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ARCHIVÉE - Femmes à l‘honneur: Leurs réalisations

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Thèmes - Militantisme

Elizabeth Bagshaw

Photo de Elizabeth Bagshaw

(1881-1982)

Directrice médicale de la première clinique de contrôle des naissances au Canada

Source


Elizabeth Catherine Bagshaw, née au mois d'octobre 1881 sur une ferme de la douzième concession du canton de Mariposa, comté de Victoria en Ontario, était la plus jeune d'une famille de quatre filles. Elle était une jeune fille entreprenante dotée d'une mémoire remarquable, ce qui devait lui servir plus tard dans la vie. À l'âge de dix ans, elle assistait à des rencontres politiques en compagnie de son père, d'allégeance libérale. Elle s'est elle-même rapprochée du parti conservateur auquel elle est demeurée fidèle tout au long de sa vie. À l'âge de 16 ans, alors qu'elle étudiait au Lindsay Collegiate, elle a été attirée par la médecine. Sa mère était en désaccord avec le projet de sa fille de se lancer en médecine, mais son père s'est montré d'un grand soutien. Par malheur, un an avant sa graduation, il est tombé d'une échelle dans la grange, se blessant grièvement au cou. Il est décédé trois jours plus tard.

En septembre 1901, Elizabeth s'est inscrite au Women's Medical College de Toronto. Anciennement connu sous le nom d'Ontario Medical College for Women, cette institution venait d'ouvrir ses portes, le 1er octobre 1883, pour former des femmes à la profession médicale. Le collège n'ayant pas le droit de décerner des diplômes, Elizabeth s'est également inscrite, en tant qu'étudiante à temps partiel, à l'Université de Toronto, afin de pouvoir obtenir un diplôme de cette université. Certains cours étaient mixtes, tandis que d'autres, par exemple l'obstétrique et l'anatomie, appliquaient la ségrégation des femmes.

Elizabeth avait passé ses mois d'été à donner un coup de main sur la ferme. Après la mort de son père, elle a brièvement essayé de gérer la ferme pendant l'été de 1904, mais elle s'est heurtée à la réticence des travailleurs embauchés à recevoir ses ordres, faisant face à plus de sexisme encore qu'elle n'en avait connu à l'école de médecine. Elle s'est donc résolue à les congédier tous, à vendre la ferme, l'équipement et le bétail, et à déménager sa famille à Toronto, où elle a terminé sa quatrième année de médecine. Elle a reçu son diplôme en 1905 mais n'a pas pu pratiquer la médecine avant d'avoir réussi l'examen requis et reçu la licence de l'Ordre des médecins et des physiciens de l'Ontario l'autorisant à pratiquer.

À l'époque, bien peu d'internats en milieu hospitalier au Canada acceptaient les femmes. Bien qu'elle était prête à aller à Detroit, elle a abandonné cette idée car sa mère lui a fait comprendre qu'elle ne voulait à aucun prix rester seule. Elle a donc dû opter pour l'unique autre solution, le préceptorat. Elle s'est jointe au Dre Emma Leila Skinner, dont la pratique était surtout spécialisée dans le domaine de la maternité. Elle n'a pas reçu de salaire pour son année de travail car l'internat ne comporte pas de rémunération.

Au cours de l'été 1906, Dre Bagshaw s'est rendue à Hamilton pour remplacer le Dre Mabel Henderson, qui prenait des vacances. Ayant beaucoup aimé cette ville, elle a décidé de s'y installer. L'obstétrique était le principal intérêt du début de sa carrière et l'est demeuré pendant de nombreuses années. Elle s'est associée à l'Hamilton Medical Society et a eu droit aux privilèges du personnel médical à l'Hamilton General Hospital ainsi qu'à la St. Joseph's Hospital. On l'a également désignée pour exercer la médecine à la clinique externe de la peau du General Hospital, ou elle a traité des allergies et des cas de dermatologie. Bien que ce domaine ne soit pas au centre de ses propres intérêts, elle a pratiqué à cet hôpital, sans rémunération, pendant plus de dix ans.

En 1921, alors qu'Elizabeth célébrait son 40e anniversaire de naissance, plusieurs personnes chères étaient déjà décédées: sa mère et les deux hommes de sa vie (Lou Honey et Jimmy Dickinson). Dre Bagshaw n'avait plus qu'a adopter la vie d'une femme de carrière. Les années 1920 ont été extrêmement occupées puisque, pendant trois années consécutives, elle a apposé sa signature à plus de certificats de naissance que tout autre médecin d'Hamilton. Fait notable, la plupart de ces naissances avaient eu lieu à la maison.

De 1932 à 1966, Dre Bagshaw a passé ses après-midi du vendredi en qualité de directrice médicale de la première clinique de contrôle des naissances du Canada, qui était illégale. On y diffusait de l'information et on y distribuait des diaphragmes, des gels anticonceptionnels et des condoms. Au début de sa carrière, elle n'aurait jamais milité pour le contrôle des naissances, mais après la Dépression, ce n'était plus le cas. «Il n'y avait pas d'aide sociale et d'assurance-chômage et ces gens étaient affamés parce qu'ils étaient sans travail. Le fait de continuer à donner naissance à des enfants était nuisible au pays. Ils ne pouvaient se permettre d'avoir des enfants s'ils ne pouvaient se nourrir! Les familles venaient donc à la clinique et nous leur donnions de l'information.» Elle s'acquitta de cette tâche avec courage en dépit de l'opposition de ses collègues et du clergé local. Elle recevait toutes les femmes en quête de renseignements sur la contraception. On a légalisé la clinique en 1969 et depuis, celle-ci est subventionnée par le gouvernement.

En 1926, à l'âge de 45 ans, Elizabeth a adopté un fils d'une façon peu ordinaire. Au lieu de s'adresser à la Société d'aide à l'enfance, où elle s'attendait à essuyer un refus en tant que femme célibataire, elle a demandé à son avocat de se charger des documents d'adoption. L'enfant de sept mois, John, a permis au Dre Bagshaw de créer le milieu familial qu'elle souhaitait. L'enfant a grandi, il a étudié la médecine et, à partir de 1954, mère et fils ont tous deux pratiqué la médecine dans des bureaux différents situés dans le même immeuble.

Le 11 avril 1973, on décernait au Dre Elizabeth Bagshaw l'Ordre du Canada en reconnaissance de 30 années consacrées à la pratique de la médecine dans la ville de Hamilton. On lui a aussi décerné plusieurs autres décorations : elle est devenue membre à vie de l'Ontario Medical Association en 1954, membre principal de l'Association médicale canadienne en 1969 et Citoyenne de l'année de Hamilton en 1970. L'Elizabeth Bagshaw Elementary School à Hamilton a été nommée en son honneur en 1971. On a affiché son portrait au musée permanent de la planification familiale établi par l'Ortho Pharmaceutical (Canada) à Toronto. Elle a reçu un LL.D. (hon.) de l'Université McMaster en 1974. Elle est devenue membre à vie du Collège des médecins de famille du Canada en 1976. Le chapitre Bagshaw de l'Ordre impérial des filles de l'Empire (IODE) a été nommé en son honneur. Elle a reçu le Prix de l'affaire «personne» en 1979. Enfin, on a établi, à l'Hamilton Academy of Medicine, un poste d'assistant invité en son nom en 1981.

En 1976, Dre Elizabeth Bagshaw, âgée de 95 ans, a décidé qu'il était temps de prendre sa retraite. Elle a fermé son cabinet, qui fournissait encore des services à quelques 50 patients. À sa retraite, elle était la plus âgée des médecins du Canada, au sein desquels elle s'est démarquée par son esprit véritablement humanitaire. L'Office national du film du Canada a réalisé un film sur sa vie, qui a été présenté lors d'une fête organisée à l'occasion de son 99e anniversaire. Elle est décédée le 5 janvier 1982, à l'âge de 100 ans.

Ressources

«Dr. E. Bagshaw founded birth control clinic». — Toronto star. — (7 janvier 1982). — P. A22

«Dr. Elizabeth Bagshaw. Role in birth-control clinic aroused ire in 1932». — Globe and mail. — (7 janvier 1982). — P. 20

Dunlop, Marilyn. — «Pioneer MD won fight for birth control». — Toronto star. — (8 janvier 1982). — P. C4

Hellstedt, Leone McGregor. — «Elizabeth Catherine Bagshaw». — Women physicians of the world: autobiographies of medical pioneers. — Washington : Hemisphere Publishing Corporation, c1978. — P. 8-9

Interview avec Dre Elizabeth Bagshaw lors d'une émission documentaire télévisée sur la contraception de la Canadian Broadcasting Corporation. — Man alive. — 18 septembre 1977. — Conservé aux Archives nationales du Canada. — Pièce numéro 216640.

Office national du film du Canada. — Doctor woman : the life and times of Dr. Elizabeth Bagshaw [vidéo]. — Montréal : ONF, c1978. — 1 vidéocassette, 29 min. — Également disponible sous forme d'une compilation de l'Office national du film de 1985 intitulée Framed in Time.

«Pioneer woman doctor dies at 100». — Vancouver sun. — (6 janvier 1982). — P. A11

Rooney, Frances. — «Elizabeth Bagshaw, M.D., an interview». — Makara. — Vol. 2, no 3 (mai 1977). — P. 27-30

Wild, Marjorie. — Elizabeth Bagshaw. — Markham, Ont. : Fitzhenry & Whiteside, c1984. — 63 p. — (The Canadians).

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