Cette page Web archivée demeure en ligne à des fins de consultation, de recherche ou de tenue de documents. Elle ne sera pas modifiée ni mise à jour. Les pages Web qui sont archivées sur Internet ne sont pas assujetties aux normes applicables au Web du gouvernement du Canada. Conformément à la Politique de communication du gouvernement du Canada, vous pouvez demander de recevoir cette page sous d'autres formats à la page Contactez-nous.
Notes pour une allocution prononcée dans le cadre du Forum sur la démocratie canadienne de Bibliothèque et Archives Canada, « Pin-ups de premiers ministres, Vol. I : Sir John A. Macdonald », le 9 juillet 2008. Thomas Axworthy est président du Centre d'études sur la démocratie à l'Université Queen's
Les premiers dirigeants de nouvelles nations importent. Vous n'avez qu'à penser à la différence entre l'Afrique du Sud, avec Nelson Mandela comme président, et le Zimbabwe, pays voisin qui a dû endurer la présence de Robert Mugabe. L'un des plus importants (et parmi les moins appréciés) bienfaits du Canada est d'avoir eu Sir John A. Macdonald comme premier ministre initial.
John A. Macdonald compte autant de réalisations que William Gladstone et était aussi intéressant que Benjamin Disraeli. Son confrère, Abraham Lincoln, a préservé une nation, mais Sir John A. Macdonald, en compagnie de Sir George-Étienne Cartier, en a créé une. Comme le dit Richard Gwyn dans sa superbe nouvelle biographie, Macdonald est « celui qui nous a fait »1 [traduction].
Pour nous tous, Macdonald est le digne père de la Confédération, celui qui a présidé la Conférence de Londres de 1866 et négocié avec le bureau des colonies en ce qui concerne la rédaction définitive de l'Acte de l'Amérique du Nord britannique, mais nous commettons une erreur si nous le mettons sur piédestal ou ne pensons à lui qu'en termes d'homme d'État victorien. John A. était un personnage – un homme à l'air canaille, imparfait et toujours divertissant. Lors de la première visite de Macdonald à Winnipeg en 1886, un jeune conservateur a interrompu ses exclamations pour s'écrier « c'est un pauvre miteux, n'est-ce pas? »2 [traduction]. Et en effet, il l'était. Né en 1815, l'année de Waterloo, immigrant au Canada en 1820 et devenu adulte avant que Victoria devienne reine, Macdonald a toujours été plus qu'un homme du demi-monde de la Régence spirituel, où l'alcool coulait à flot et qui avait une allure de dandy plutôt que du milieu de l'ère victorienne austère, sobre et respectable3. Par exemple, John A. a déjà proposé un duel à un opposant! Le monde nous voit peut-être – et nous nous voyons peut-être – comme des scouts sincères, dignes et ennuyeux, mais nous avons été fondés par un homme qui était tout sauf cela. Reconnaissant ses propres faiblesses, il n'a jamais été trop sévère à l'égard des lacunes des autres. Homme compréhensif, avec un sourire et un clin d'œil, il a incité ses concitoyens à se surpasser.
Il faut donc féliciter Bibliothèque et Archives Canada d'avoir numérisé des dizaines de milliers de documents et d'artéfacts affichés dans sa nouvelle exposition virtuelle Web intitulée « Sir John A. Macdonald : homme d'État canadien et patriote », exposition qu'aide à lancer le présent événement du Forum sur la démocratie canadienne. J'ai utilisé ce site, par exemple pour télécharger les discours de ses campagnes, et quiconque explore les richesses que renferme cette exposition découvrira, comme l'a dit P.B. Waite, qu'avec Macdonald « on était, et on est toujours, en excellente compagnie »4 [traduction].
1 Gwyn, Richard (2007). The Man Who Made Us, Toronto, Random House Canada.
2Citation extraite de Cynthia M. Smith, éditrice, et Jack McLeod, (1986), Sir John A., Toronto, Oxford University Press, 148.
3 Des biographes tels que Donald Creighton et P. B. Waite ont exposé ce point. En fait, Macdonald avait l'habitude de vaincre ceux qui personnifiaient la vertu victorienne - George Brown, Alexander Mackenzie et Edward Blake - et comme un Muhammad Ali âgé contre George Foreman, il lui restait suffisamment de ressources pour éliminer le champion à venir (Wilfred Laurier) en 1891.
4 Waite, P.B. (1975), Macdonald : His Life and World, Toronto, McGraw-Hill Ryerson, Ltd., 216.