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Mot du rédacteur en chef JAMC 1998;159:127 © 1998 Association médicale canadienne Les médecins connaissent bien les effets sur la santé de l'abus de substances légales comme le tabac et l'alcool. Nous en comprenons l'épidémiologie et l'on évalue actuellement toutes sortes de nouvelles stratégies de traitement et de prévention. Or, les substances illicites comme la cocaïne et l'héroïne ont des effets encore plus marqués sur la santé et nous ne comprenons à peu près pas les tendances de la maladie et les causes de l'abus : il est difficile de tirer des renseignements de sujets qui hésitent à participer à des études parce qu'ils craignent d'être arrêtés. C'est vrai aussi dans le cas des personnes qui obtiennent des substances léales par des moyens illégaux. Amin Sajan et ses collaborateurs augmentent notre connaissance de telles pratiques par une étude limitée mais intéressante qu'ils ont réalisée dans l'est du centre-ville de Vancouver (page 139). Ils ont concentré leur attention sur le commerce dans la rue de produits pharmaceutiques licites. Des entrevues réalisées auprès de 32 revendeurs et utilisateurs ont produit des renseignements précieux sur les prix des médicaments prescrits dans la rue et sur des aspects connexes de ce commerce. Brian Goldman recommande d'éviter de contrôler plus rigoureusement les habitudes d'ordonnance des médecins, étant donné plus particulièrement que «le problème de la douleur non traitée dans notre société est beaucoup plus grave que celui du détournement des médicaments pres-crits» (page 149). Pour en savoir davantage sur la pratique de la médecine dans ces circonstances, Deborah Jones s'est entretenue avec les médecins qui traitent les patients de l'est du centre-ville (page 169). Il s'agit vraiment d'un type de médecine différent. Dans le tournant du virage ambulatoire, nous oublions peut-être les besoins des patients âgés et atteints de maladies chroniques qui ne peuvent plus trouver de lits dans des hôpitaux généraux mais sont trop malades pour qu'on s'en occupe à domicile. Ces personnes se retrouvent souvent dans des résidences pour personnes âgées ou des foyers de soins. Gina Bravo et ses collaborateurs signalent des problèmes importants liés à cette situation (page 143). Dans le contexte d'une étude réalisée auprès de 301 résidants de 88 établissements dans la région de l'Estrie au Québec, ils ont constaté qu'une grande proportion des personnes qui habitent des résidences sans permis pour personnes âgées avaient d'importantes déficiences cognitives et fonctionnelles. En outre, les membres du personnel des établissements sans permis étaient souvent peu nombreux et n'avaient pas suffisamment de formation pour fournir les soins dont ces résidants ont besoin. Evelyn Shapiro fait remarquer qu'il est probable que la situation s'aggravera au lieu de s'améliorer si l'on n'intervient pas pour réglementer ces établissements (page 151). Quand avez-vous diagnostiqué une hémochromatose pour la dernière fois? Difficile, n'est-ce pas? Nous avons de bonnes nouvelles pour vous. En 1996, on a découvert un gène qui pourrait être à l'origine de l'hémochromatose. Dans certaines régions du monde (Irlande et Australie, par exemple), la prévalence démographique de la mutation homozygote peut atteindre 1 pour 100 ou 1 pour 150. Ainsi, si vous ne diagnostiquez pas une hémochromatose, il se peut en fait que vous la manquiez. Paul Adams passe en revue le nouveau test génétique maintenant disponible au Canada (page 156). Il présente aussi un algorithme simple pour ceux d'entre nous qui ne comprennent pas bien le métabolisme du fer. Le traitement précoce par phlébotomie débouche habituellement sur une survie à long terme. Enfin, Patrick MacLeod et Clarke Fraser expliquent la position du Collège canadien des généticiens médicaux face aux programmes d'eugénique de la Chine (page 153). Le Collège préconise un effort de collaboration avec des collègues généticiens chinois en dépit des pratiques de la Chine dans ce domaine. Nous sommes d'accord. Les progrès émaneront de la collaboration et de l'éducation, et non de l'exclusion et du déni.
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