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ARCHIVÉE - Femmes à l‘honneur: Leurs réalisations

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Thèmes - Militantisme

Madeleine Parent

Photograph of Madeleine Parent

(1918- )

Syndicaliste, réformatrice

Source


Madeleine Parent est née à Montréal en 1918. Au couvent Villa-Maria, où elle est pensionnaire, elle ne peut s'empêcher de remarquer l'écart énorme qui existe entre le traitement que l'on réserve aux filles engagées comme servantes et celui que l'on accorde aux pensionnaires comme elle. Elle dira plus tard: « Je ne pouvais tout de même pas accepter cela ». La jeune fille se préparait déjà au combat de sa vie: lutter contre l'injustice sociale.

C'est à l'Université McGill, où elle étudie en sociologie, que débute sa vie de militante. À cette époque, les classes sociales se divisent entre les « Fraternities » et les « Sororities », c'est-à-dire entre les fils et filles de familles privilégiées et les « autres ». Madeleine Parent s'implique et milite au sein de la « Canadian Students Assembly » afin de permettre aux enfants de familles défavorisées d'obtenir des bourses d'étude.

Une fois ses études terminées, la lutte pour améliorer les conditions de vie des travailleurs et surtout des travailleuses sera au centre de sa vie. L'outil principal de son action, dans ce contexte, sera le syndicalisme.

En 1942, elle se retrouve à la tête du mouvement de syndicalisation des usines de la Dominium Textile, à Valleyfield et à Montréal. Quelques années plus tard, la grève éclate et des familles entières s'engagent dans le mouvement de revendication. Madeleine Parent aura alors l'occasion, à maintes reprises, de démontrer son courage, son leadership et sa détermination. Elle fait face à des ennemis de taille et doit constamment se battre, parfois contre les syndicats eux-mêmes. En effet, l'industrie du textile emploie surtout des femmes et les unions internationales ne semblent pas toujours en faveur de la syndicalisation de ces « groupes désorganisés ». Ses pires adversaires resteront cependant le clergé et le gouvernement. Elle devient l'ennemie jurée de Maurice Duplessis, qui l'accuse publiquement d'être une communiste. Au cours des années qui suivent, les menaces à son endroit ne cesseront d'augmenter: elle sera mise sous arrêt cinq fois. Duplessis réussira même à la faire condamner, en 1948, pour conspiration séditieuse.

Dans toutes ces luttes, Madeleine Parent et les grévistes tiennent bon. Ils auront gain de cause en 1946 alors que plus de 6 000 ouvriers du coton se syndicalisent.

En 1952 cependant, les ouvriers québécois sont trahis par leur union internationale qui signe, avec la compagnie Dominion Textile, un accord qui n'est que le reflet des exigences de Duplessis. Devant cette trahison, la nécessité de mettre sur pied des syndicats locaux devient évidente. Madeleine Parent figure parmi les membres fondateurs du Conseil des syndicats canadiens, voué au rapatriement au pays des syndicats d'allégeance américaine. La détermination et la patience portent fruit: alors qu'en 1968, 70% des syndiqués au Canada cotisaient aux syndicats américains, en 1998, ces derniers ne représentent plus que 30% des syndiqués canadiens.

Madeleine Parent prend sa retraite du mouvement syndical en 1983. Elle n'abandonnera pas pour autant les combats qui l'ont toujours animée et elle poursuit son engagement, particulièrement auprès des femmes. Elle a été membre fondatrice du Comité canadien d'action sur le statut de la femme, où elle a représenté le Québec pendant huit ans. Elle participe activement à divers comités et à plusieurs activités comme, par exemple, les comités de défense des droits des femmes autochtones ou encore la Marche des femmes contre la pauvreté, organisée par la Fédération des femmes du Québec en 1995. Encore aujourd'hui, sans relâche, Madeleine Parent poursuit son rêve de justice sociale.

Ressources

Breault, Normand. — « Madeleine Parent: Toujours dans l'action! ». — Relations. — No 639 (avril 1998). — P. 73-78

Graveline, Pierre. — « Développer nos solidarités; Rencontre avec Madeleine Parent ». Mouvements. — (automne 1984). — P. 4-8

«Interview with Madeleine Parent». — Studies in political economy. — No 30 (automne 1989). --P.13-36

Kuyek, Joan Newman. — Femmes fortes, syndicats forts. — Toronto : Publié conjointement par le Participatory Research Group et le Syndicat de l'emploi et de l'immigration du Canada, 1985. --P.19-36. — Aussi publié en anglais sous le titre: Strong women, strong unions.

Lacelle, Nicole. — Entretiens avec Nicole Lacelle / Madeleine Parent, Léa Roback. — Montréal : Éditions du remue-ménage, c1988. — 181 p.

Wallace, R. C. — The university and democracy : a reprint of four addresses. — Montréal : Distribué par le Canadian Student Assembly, 1939. — 24 p.

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