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Canadian Medical Association Journal
April 7'98

Mot du rédacteur en chef

JAMC 1998;158:855

© 1998 Association médicale canadienne


Comme médecins, nous abordons le traitement de la maladie de façon conventionnelle. Nous avons appris à être prudents. Nous hésitons à modifier nos habitudes de pratique et nous exigeons de solides preuves avant d'essayer quoi que ce soit de nouveau. Les patients, et en particulier ceux qui ont des problèmes chroniques ou une maladie en phase terminale comme le cancer, ne sont toutefois pas aussi prudents. Jusqu'à 60 % des patients recourent à des traitements non conventionnels et la plupart d'entre eux ne le révèlent pas à leur médecin.

En règle générale, on manque de solides recherches scientifiques sur les thérapies non conventionnelles. Cette lacune est attribuable à plusieurs raisons, dont la plus importante probablement est le manque d'intérêt de la part des sociétés pharmaceutiques et des chercheurs des milieux universitaires. Les organismes subventionnaires ont en outre hésité à appuyer de telles recherches et sans financement suffisant, on ne produira pas de données probantes scientifiques acceptables sur l'efficacité.

Il existe toutefois quelques données probantes. Dans ce numéro (page 897), nous lançons une nouvelle série où nous examinerons les renseignements disponibles sur certains moyens non conventionnels répandus de lutte contre le cancer : Essiac, thé vert, Iscador, sulfate d'hydrazine, vitamines A, C et E et 714-X. Ces documents représentent les versions «cliniques» de documents de vulgarisation publiés en 1997 par l'Initiative canadienne de recherche sur le cancer du sein afin de répondre aux demandes d'information des patients. Le reste de la série paraîtra dans les prochains numéros.

L'expression «sur le bien-être» pourrait presque être une métonymie pour femmes chefs de famille monoparentale. Environ 20 % des familles de l'Ontario (et 11 % de celles du Canada) sont dirigées par une mère seule et ces familles peuvent constituer jusqu'à 40 % des cas d'aide sociale. Dans le cadre d'une étude remarquable, Carolyn Byrne et ses collègues ont interviewé une série consécutive de 760 parents seuls qui demandaient de l'aide sociale (page 881). Dans presque tous les cas, il s'agissait de femmes. Ils ont aussi étudié les 1203 enfants de ces familles. La plupart des parents se débrouillaient extrêmement bien, mais la dépression était un mal répandu, présente chez presque 45 % des sujets. Les enfants de parents déprimés étaient deux fois plus susceptibles d'avoir un retard du développement et presque trois fois plus susceptibles d'avoir des problèmes de comportement et d'affectivité par rapport aux témoins d'âge correspondant dont les parents n'étaient pas déprimés. Les auteurs concluent que les initiatives s'adressant aux familles monoparentales par ailleurs désavantagées doivent tenir compte à la fois de la santé et des circonstances sociales.

Beaucoup de Canadiens qui retourneront à leur chalet dans quelques semaines y trouveront des locataires non invités — des souris. Qui dit souris dit risque de hantavirus. Denise Werker et Harvey Artsob, du Laboratoire de lutte contre la maladie, décrivent l'épidémiologie du hantavirus au Canada et les manifestations cliniques du syndrome pulmonaire dû au hantavirus (page 912). Ils terminent en présentant des recommandations sur la sécurité du nettoyage à la suite de la présence de rongeurs.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a proclamé le 7 avril 1998 «Journée de la maternité sans complication». Comme André Lalonde nous le rappelle, la santé de la mère demeure un important problème de santé publique dans le monde (page 889). On estime que 650 000 femmes meurent de causes liées à la grossesse chaque année. L'OMS cherche à faire connaître cette tragédie en espérant instaurer les changements nécessaires pour améliorer les soins prénataux et obstétriques dans le monde entier.

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