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ARCHIVÉE - Femmes à l‘honneur: Leurs réalisations

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Thèmes - Militantisme

Léa Roback

Photo de Léa Roback

(1903-2000)

Organisatrice syndicale, militante

Source


Léa Roback est une personne directe et pleine d'entrain qui a consacré sa vie au militantisme. Elle attribue cet engagement de toute une vie à la conviction profonde, héritée de sa famille, que face à l'injustice, on se doit d'agir. Née à Montréal en 1903, Léa Roback est la deuxième d'une famille d'immigrants juifs polonais comprenant neuf enfants. Elle a passé son enfance à Beauport (près de Québec), au magasin général que possédaient ses parents. D'un esprit indépendant depuis son tout jeune âge, Mme Roback se souvient avoir rejeté les aspirations traditionnelles des filles de son âge. Elle rêvait plutôt de voyages et d'études.

Alors qu’elle était dans la vingtaine, Mme Roback a habité à New York, en France et en Allemagne. Elle a vécu en Allemagne à la même époque où son frère y étudiait la médecine. Elle a travaillé pour subvenir à ses propres besoins tout en étudiant la littérature, l'histoire et l'art. C'est à Berlin qu'elle a été, pour la première fois, en contact avec le Parti communiste. Elle a participé aux efforts du Parti pour contrer la vague déferlante du nazisme. En 1932, elle retourne à Montréal pour débuter une longue carrière de militantisme en se joignant à nouveau au Parti communiste. Elle y organise un groupe d'études marxiste et, en 1935, elle tient la première librairie marxiste de Montréal où elle doit subir le harcèlement constant de la police. En 1935, Mme Roback coordonne également la première campagne électorale de Fred Rose, qui deviendra en 1943 le premier député communiste de la Chambre des communes. Un an plus tard, elle se joint à Thérèse Casgrain dans la lutte pour l'obtention du droit de vote des femmes au Québec.

Léa Roback a amorcé sa longue association avec le mouvement ouvrier en 1936 lorsqu'elle a été embauchée par l'Union internationale des ouvriers du vêtement pour dames. Elle était consternée par les conditions de travail dans l'industrie du vêtement où le travail à la pièce, la semaine de 60 heures ainsi que les maigres salaires étaient la norme pour les ouvriers, dont la grande majorité étaient des femmes. En 1937, elle a participé à l'organisation de la grève de 5 000 ouvriers de l'industrie du vêtement qui a été, au Québec, une des premières batailles syndicales pour l'amélioration des conditions de travail des femmes. En 1941, Léa Roback a occupé un emploi sur une chaîne de montage d'une usine de fabrication de munitions appartenant à RCA Victor et, en 1943, elle a participé à l'obtention, pour plus de 4 000 travailleurs, dont la moitié étaient des femmes, du premier contrat syndical. Madeleine Parent, une organisatrice syndicale bien en vue, a dit que Léa Roback plus que quiconque avait influencé son choix de carrière. Pendant ces années de militantisme syndical, Mme Roback a aussi travaillé avec acharnement au sein de sa communauté à l'amélioration des conditions de vie des familles et des femmes.

Au début des années 1960, lorsque Thérèse Casgrain a fondé la filiale québécoise de la Voix des femmes, un mouvement consacré à la paix mondiale, Mme Roback en est devenue membre. Durant les quatre décennies suivantes, elle a continué à participer activement aux causes concernant les femmes et la justice sociale. Dans un documentaire à propos d’elle, préparé par Sophie Bissonnette en 1991, et qui s'intitule Des Lumières dans la grande Noirceur (A Vision in the Darkness), Léa Roback dit : «Il n'y a rien que j'aime plus que de me poster au coin d'une rue pour distribuer des tracts, parce que c'est comme ça qu'on arrive à comprendre les gens».

En 1985, Mme Roback est devenue membre honoraire de l'Institut canadien de recherche sur les femmes en remerciement des combats qu'elle a menés pour les droits des travailleurs, les droits des femmes, les droits de la personne et pour la paix. En 1993, à l'occasion de son 90e anniversaire, ses amis ont créé la fondation Léa Roback «pour promouvoir l'éducation comme moyen de réalisation et d'émancipation personnelle et collective, ainsi que pour promouvoir l'accès à l'éducation pour tous et en particulier pour les femmes».

Ressources

Anonsen, Frances. — "Léa Roback, plus de cinquante ans de militantisme". — Canadian woman studies = Les cahiers de la femme. — Vol. 7, no. 3 (automne 1986). — P. 105

Bénesty-Sroka, Ghila. — "Entrevue avec Léa Roback : une femme engagée". — Canadian woman studies = Les cahiers de la femme. — Vol. 16, no. 4 (automne 1996). — P. 81-85

Leboeuf, Lucie. — "Léa Roback ou comment l'organisation syndicale est indissociable de la vie de quartier". — Dossiers "Vie ouvrière". — Vol. 28, no. 128 (octobre 1978). — P. 461-470

Des lumières dans la grande noirceur [video] . — Réalisation, Sophie Bissonnette. — Montréal : Productions Contre-Jour, 1992, p. 1991. — 1 vidéocassette, 90 min., ½ pon. — Col. — Titre en anglais: A vision of darkness

Parent, Madeleine ; Roback, Léa ; Lacelle, Nicole. — Entretiens avec Nicole Lacelle. — Montréal : Éditions du remue-ménage, 1988. — P. 115-181

Pedneault, Hélène. — "Entrevue avec Léa Roback : propos d'une bataillleuse". — La vie en rose. — No. 10 (mars 1983). — P. 50-52

Weisbord, Merrily. — Le rêve d’une génération : les communistes canadiens, les procès d’espionage et la guerre froide. — Montréal : VLB, 1988. — 398 p. — Publié aussi en anglais sous le titre: The strangest dream : Canadian communists, the spy trials, and the Cold War. — 2nd ed. — Montreal : Véhicule, 1994. — 269 p.

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