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Mot du rédacteur en chef JAMC 1998;158:1119 © 1998 Association médicale canadienne Personne n'aime attendre pour subir une intervention médicale et la file d'attente pour les pontages aortocoronariens (PAC) est probablement une des pires où l'on puisse se trouver. La coronaropathie demeure la cause la plus répandue de décès au Canada et nous savons que le PAC peut prolonger la vie et atténuer les souffrances. Pourquoi donc les patients devraient-ils attendre? George Fox et ses collaborateurs ont étudié le PAC, y compris les listes d'attente, à Terre-Neuve et au Labrador (page 1137). Les résultats? Pas si mauvais, mais clairement pas assez bons. Par exemple, sur les 391 patients présentés pour un PAC au cours de la période d'étude d'un an, 153 avaient besoin de l'intervention de toute urgence ou d'urgence, mais 37 (24 %) seulement d'entre eux l'ont subie dans le délai de 24 ou 72 heures recommandé respectivement. De plus, sur la période de 12 mois, la liste d'attente s'est allongée d'environ 20 %. David Naylor présente des commentaires sur le problème plus général des files d'attente et présente ces résultats dans un contexte global (page 1151). Il signale qu'il suffit d'une injection ponctuelle de ressources pour éliminer l'arriéré d'une file d'attente longue mais stable. Une file d'attente qui s'allonge (comme c'était le cas à Terre-Neuve et au Labrador) témoigne toutefois d'un déséquilibre plus permanent entre l'offre et la demande et il faudra des ressources supplémentaires permanentes. Les banques d'aliments ont été conçues à l'origine pour fournir des secours d'urgence en période de pénurie alimentaire, mais qui les utilise en réalité aujourd'hui? Linda Jacobs Starkey et ses collaborateurs ont sondé un échantillon aléatoire de 490 clients d'organismes de Montréal qui fournissent des sacs d'épicerie aux personnes dans le besoin (page 1143). Par rapport à la population générale du Québec, il y avait plus d'utilisateurs de banques d'aliments qui avaient moins de 50 ans et la proportion des utilisateurs mariés ou vivant avec un partenaire était beaucoup plus faible. Plus de 80 % touchaient des prestations à l'aide sociale et environ les deux tiers avaient recours à une banque d'aliments au moins une fois par mois. Les chercheurs ont aussi constaté que les utilisateurs, et surtout les hommes, avaient une scolarité relativement élevée et que les ménages monoparentaux et les personnes qui avaient des problèmes de santé chronique étaient moins nombreux. Il manquait néanmoins aux participants environ 45 $ par mois dans leur budget d'alimentation. Nous espérons que ce rapport provoquera d'autres études sur les ressources consacrées aux pauvres. David Goldbloom, professeur agrégé à l'Université de Toronto, nous a fait parvenir le texte de l'allocution qu'il a prononcée devant la promotion 1995 de l'Université de Toronto (page 1167). Il s'agissait peut-être d'un «non-événement», mais il a aussi ajouté le texte d'une allocution prononcée par son grand-père (diplômé en médecine en 1916) devant la promotion 1966 de l'Université McGill. Outre les commentaires de «l'intermédiaire», le père de David (lui aussi médecin), ces allocutions présentent un tableau fascinant des aspects de la médecine qui ont changé pendant le siècle en cours et, ce qui est encore plus important, de nombreuses valeurs fondamentales qui n'ont pas changé. Notre série sur les thérapies non conventionnelles de traitement du cancer se poursuit dans ce numéro avec une évaluation des données probantes sur la sûreté et l'efficacité de l'Iscador, un extrait de gui (page 1157). L'article d'accompagnement est un document d'information générale qui s'adresse aux patients et porte sur le choix de thérapies non conventionnelles (page 1161). Nous espérons que les médecins s'en serviront pour commencer à communiquer avec leurs patients que la question intéresse.
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