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Riel, Louis David (1844-1885)
La Sainte Vierge
O Vierge digne de Louanges !
Vous ressemblez à l'Orient.
Impératrice des Archanges
Je me prosterne en vous priant.

Vous êtes plus douce et plus grande
Que l'Impératrice Augusta
N'est dans la Puissance Allemande,
Où la main de Dieu l'exalta.

Sainte Vierge ! je vous salue,
Car le Seigneur est avec vous,
Vous êtes maîtresse absolue
Du ciel : l'épouse de l'époux.

Vous avez la première place
Dans l'empire du Fils de Dieu.
L'aurore n'a pas tant de grâce
Que vous ; votre amour est de feu.

Bénie entre toutes les femmes,
Jésus le fruit de votre sang,
Jésus le monarque des âmes
Vient de vous, tout éblouissant.

Il est béni : les cieux l'adorent
C'est l'Homme-Dieu ressucité
Les plus beaux feux du soleil dorent
Le manteau de Sa Majesté.

Mère du Fils de Dieu ! Marie !
Priez pour nous, pécheurs, maintenant
Dotez l'Eglise et la patrie,
D'un calme heureux et permanent,

Faites que ma chère famille
Donne au prochain de grands secours.
Que mon sang régénéré brille
En travaillant pour Dieu toujours.

Priez Dieu qu'il donne à Marguerite
Un esprit de plus en plus franc,
Sauvez ma femme humble et petite,
Sauvez son coeur obéissant.

Voilà plusieurs fois que ma plume
Essaye, O Vierge, à vous chanter, 
Mais par le mal qui me consume,
J'en arrive à me lamenter.

Bénissez notre heure dernière,
Protégez-nous jusqu'au tombeau,
Ah ! soyez pour nous la lumière
Du soleil qui se couche, beau.
       Les harmonies
       En relief
       Des litanies
       De Saint Joseph.

Tuteur de Jésus-Christ ! votre main droite et belle
Avec le lys.  Le nom que vous portez me rend
La paix : il réjouit l'Eglise universelle
Il encourage l'homme en santé, le mourant.

     Le juste expire avec votre appui dans l'idée.

Le Très-Haut qui voulut vous avoir pour gardien
De son Fils Bien Aimé dans l'antique Judée,
Veut que vous demeuriez à jamais du chrétien
L'espérance vivante et bien consolidée.

Aimable Saint Joseph ! glorieux charpentier !
Du haut du ciel, vos mains protègent l'édifice
De l'Eglise du Christ, dans l'univers entier,
L'archange St Michel ne fait pas d'autre office.

Avec votre coutume et vos outils d'ouvier
Tel que vous vous offrez à nous, dans les images,
Vous êtes mille fois plus beau que le laurier
Couronné de ses fleurs : agréez nos hommages.

        Jadis le Grand Rois Pharaon
Fit du premier Joseph son Intendant Suprême,
        Et le Dieu Très Grand de Sion
Fait de vous maintenant le régent du ciel même.

O Saint ! Notre Patron ! Priez pour Léon Treize
        Et pour son immense clergé ;
        Pour la grande race française
Et tout cet univers dont le pape est chargé.

Saint Joseph ! Bénissez la pieuse Italie.
Priez Dieu, s'il vous plait, pour le peuple Espagnol ;
        Pour l'Irlande qu'on humilie ;
Pour la Pologne dont les rois ont fait le vol.

        Priez Jésus pour la Bavière,
        Priez pour le peuple Autrichien.
      Priez que la Belgique étende la lumière.
      Soyez du Portugal le céleste soutien.

Saint Joseph ! Protégez les nations chrétiennes,
        Intercèdez pour les Hébreux.
Priez Notre Sauveur pour les Tribus Indiennes.
        Et pour les payens malheureux.

Vous êtes plus puissant par votre patronage
Que jamais Empereur ne fut dans aucun âge.

Vous fûtes du Christ-Roi le père nourricier.
Vous eûtes soin de Lui, de sa divine enfance.
Si je pouvais le dire à mon Dieu, sans offense,
Je dirais : " Saint Joseph est le seul créancier
Que vous ayiez, Seigneur : exaucez les prières
Qu'il fait pour nous aider d'indicibles manières."

O Notre Dieu ! Merci que vous nous renvoyiez
Aux charitables soins de sa haute intendance ;
Et qu'en nous le faisant honorer, vous voyiez
A nous combler des biens de votre Providence.

Saint Joseph ! Demandez à Jésus, s'il vous plait,
De mettre dans mon âme un grand regret complet
         D'avoir transgressé sa loi Sainte :
Qn'il me donne un coeur pur, résolu d'observer
Cette loi désormais : un coeur plein de sa crainte
Et qui, vers lui, toujours travaille à s'élever.

Saint Joseph ! obtenez de Jésus qu'il me fasse
                  En premier lieu
                  La grande grâce
De chercher, de trouver le royaume de Dieu ;
                  Et qu'il m'accorde
Selon l'immensité de sa miséricorde,
Tous les biens précieux d'ici bas, par surcroit.

       Priez le Christ : Ah ! priez le qu'il daigne
       De plus en plus faire arriver le règne
       De la Vérité Sainte et celui du Bon Droit.
       Votre protection est visible et frappante.

                           *
                          * *

           De ma sanctification
Saint Joseph ! élevez vous-même la charpente.
           Achevez la construction
De mon salut. Priez Dieu que je me repente,
Que je sorte du mal dont mes pieds ont la pente.

Soutenez-moi : je veux pratiquer la vertu
Sur le même chemin que Jésus a battu.
Que je sois tout à fait saint, avant que je meure.
Aidez-moi, Saint Joseph ! jusqu'à ma dernière heure.

Saint Joseph ! aidez-moi vous-même à m'assoupir
D'un sommeil qui n'ait rien de fatal ni d'horrible.
Assistez-moi vous-même à mon dernier soupir
Pour que ma mort soit douce, exemplaire et paisible.
Et qu'aussitôt après avoir rendu l'esprit,
J'entre en partage, avec mon Sauveur Jésus-Christ,
Saint Joseph ! vos vertus sont la belle atmosphère
Que mes deux poumons ont besoin de respirer.
Bénissez-moi ! je suis l'humble thuriféraire
Qui vous encense ; puis-je assez vous admirer ?

Priez afin que Dieu prenne en douce mémoire,
Les fidèles défunts qui sont en purgatoire ;
Surtout ceux qui me sont chers et plus attachés.
Qu'Il délivre aujourd'hui de la peine des flammes
      Ceux de nos aïeux dont les âmes
Ont besoin que Jésus efface leurs péchés.

Voilà vingt ans passés que j'ai perdu mon père
Et qu'il dort le sommeil inconnu du trépas.
Le bras dur de la mort m'a pris des soeurs, un frère
Très aimés. Saint Joseph ! Ne les oubliez pas.

Conduisez-les au ciel, s'ils n'y sont pas encore.
Ils ont remis à Dieu leur âme, en vous aimant.
Vite, délivrez les, puisque je vous honore.
Ils vous ont invoqué jusqu'au dernier moment.

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