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ARCHIVÉE - Femmes à l‘honneur: Leurs réalisations

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Thèmes - Militantisme

Emily Ferguson Murphy

Photo de Emily Ferguson Murphy

(1868-1933)

Militante, auteure

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Née en 1868, à Cookstown en Ontario, Emily Ferguson Murphy était la troisième des six enfants d'Isaac Ferguson, un riche propriétaire et homme d'affaires. Son grand-père maternel, Ogle R. Gowan, était propriétaire d'un journal et un politicien. Il avait fondé le chapitre local de l'Ordre d'Orange, en 1830. La jeune Emily a grandi dans une maisonnée où, en guise de conversation au dîner, on débattait avec animation des questions de loi et des événements politiques. Parmi ses oncles se comptait un juge de la Cour suprême et un sénateur. L'un de ses frères devait devenir avocat tandis qu'un autre est devenu membre de la Cour suprême. La jeune Emily a été envoyée à la Bishop Strachan School, une école privée anglicane à Toronto. C'est là que, par le biais d'une de ses amies, elle a rencontré Arthur Murphy, un étudiant en théologie de plusieurs années son aîné.

En 1887, Emily Ferguson a épousé Arthur Murphy, devenu un ministre anglican, et ils se sont installés dans l'Ouest canadien. Emily Murphy avait un tempérament de chef et un intérêt certain pour la protection des femmes et des enfants. Elle avait été témoin de la mésaventure d'une femme de l'Alberta qui, après des années de durs labeurs sur la ferme familiale, s'était retrouvée dénuée de tout lorsque son mari avait décidé de vendre la ferme. Cette expérience l'a poussée à étudier les implications légales d'une telle injustice. Plusieurs femmes de milieu rural ont vivement soutenu et encouragé son travail sur les droits des femmes et après plusieurs déconvenues, elle a réussi à faire pression sur le gouvernement de l'Alberta pour qu'il adopte, en 1911, la loi Dower. Cette loi donnait aux épouses le droit au tiers de la propriété de leur mari.

Emily Ferguson Murphy a activement travaillé à l'organisation de groupes de femmes : elle a fondé la Federated Women's Institute à l'intention des femmes vivant en milieu rural et plus tard, elle est devenue membre de l'Equal Franchise League, où elle a travaillé avec la militante Nellie McClung pour obtenir le droit de vote pour les femmes.

La détermination d'Emily Murphy à protéger les femmes et les enfants l'a souvent entraînée devant les tribunaux, ce qui était inhabituel pour une femme au début du XXe siècle. En dépit du mépris et des sarcasmes qu'elle suscitait de la part des hommes, elle a été nommée magistrat de police dans la ville d'Edmonton en 1916, devenant ainsi la première femme magistrat de l'Empire britannique. À la cour, elle prenait souvent conscience des effets néfastes de la drogue et des stupéfiants, ce qui l'a incitée à rédiger de volumineux articles sur le sujet afin de promouvoir de nouvelles lois. Ces articles ont été publiés en 1922 sous le titre The Black Candle, sous son nom de plume, Janey Canuck. Ses écrits ont entraîné l'adoption de lois sur les stupéfiants qui sont demeurées en vigueur, sans modification, jusque dans les années 1960.

Dans son livre, The Black Candle, ainsi qu'à travers plusieurs de ses écrits, Emily Murphy a exprimé des opinions très stéréotypées et remplies de préjugés à propos de diverses races et groupes ethniques. Comme beaucoup d'anglo-protestants vivants à cette époque, Emily Murphy croyait que les problèmes sociaux de son temps tels le pauvreté, la prostitution, l'alcoolisme et la narcomanie, étaient liés à l'arrivée d'immigrants dans l'ouest canadien. Ses opinions nous informent sur certains aspects de ses activités destinées à la réforme des moeurs et des lois.

Emily Ferguson Murphy faisait partie du groupe, maintenant connu sous le nom des « Célèbres cinq » (Irene Parlby, Louise McKinney, Nellie McClung, Henrietta Muir Edwards et Emily Ferguson Murphy), qui a porté devant le Conseil privé d'Angleterre l'affaire « personne », le 18 octobre 1929. La décision du Conseil énonçait que les femmes étaient des personnes aptes à devenir membre du Sénat du Canada. À sa mort, en 1933, Emily Murphy était toujours impliquée dans le militantisme social et la recherche.

Ressources

James, Donna. — Emily Murphy. — Don Mills : Fitzhenry & Whiteside, c1977. — 63 p.

Karamitsanis, Aphrodite. — Emily Murphy : portrait of a social reformer [microform]. — Ottawa : National Library of Canada, 1992. — 2 microfiches. — (Canadian theses on microfiche ; no. 70075). — M.A. thesis, University of Alberta, 1991.

Legault, Suzanne. ; Silver, Marie-France. — «Emily Murphy : 1868-1933». — Vierges folles, vierges sages : kaléidoscope de femmes canadiennes dans l'univers du légendaire. — Saint-Boniface, Man. : Éditions des Plaines, c1995. — P. 123-127

Mander, Christine. — Emily Murphy : rebel : first female magistrate in the British Empire. — Toronto : Simon & Pierre, c1985. — 150 p.

Murphy, Emily F. — The black candle. — Toronto : Thomas Allen, 1922. — 405 p.

Murphy, Emily F. — Janey Canuck in the West. — 4th ed. — Toronto : Cassell, 1910. — 305 p.

Murphy, Emily F. — Seeds of pine. — Toronto : Musson, c1922. — 301 p.

Sanders, Byrne Hope. — Emily Murphy, crusader : "Janey Canuck". — Toronto : Macmillan, 1945. — 355 p.

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