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Mot du rédacteur en chef JAMC 1998;159:747 © 1998 Association médicale canadienne L'humanisme est apparu comme philosophie cohérente au cours des 14 et 15e siècles : redécouvrant les classiques grecs et romains, beaucoup d'érudits et d'artistes ont alors écrit au sujet de la dignité et de la valeur des êtres humains. Au moment où le siècle se termine dans un tourbillon de technologie, l'humanisme ou son absence redevient une préoccupation importante pour les médecins et les enseignants. Claude Beaudoin et ses collaborateurs (page 765) signalent qu'environ la moitié seulement des étudiants en médecine sondés à trois facultés de médecine du Québec étaient d'avis que leurs enseignants manifestaient de l'humanisme. Jusqu'à 75 % pensaient que l'adaptation psychologique des patients à leur maladie n'intéressait pas leurs enseignants. Un sondage sur les perceptions des répondants à l'égard des attitudes humanistes des enseignants dans leurs contacts avec les étudiants a donné des résultats semblables. Victor Neufeld (page 787) formule des commentaires sur ce que nous savons tous mais que nous semblons tous oublier : «Les gens s'attendent à mieux à être traités comme des êtres humains et non simplement comme des "cas".» Se fondant sur des extraits d'un journal qu'il a tenu au cours de ses études en médecine, le Dr Rob Patterson (page 823) présente un aperçu de ce que l'humanisme est et de ce qu'il n'est pas. Dire que toute étude sur l'utilisation des soins de santé montrera une variation marquée du nombre de consultations des médecins pour un problème donné, c'est un truisme. Outre la variation statistique, il y a des différences quant aux soins dont les patients ont besoin. Au-delà de tout cela, il y a toutefois une controverse. Si certains patients ne consultent pas un médecin lorsqu'ils devraient le faire, il semble que d'autres le font trop souvent. Le style du médecin peut aussi jouer sur la fréquence des consultations. Noralou Ross et ses collaborateurs (page 777) ont analysé les taux de consultation des patients hypertendus à Winnipeg et ont constaté que les patients plus malades consultaient beaucoup plus souvent que ceux qui l'étaient moins. En outre, la fréquence à laquelle les médecins ont reçu leurs patients hypertendus au cours d'une année a été un facteur prédicteur de la fréquence des consultations l'année suivante, mais à un degré moindre. Barbara Starfield (page 795) analyse ces résultats dans l'optique du système de soins de santé des États-Unis. Elle est impressionnée par le pourcentage aussi élevé de patients hypertendus qui ont consulté au moins le nombre de fois recommandé pour leur hypertension. Elle nous rappelle que même si le style du médecin joue toujours un rôle crucial dans la fréquence des consultations, il ne faut pas négliger non plus le besoin du patient et sa situation socio-économique au moment où les stratèges cherchent désespérément à réduire les coûts des soins de santé. La maladie de Creutzfeldt–Jakob fait de nouveau les manchettes avec la découverte du prion de la nouvelle variante de la maladie dans l'appendice d'un patient chez lequel on a diagnostiqué la maladie 8 mois après l'appendicectomie. Susan King et ses collaborateurs (page 771) présentent un compte rendu sur les difficultés que pose la notification des parents d'enfants qui ont reçu du sang ou des produits sanguins reliés par la suite à la maladie de Creutzfeldt–Jakob : aucun test de laboratoire ne permet de dépister la présence de prions et il n'y a aucun traitement. Faudrait-il prévenir les patients ou leurs parents de ces risques théoriques lorsqu'il n'y a pas grand-chose à faire, sauf s'inquiéter? Bryce Larke (page 789) présente des observations sur le problème du rappel de sang associé à la maladie de Creutzfeldt–Jakob. Il signale que depuis quelques semaines, les États-Unis ne retirent plus des dérivés du plasma lorsqu'on diagnostique par la suite la maladie de Creutzfeldt–Jakob chez un donneur ou que l'on constate qu'il présente un facteur de risque de la maladie. En revanche, ces retraits se poursuivront au Canada.
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