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ARCHIVÉE - Femmes à l‘honneur: Leurs réalisations

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Thèmes - Militantisme

Doris Anderson

Photo de Doris Anderson

Née à Medicine Hat (Alberta) le 10 novembre 1921
Décédée à Toronto (Ontario) le 2 mars 2007

Journaliste, militante pour les droits de la femme

Source


Née en 1921 et baptisée du nom de Hilda Doris Buck, Doris Anderson était la fille illégitime de Rebecca Laycock Buck et de Thomas McCubbin. Ses premières années dans une pension de famille que dirigeait indépendamment sa mère à Calgary pour soutenir sa famille lui ont laissé des souvenirs heureux. Peu avant le huitième anniversaire de Doris, son père est entré dans sa vie en épousant sa mère. Personnage difficile et dominateur, cet homme exerçait sur son épouse une forte influence au sujet de l'éducation de Doris, laissant celle-ci déroutée et malheureuse; elle était punie pour être trop franche et pour son manque de tenue. Adolescente, Doris a éprouvé une difficulté croissante à accepter la perspective traditionnelle qu'avait sa mère d'une vie fondée sur le mariage et les enfants. Elle a perçu dans l'exemple de certaines femmes, telles ses professeures célibataires, le modèle d'une vie indépendante.

Doris a obtenu un diplôme de l'école normale en 1940. L'enseignement au sein de communautés rurales de l'Alberta lui a permis de gagner suffisamment d'argent pour poursuivre des études universitaires. En 1945, elle a été diplômée de l'Université de l'Alberta et s'est rendue à Toronto afin d'y poursuivre une carrière dans le journalisme. Elle a détenu divers emplois dont celui de correctrice d'épreuves au Star Weekly, celui de recherchiste et rédactrice pour l'animatrice d'émissions radiophoniques Claire Wallace et celui de rédactrice publicitaire au sein du service de publicité d'Eaton. Lorsqu'elle a compris que les débouchés pour les femmes dans le journalisme étaient sérieusement limités, Doris a décidé, en 1949, de se rendre en Europe pour tenter d'écrire des textes de fiction. Elle réussissait à vendre des nouvelles à Maclean's et à Chatelaine mais elle a découvert que la fiction n'était pas réellement ce qu'elle voulait faire pour gagner sa vie. Elle a tout de même écrit trois romans par la suite.

Doris Anderson est revenue au Canada en 1950. En 1951 est née une longue association avec Chatelaine, qui l'a engagée comme agent de publicité et de promotion. Son ardeur à l'ouvrage et sa détermination ont permis à Doris d'être promue aux postes de rédactrice adjointe et de rédactrice en chef. Enfin, en 1957, elle est devenue directrice de la rédaction, titre qu'elle a conservé jusqu'en 1977. En 1957, au moment de son mariage avec l'avocat David Anderson, déclare-t-elle dans son autobiographie Rebel Daughter, «ce que je désirais plus que tout était de pouvoir être autonome et faire en sorte que toutes les femmes du monde puissent, elles aussi, l'être» (traduction). Elle a conservé son emploi après son mariage et après la naissance de ses fils, Peter, Stephen et Mitchell.

En tant que directrice de la rédaction de Chatelaine, Doris Anderson était déterminée à donner à ses lectrices «de sérieux éléments de réflexion, quelque chose pour les secouer» (traduction). Elle a publié des articles sur la légalisation de l'avortement, les nourrissons maltraités, la désuétude des lois canadiennes sur le divorce et la sexualité féminine, outre des articles informatifs et pratiques rédigés spécialement à l'intention des femmes occupant un emploi. Un article rédactionnel soutenait la création d'une commission royale d'enquête sur la situation de la femme et d'autres articles examinaient des questions sociales comme le racisme et la situation critique des autochtones du Canada. Certaines lectrices ont exprimé l'avis que Doris Anderson transformait «un bon et sain magazine canadien en un torchon féministe» (traduction) (Rebel Daughter, p. 151). Cependant, le tirage, qui était de 480 000 exemplaires à l'entrée en fonction de Doris comme directrice de la rédaction, a atteint 1,8 million d'exemplaires à la fin des années 1960. Le contenu de Chatelaine, pendant cette période, a mis la revue à l'avant-garde de la deuxième vague de féminisme en Amérique du Nord.

Après une défaite aux élections partielles de 1978, alors qu'elle tentait d'obtenir un siège à la Chambre des communes, Doris Anderson a accepté, en 1979, une nomination du gouvernement libéral comme présidente du Conseil consultatif canadien sur la situation de la femme (CCCSF). Son mandat coïncidait avec la campagne appuyant l'introduction des droits de la femme dans la Constitution canadienne et la Charte canadienne des droits et libertés. En février 1981, l'ingérence du gouvernement a entraîné l'annulation de la Conférence nationale du CCCSF sur les femmes et la réforme constitutionnelle. Doris Anderson a alors démissionné de son poste de présidente, action qui s'est avérée être le catalyseur d'une vaste campagne de lobbyisme et de la tenue, à Ottawa, d'une conférence spéciale à laquelle ont assisté quelque 1 300 femmes. En avril 1981, l'article 28 ajouté à la Charte déclarait qu'«Indépendamment des autres dispositions de la présente charte, les droits et libertés qui y sont mentionnés sont garantis également aux personnes des deux sexes».

Doris Anderson a eu une carrière productive et bien remplie pendant les années 80 et 90. De 1982 à 1984, elle a été présidente du Comité national consultatif sur les questions concernant les femmes. Elle a présenté une chronique dans le Toronto Star de 1982 à 1992. Elle a été chancelier de l'Université de l'Île-du-Prince-Édouard de 1992 à 1996. Elle a été présidente de l'Ontario Press Council en 1998. Au nombre des nombreux prix et récompenses qui lui ont été décernés, citons un doctorat honorifique en droit de l'Université de l'Alberta en 1973; le titre d'Officier de l'Ordre du Canada en 1975; le YWCA Woman of Distinction Award en 1982; le Prix du Gouverneur général en commémoration de l'affaire «personne» en 1991; un doctorat honorifique en droit de l'Université de Waterloo en 1992 et un doctorat honorifique en droit de l'Université Simon Fraser en 1997.

À l'examen de la vie de Doris Anderson, les Canadiennes ne peuvent qu'être heureuses qu'elle ait effectivement été une «fille rebelle» qui a travaillé d'arrache-pied à l'avancement de la situation de toutes les femmes.

Ressources

Anderson, Doris. — Affairs of state. — Toronto : Doubleday Canada Ltd., 1988. — 248 p.

Anderson, Doris. — Rebel daughter : an autobiography. — Toronto : Key Porter Books, c1996. — 288 p.

Anderson, Doris. — Two women. — Toronto : Macmillan of Canada, c1978. — 243 p.

Anderson, Doris. — The unfinished revolution : the status of women in twelve countries. — Toronto : Doubleday Canada Ltd., c1991. — 311 p.

Korinek, Valerie Joyce. — Roughing it in suburbia [microform] : reading Chatelaine magazine, 1950-1969. — Ottawa : National Library of Canada, [1998]. — 6 microfiches. — (Canadian theses on microfiche ; no. 27792). — Ph.D. thesis, University of Toronto, 1996.

Korinek, Valerie J.  -  Roughing it in the suburbs : reading Chatelaine magazine in the fifties and sixties.  -  Toronto : University of Toronto Press, c2000.  -  460 p.

Martin, Sandra. « Doris Anderson, Journalist and Political Activist 1921-2007. » Globe and Mail. (3 mars 2007), p. S9

Rawlinson, H. Graham ; Granatstein, J.L. — «Doris Anderson». — The Canadian 100 : the 100 most influential Canadians of the twentieth century. — Toronto : Little, Brown and Company (Canada), c1997. — P. 72-75

Rex, Kathleen. — «Can Doris Anderson shake up Ottawa». — Globe and mail. — (12 avril 1979) — P. 15

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