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Mot du rédacteur en chef JAMC 1999;160:1419 © 1999 Association médicale canadienne Toute action provoque une réaction égale et contraire. En comptabilité, c'est ce qu'on appelle l'identité comptable du revenu national. En termes simples, le total des revenus doit, comme dans le cas d'un particulier, être égal au total des dépenses qui sont déterminées par le volume des biens et services produits et leurs prix (le produit intérieur brut). Dans le domaine des soins de santé, il existe une identité comptable semblable à celle du revenu national. Elle comporte trois volets. Il y a d'abord le volume total des biens et services produits et leurs prix, qu'il s'agisse d'appendicectomies, de soins à domicile ou d'images tomographiques. Il y a ensuite le revenu tiré de la prestation de ces services. Dans le domaine des soins de santé, il s'agit principalement des salaires des fournisseurs de soins de santé et de services de soutien, ainsi que du rendement du capital nécessaire à l'infrastructure. Le troisième volet est le paiement, sous forme de taxes et de dépenses personnelles ou privées pour des services. Ainsi, taxes + dépenses privées = volume de soins de santé × prix = employés × gains. Comme Robert Evans le disait, ces éléments doivent correspondre, tout comme dans le cas de nos finances personnelles : un changement de toute variable doit être compensé par un changement d'une autre variable. Si nous réalisons davantage d'appendicectomies, il faut réduire simultanément et également le prix, habituellement en les réalisant de façon plus efficiente et, par conséquent, moins coûteuse. Nous pourrions aussi, comme certains l'ont suggéré, hausser les taxes, imposer des frais d'utilisation, transférer du financement public des écoles, par exemple, au secteur de la santé, ou augmenter les dépenses privées. Par contre ou en outre nous pourrions, comme les planificateurs des soins de santé et d'autres le laissent entendre, réduire le volume d'autres services de soins de santé, et en particulier tous ceux dont le rapport coût-efficacité est moins favorable. Au moment où nous mettions ce numéro de JAMC sous presse, les infirmières de la Saskatchewan étaient en grève, surtout parce qu'elles jugeaient leur salaire horaire injuste. Elles se sont jointes aux infirmières de plus en plus nombreuses, de Terre-Neuve jusqu'en Colombie-Britannique, qui ont des exigences semblables (voir page 1490). Les médecins de la C.-B. et d'ailleurs demandent une rémunération équitable en fait, une rémunération tout court pour leur travail supplémentaire et il existe une longue liste de besoins non satisfaits en services de santé supplémentaires dans des domaines allant des soins de longue durée (voir page 1441) au dépistage du diabète et, comme nous le soulignions dans notre numéro du 1er juin, au traitement de l'insuffisance rénale chronique au stade ultime. Même si toutes ces exigences, et d'autres encore, sont peut-être fondées, si l'on y satisfait, elles auront un effet immédiat et direct sur l'identité comptable des soins de santé. Il faut compenser une augmentation des salaires des infirmières par une réduction des salaires d'autres travailleurs, ou par une réduction du volume des services fournis. En période pré-électorale, les gouvernements qui avaient l'habitude de construire des routes avant les élections achètent des votes en augmentant les budgets de la santé. Il ne peut s'agir que d'une solution à court terme et, par conséquent, insatisfaisante qui finira par faire augmenter les taxes ou les dépenses privées. Les infirmières avaient un argument solide. Il était facile pour elles de comparer leur salaire horaire à celui de leurs homologues d'un bout à l'autre du pays et des États-Unis. Face aux pénuries d'infirmières, l'offre et la demande d'un marché du travail mobile constituent un argument puissant qui pousse à satisfaire à ces exigences. Sinon, le nombre des infirmières diminuera encore et la demande s'accentuera. À long terme, toutefois, la seule solution durable consiste à essayer constamment de trouver le bon ensemble et le bon volume de services de santé compte tenu des besoins du patient et de l'évaluation du rapport coût-efficacité dérivé d'études communautaires.
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