine ou de phoque. L'éclairage des rues à l'électricité fait son apparition en 1886, et dès 1890, Halifax est la première ville entièrement éclairée à l'électricité en Amérique du Nord. En 1879, la Dominion Telegraph Company offre les services du téléphone à 25 abonnés. Elle est remplacée en 1888 par Bell Telephone Company, qui compte, dans Halifax, quatre cents appareils téléphoniques.

Portrait d'Anna Leonowens, en 1903

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Anna Leonowens, en 1903

Avec l'implantation des jardins d'horticulture, de la fin des années 1830 au début des années 1840, la ville embellit. Les jardins ouvrent leurs portes aux visiteurs qui peuvent défrayer le coût du billet d'entrée. En 1874, la ville en fait l'acquisition, et ils deviennent des jardins publics.

De nombreuses résidentes de Halifax travaillent à améliorer les conditions de vie des habitants. Ainsi, Isabella Brimney Cogswell, fille du financier Henry H. Cogswell, consacre une partie de son héritage à soutenir des œuvres de charité. Elle fondera, avec d'autres, le Protestant Orphan's Asylum (un orphelinat protestant). Anna Leonowens, elle aussi, aide sa communauté en créant, en 1887, une école d'art, la School of Art and Design. L'histoire de cette enseignante a été rendue célèbre par la comédie musicale de Rodgers et Hammerstein intitulée Le roi et moi (The King and I).

Photo du premier navire mis en cale sèche au chantier maritime de Halifax en septembre 1889

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L'HMS Canada, premier navire mis en cale sèche la journée même de l'ouverture de la cale, au chantier maritime de Halifax, le 20 septembre 1889

Dans les années 1870, Halifax s'industrialise. La Nova Scotia Cotton Manufacturing Company est en exploitation de 1883 à 1891, date à laquelle la Dominion Cotton Mills Company de Montréal (qui deviendra la Dominion Textile) la remplace. L'industrie du coton est alors la seconde industrie de Halifax. Les petites usines, installées dans le paysage de Halifax depuis le milieu des années 1800, cèdent la place à de grandes entreprises qui fabriquent des produits tels que des bonbons, des bottes, des cordages et des moteurs à vapeur. Un entrepreneur militaire, William C. Moir, finance, grâce aux profits qu'il réalise, une entreprise qui produit du pain, des biscuits, des bonbons, de la farine moulue, ainsi que des boîtes. Quant à la Starr Manufacturing, avec une usine à Dartmouth et des bureaux à Halifax, elle fabrique les patins à glace de marque Acme, tout autant que des produits en fer comme des clous ou des ponts. C'est aussi à Halifax qu'est construite, en 1867, la première patinoire couverte.

Halifax poursuit un développement chaotique, ballottée entre des périodes de guerre et des temps de paix. À travers tous ces aléas, la ville conserve cependant sa réputation de port national. Même durant les périodes difficiles, où sévissent les problèmes liés à la pauvreté, au surpeuplement et à la maladie, Halifax souhaite la bienvenue aux immigrants, leur offrant le soutien que requiert leur nouvelle vie au Canada.

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