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CMAJ
CMAJ - September 8, 1998CMAJ - le 8 septembre 1998

Communiqué de presse

L’utilisation d’hallucinogènes et la consommation de tabac et d’alcool à la hausse chez les jeunes de l’Ontario

p. 451  Recent findings from the Ontario Student Drug Use SurveyEdward M. Adlaf, PhD; Frank J. Ivis, BA [abstract / résumé]

p. 485  A time for everything: changing attitudes and approaches to reducing substance abuseJohn S. Millar, MD [full text]

Des sondages réalisés en 1995 et 1997 financés par la Fondation de la recherche sur la toxicomanie de l’Ontario indiquent que davantage d’adolescents de l’Ontario fument et consomment de l’alcool et des hallucinogènes. Du côté positif du bilan, les sondages continus indiquent aussi que la consommation de huit autres drogues illicites s’est stabilisée après avoir explosé au début de la décennie, mais les chercheurs affirment qu’il ne faut pas pour autant se satisfaire des résultats.

Entre 1993 et 1995, la consommation de cannabis, de colle, d’héroïne, de méthamphétamines, d’hallucinogènes, de cocaïne, de crack, de PCP (phencyclidine) et de MDMA (méthylènedioxy-méthamphétamine, communément appelée «ecstasy») a augmenté chez les adolescents. Un sondage de suivi réalisé en 1997 auprès de 3990 élèves des niveaux intermédiaire et secondaire de 168 écoles a montré que seule la consommation d’hallucinogènes comme la mescaline et la psilocybine a augmenté considérablement. La consommation de MDMA et d’hallucinogènes a toutefois augmenté légèrement. En outre, la prévalence du tabagisme est passée de 21,7 % en 1991 à plus de 27 % en 1995 et en 1997, et la consommation d’alcool a augmenté légèrement pour atteindre 59,6 %.

Le Dr Edward M. Adlaf et Frank J.Ivis concluent qu’il y a beaucoup de travail à faire pour atteindre les objectifs fixés par la province pour l’an 2000 : ramener la consommation d’alcool à 50 % chez les jeunes de 12 à 15 ans, et le tabagisme à 10 %.

Dans un éditorial connexe, l’hygiéniste en chef de la Colombie-Britannique, le Dr John Millar, préconise un changement fondamental de l’attitude publique et souhaite que les politiciens aient la volonté de s’attaquer au problème extrêmement coûteux que constitue l’abus des substances. On estime à 18,4 milliards de dollars le coût indirect de l’abus des substances, tandis que les coûts directs atteignent 6,5 milliards par année. Les coûts pour la santé des individus et de la société sont impossibles à estimer. Le Dr Millar décrit un plan de prévention primaire qui vise les enfants et les patients qui ont des problèmes de santé mentale, ainsi que des interventions dans le cas de certaines substances en particulier.


Le cancer de la prostate augmente à mesure que vieillissent les baby-boomers

p. 509  Prostate cancer: 1. The descriptive epidemiology in CanadaIsra G. Levy, MB, BCh; Neill A. Iscoe, MD; Laurence H. Klotz, MD [full text]

Le cancer de la prostate a maintenant dépassé le cancer du poumon comme cancer que l’on diagnostique le plus souvent chez les hommes du Canada (sauf pour le cancer de la peau sans mélanome malin, qui est rarement fatal). La prévalence de ce cancer risque d’augmenter avec le vieillissement de la population du Canada. Face à ce nouveau défi, le JAMC publie une série de 13 articles sur le cancer de la prostate dans le cadre de sa nouvelle section Éléments cliniques. Le premier paraît dans le présent numéro.

Isra G. Levy et ses collaborateurs examinent l’épidémiologie du cancer de la prostate et signalent qu’on le diagnostiquera chez un homme du Canada sur huit, comparativement à un sur vingt au début des années 70. Les auteurs analysent aussi l’incidence affective, physique et financière du diagnostic et du traitement. Selon un sondage, ces incidences comprennent un taux d’incontinence de 25 % et une défaillance de l’érection chez 20 à 90 % des patients qui subissent une intervention chirurgicale.


L’approbation des médicaments baigne dans le secret

p. 481  Secrecy and the Health Protection BranchJoel Lexchin, MD [full text]

L’information sur les médicaments soumis au processus d’approbation réglementaire baigne dans le secret, selon le Dr Joel Lexchin. La Direction générale de la protection de la santé ne dévoile pas encore les médicaments à l’étude, n’a pas de comité consultatif extérieur public qui pourrait discuter de ces médicaments et diffuse de l’information limitée après l’examen. Ce secret prive à la fois les professionnels de la santé et les consommateurs de renseignements essentiels.

Le Dr Lexchin a aussi constaté que les études qui ont servi au processus d’approbation sont difficiles à obtenir. Il a déjà attendu 21 mois pour recevoir des études effectuées pour approuver certains agents anti-diarrhéiques pour enfants. Ce manque d’accès à l’information peut être une cause de danger, selon lui.

Aux États-Unis, on répond dans les 10 jours ouvrables aux demandes d’études portant sur un nouveau médicament, on publie un résumé des motifs de l’approbation et l’examen de nombreux médicaments est soumis à un comité consultatif d’experts avant que l’on rende une décision finale. Les travaux de ces comités sont publics.

Le Dr Lexchin signale qu’à cause des compressions gouvernementales, le service canadien chargé de réglementer les médicaments et les dispositifs médicaux tire environ 70 % de son financement des frais payés par les sociétés pharmaceutiques et autres. Afin d’assurer la sécurité du public et de démontrer qu’il n’y a pas de conflit d’intérêts, il préconise un accès rapide et ouvert à une information plus abondante.


Formule fiscale ou accès universel: le débat se poursuit

p. 493  Funding Canada's health care system: a tax-based alternative to privatizationMichael Gordon, MD; Jack Mintz, PhD; Duanjie Chen, PhD. [full text]

p. 497  Still here, still flawed, still wrong: the case against the case for taxing the sickSteven Lewis, MA [full text]

Dans la nouvelle section Controverse du JAMC, le Dr Michael Gordon et ses collaborateurs lancent le débat en préconisant une solution de rechange fiscale à la privatisation de l’assurance-maladie. Ils soutiennent qu’il faudrait attribuer les coûts d’utilisation du système de soins de santé aux patients, qui devraient déclarer les services de soins de santé comme un avantage imposable.

Steven Lewis répond en défendant l’assurance-maladie et essaie de démolir l’argument fiscal. De brèves réfutations suivent.