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Journal de l'Association Médicale Canadienne
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L'Accord de Kyoto : nouvelle tentative
En rejetant le Protocole de Kyoto à la fin de mars, le président américain George Bush a percé un grand trou dans un accord qui ressemble déjà à une passoire. Quatre-vingt-quatre pays ont convenu en principe de ramener leurs émissions de gaz à effet de serre aux niveaux d'avant 1990, d'ici à 2012. Il faut 55 signataires pour ratifier l'accord, mais 33 seulement sont allés jusqu'au bout, dont l'Azerbaïdjan, la Bolivie, Chypre et l'Ouzbékistan : en deux mots, à peu près aucun des pays industrialisés de l'annexe I que le protocole oblige à agir immédiatement. Sans les États-Unis, on pourrait raisonnablement craindre que l'accord soit mort. Les commentateurs ont dit de la position de Bush qu'elle était une espèce viable de prudence économique1. Elle a peut-être (à peine) la vertu de l'honnêteté comparativement aux atermoiements dénués de toute subtilité du gouvernement canadien, dont la sincérité environnementaliste est remise en question par les disputes qui portent sur les puits de carbone et les échanges de crédits d'émissions. Nous avons oublié notre propre manque de détermination lorsque la déclaration de Bush a soulevé l'indignation au Canada : «Je m'oppose au Protocole de Kyoto parce qu'il exempte de la conformité 80 % du monde, y compris des blocs démographiques importants comme la Chine et l'Inde, et causerait un sérieux préjudice à l'économie américaine2.» Dénuée de tout regret ou propos apaisant au sujet de solutions de rechange, cette déclaration a porté l'intérêt personnel à un nouveau zénith de légitimité. Hurler d'outrage nous fera peut-être un peu de bien. Si seulement c'était vraiment le cas. Nous sommes huitièmes au monde par nos émissions provenant de combustibles fossiles au CO23. L'accord que nous avons signé en 1998 nous oblige à ramener nos émissions de gaz à effet de serre à 6 % au-dessous des niveaux de 1990. Jusqu'à maintenant, nous avons réussi à les augmenter de 13,5 %4. Les ministres internationaux de l'Environnement feront une nouvelle tentative lorsque les pourparlers des Nations Unies sur les changements climatiques reprendront à Bonn en juillet. Les espoirs de ratification s'estompent toutefois, car il est question d'une nouvelle proposition américaine pour remplacer l'Accord de Kyoto par une nouvelle mesure qui ne laisserait pas les pays en développement s'en tirer mais permettrait aux États-Unis, eux, de s'en tirer plus confortablement5. Après Bonn, nous pourrions voir, ce qui serait très démoralisant, un nouveau projet d'accord portant un nouveau nom. Quoiqu'il en soit, le ministre canadien de l'Environnement, David Anderson, propose de le ramener au Canada pour le soumettre à une consultation publique. Qu'on nous épargne cette épreuve. Même si les États-Unis sont récalcitrants (et en dépit des différends non réglés qui ont torpillé les pourparlers de La Haye en novembre), nous n'avons aucune excuse, que ce soit au Canada ou ailleurs, pour retarder la mise en uvre de l'accord chèrement gagné conclu à Kyoto en 1997. Plus nous assumerons rapidement nos responsabilités à l'égard de la santé de la planète6 et à l'endroit des générations futures, plus nous trouverons rapidement des moyens de transformer la nécessité en vertu en recourant aux énergies renouvelables et à des technologies plus écologiques. Espérons aussi que la réunion de Bonn sera reconnue pour ce qu'elle est, soit une occasion de faire preuve de leadership sur la scène internationale en ratifiant l'Accord de Kyoto. JAMC Références
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