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ARCHIVÉE - Femmes à l‘honneur: Leurs réalisations

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Thèmes - Beaux-arts

Kenojuak Ashevak

Photo de Kenojuak Ashevak

(1927- )
Sculpteure, dessinatrice

Kenojuak Ashevak
Source

Lithographie de Kenojuak Ashevak intitulée THE WORLD AROUND ME

The World Around Me
Lithographie

The World Around Me
de Kenojuak Ashevak
Source


Compagnon de l'Ordre du Canada, lauréate du prix de la Fondation nationale des réalisations autochtones pour l'œuvre de toute une vie, membre de l'Académie royale (des arts) du Canada et récemment intronisée dans la Marche de la renommée du Canada, Kenojuak Ashevak est probablement la personnalité la plus célèbre de l'art contemporain inuit. Née dans un igloo en 1927, l'artiste a vécu dans deux mondes très différents : la culture traditionnelle inuite et, de plus en plus, la culture occidentale du vingtième siècle.

Kenojuak a grandi en voyageant d'un camp de chasse à l'autre sur l'île de Baffin et dans la région de Nunavik, dans le Nord québécois. Pour pouvoir survivre au pays, les Inuits ont dû développer beaucoup d'habiletés : fabriquer leurs propres armes et vêtements, construire des « qarmaqs » (huttes de terre) et des igloos, chasser, pêcher, piéger et décorer les objets usuels de tous les jours. Dès son plus jeune âge, sous la houlette de sa grand-mère, Kenojuak a dû apprendre à concevoir et à fabriquer des produits artisanaux, à faire des coutures imperméables à l'eau avec des tendons de caribou et à réparer des peaux destinées à la Compagnie de la Baie d'Hudson. Ces habiletés manuelles se sont plus tard révélées utiles dans sa carrière d'artiste. Cependant, la vie de Kenojuak a été mise en suspens, au début de la vingtaine, lorsqu'elle a contracté la tuberculose et qu'elle a dû se faire soigner, pendant trois ans, dans un hôpital de Québec.

Vers la fin des années 1950, Kenojuak et son mari, Johnniebo, rencontrent James Houston, alors administrateur fédéral. Houston encourageait les Inuits de la région de Cape Dorset à faire des sculptures en pierre de savon et, plus tard, des gravures et des dessins pour vendre dans les villes du Sud canadien et à l'étranger. Comme leur camp n'est pas très éloigné de Cape Dorset, Johnniebo et Kenojuak y vont régulièrement pour s'approvisionner. Ils commencent à s'intéresser aux projets mis sur pied par Houston et sa femme Alma, puis à y participer.

Au cours de cette période, Kenojuak expérimente une grande variété de matériaux et de techniques. Elle fait des sculptures en pierre et des « kamiks » (bottes), des appliques murales en peau de phoque et des sacs ornés de découpes et brodés de perles. Elle continue à travailler avec ces matériaux tout au long de sa carrière. Kenojuak reçoit beaucoup d'éloges pour son travail; Kenojuak et Johnniebo accueillent cette deuxième source de revenus comme une assurance contre les mauvaises chasses.

Les Houston demandent à Kenojuak de créer des appliqués en peau de phoque, ce qui devient la base de son style artistique. Leurs formes simples et leurs contours foncés conviennent particulièrement bien aux estampes que réalise la West Baffin Eskimo Co-operative, nouvelle entreprise qui comprend un atelier de gravure très actif. Les Houston encouragent également Kenojuak à essayer de dessiner à la main en s'aidant de deux outils qu'elle ne connaît pas — le crayon et le papier. Dans le film Eskimo Artist : Kenojuak, réalisé par l'Office national du film du Canada en 1962, Kenojuak commente sa découverte du papier en parlant d'un morceau de papier venu du monde extérieur qui est aussi fin que la coquille d'un œuf d'oiseau.

Dans ses premiers essais, Kenojuak dessine habituellement des sujets bien connus provenant de ses appliqués en peau de phoque et principalement liés à la tradition — des personnages, des visages, des « qarmaqs » et des igloos, des chiens de traîneau et des traîneaux, des poissons et des oiseaux. Comme pour ses œuvres précédentes, les dessins de Kenojuak passent directement de la conception au produit fini. Elle pose simplement son crayon sur le papier et ne le soulève pas avant d'avoir terminé l'essentiel de son dessin. Elle fait rarement des croquis préliminaires.

Les dessins de Kenojuak comptent parmi les premiers dessins réalisés par une femme inuite à être transférés sur une plaque pour être imprimés. Il est intéressant de noter que, même si Kenojuak est surtout connue dans le monde pour ses gravures, elle ne les fait pas elle-même. Ses gravures sont plutôt exécutées par des graveurs sur pierre et des imprimeurs à partir de ses dessins. Kenojuak n'a, en fait, jamais été impliquée dans le processus de gravure proprement dit.

Au cours des quarante dernières années, Kenojuak a continué d'approfondir les œuvres d'art qui, par-dessus tout, satisfont ses propres idéaux esthétiques. Elle dit que ses dessins, ses gravures et ses sculptures sont des explorations de concepts, de formes et de couleurs, plutôt que des illustrations d'événements ou d'histoires. Avec le temps, elle a développé quelques sujets favoris — particulièrement les oiseaux, les poissons et les visages humains — et la plus grande partie de son œuvre, entre les années 1990 et aujourd'hui, inclut ces formes. Habituellement, l'élément constitutif de ses images est statique : une icône solitaire sans arrière-plan ni contexte d'aucune sorte. Elle est également connue pour créer des enchaînements débordants d'images reliées entre elles et de motifs aux structures compliquées faites de textures et de couleurs. Mais il ne faut pas rechercher une signification plus profonde dans l'interconnectivité des images, parce que seul l'effet global de l'image entière l'intéresse.

Bien qu'elle ait beaucoup voyagé pour participer à des expositions et qu'elle soit connue internationalement, Kenojuak insiste sur le fait qu'elle n'accorde pas plus d'importance à son art qu'à tout autre aspect de sa vie. Elle vit maintenant dans une maison dure, plutôt que dans un « qarmaq », mais ses souvenirs de la vie traditionnelle des Inuits sont forts et elle va encore pêcher régulièrement. Elle a plusieurs petits-enfants avec lesquels elle passe beaucoup de temps. Quand elle dessine, ses images intenses et puissantes continuent d'enchanter le reste du monde avec la beauté du Nord canadien et de ses habitants.

Kenojuak Ashevak est un Compagnon de l'Ordre du Canada, un membre de l'Académie royale des arts du Canada. Elle est aussi récipiendaire de deux doctorats honorifiques, ainsi que la lauréate du Prix du Gouverneur général en arts visuels et en arts médiatiques pour 2008.

Ressources

« Artist profile : Kenojuak Ashevak (Cape Dorset) ». — The world around me [en ligne]. — [Réf. du 3 mai 2002]. — Accès : http://epe.lac-bac.gc.ca/100/205/301/ic/cdc/world_around_me/world/default.htm

Blodgett, Jean. — Kenojuak. — Toronto : Firefly Books, ©1985. — 454 p.

Eskimo artist : Kenojuak [enregistrement vidéo]. — Producer, Tom Daly. — Montreal, Quebec : National Film Board of Canada, 1991. — 1 vidéocassette (VHS) (19 min, 49 s) : s.d. col.; ½ po

Leroux, Odette ; Jackson, Marion E. ; Freeman, Minnie Aodla, eds. — Femmes artistes inuit : échos de Cape Dorset.  — Vancouver : Douglas & McIntyre et Musée canadien des civilisations, 1994. — 253 p. — Publié aussi en anglais sous le titre : Inuit women artists : voices from Cape Dorset.

Seidelman, Harold. — The Inuit imagination : Arctic myth and sculpture. — Vancouver : Douglas & McIntyre, ©2001. — 224 p.

Walk, Ansgar. — Kenojuak : the life story of an Inuit artist. — Manotick, Ont. : Penumbra Press, 1999. — 248 p.

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