CMAJ 1998;158:463
© 1998 Association médicale canadienne
La thrombolyse donne des résultats contre l'infarctus aigu du myocarde, mais de nombreuses études ont démontré qu'il y a souvent des retards avant le début du traitement. Dans ce numéro, James Brophy et ses collaborateurs décrivent une cohorte de 1357 patients qui ont été admis dans les hôpitaux de soins actifs au Québec (page 475). Leur analyse définit certains des facteurs associés à ces retards. La période médiane écoulée entre l'arrivée à l'hôpital et la thrombolyse est de 59 minutes. Cet intervalle est beaucoup plus long que les 30 minutes recommandées dans des guides publiés récemment. Le retard à l'hôpital est plus long dans le cas des femmes, des patients de plus de 65 ans et de ceux qui ont des antécédents d'infarctus du myocarde. Les auteurs ont en outre constaté que les patients hésitent à consulter un médecin : l'intervalle médian entre l'apparition des symptômes et l'arrivée à l'urgence est de 98 minutes. Ce document fait progresser notre connaissance des éléments constituants de la période écoulée avant l'administration de la thrombolyse et devrait guider les efforts d'amélioration des soins.
Les taux de cholécystectomie ont explosé depuis 5 ans, surtout à cause de la facilité offerte par la laparoscopie. Des critiques ont néanmoins affirmé que les taux de complications après une cholécystectomie par laparoscopie sont inacceptables. Dans ce numéro, Bryce Taylor démontre que les complica-tions consignées par le personnel des archives médicales des hôpitaux et transférées par la suite à l'Institut canadien d'information sur la santé (ICIS) décuplent le nombre des complications pertinentes sur le plan clinique (page 481). En Ontario, selon l'analyse de Taylor, le taux de complications pertinentes sur le plan clinique survenues après une cholécystectomie par laparoscopie peut être d'à peine 1,2 pour 1000 interventions, ce qui est comparable aux taux ailleurs et beaucoup moins élevé que dans le cas de la cholécystectomie sanglante. Dans un éditorial d'accompagnement, John Marshall présente des commentaires sur le problème plus général que pose l'utilisation d'ensembles de données administratives comme celle de l'ICIS pour évaluer la pratique de la médecine (page 489). Marshall signale que les chercheurs et les lecteurs devraient faire preuve de prudence lorsqu'ils utilisent des données recueillies principalement à des fins administratives.
Au cours de l'année écoulée, nous avons été témoins de progrès énormes réalisés par la thérapie aux agents antirétroviraux contre l'infection par le VIH. Dans ce numéro, le Groupe de travail sur les agents antirétroviraux du Réseau canadien pour les essais VIH présente des lignes directrices sur ce type de traitement (page 496). Les médecins spécialisés dans le traitement des patients infectés par le VIH connaissent probablement ces documents. L'article comprend toutefois, pour le reste d'entre nous, des renseignements utiles sur le traitement des personnes asymptomatiques et des patients qui présentent des symptômes, sur la prévention de la transmission entre la mère et l'enfant et sur la prophylaxie après l'exposition (que devraient faire les médecins, par exemple, après une piqûre d'aiguille?).
Qu'est-ce que l'insuline lispro? Anuradha Puttagunta et Ellen Toth examinent ce nouvel analogue de l'insuline et présentent des recommandations fondées sur des données probantes au sujet de la bonne façon de l'utiliser (page 506).
La tempête de verglas de 1998 est terminée, mais au moment d'aller sous presse, beaucoup de foyers sont toujours privés d'électricité. La tempête a provoqué le chaos dans une vaste région géographique et le système de soins de santé n'a pas été épargné. Nos correspondants de Montréal et de l'est de l'Ontario décrivent l'expérience d'un grand nombre de médecins touchés par ces bouleversements (page 520 et page 524).
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