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ARCHIVÉE - Femmes à l‘honneur: Leurs réalisations

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Thèmes - Beaux-arts

Emily Carr

Photo d'Emily Carr à cheval

(1871-1945)
Peintre, écrivaine

Emily Carr
Source

Tableau d'Emily Carr intitulé ODDS AND ENDS Odds and Ends
Tableau

Odds and Ends d'Emily Carr
Source


« I think that one's art is a growth inside one. I do not think one can explain growth. It is silent and subtle. One does not keep digging up a plant to see how it grows. » [traduction libre : Je pense que l'art, chez quelqu'un, est une croissance interne. Je ne pense pas qu'on puisse expliquer la croissance. Elle est silencieuse et subtile. On ne déterre pas continuellement une plante pour voir comment elle croît.] (Carr, Hundreds and Thousands, p. 268)

Emily Carr a toujours célébré son indépendance et sa différence par rapport au monde qui l'entoure. Cela transpire dans toutes les facettes de sa vie, de son art et de son écriture. Dans son accoutrement habituel, un filet recouvrant ses cheveux et une blouse ample, elle avait un style de vie et un aspect qui lui ont valu la réputation d'une artiste solitaire et rebelle.

Carr a changé la manière dont les Canadiens voient la magnificence rude des paysages forestiers de la côte de la Colombie-Britannique. Bien que son art n'ait pas été reconnu à sa juste valeur au Canada jusqu'aux dernières années de sa vie, il reste un exemple classique de la splendeur et de l'originalité de l'art canadien.

Née en 1871, à Victoria, en Colombie-Britannique, de parents britanniques, Emily était la huitième de neuf enfants. Elle est encore jeune quand ses parents décèdent, laissant à sa sœur aînée Edith, qui était sévère, la charge d'élever la famille. Emily, qui avait commencé à suivre des leçons de dessin dès l'âge de huit ans, demande à son tuteur la permission d'aller étudier à l'école d'art de San Francisco, the Californian School of Design, et un soutien financier. Elle y reste trois ans. Elle étudie également à Londres de même que dans la campagne anglaise durant cinq ans, sous les directives de nombreux professeurs. Puis, après une brève période d'enseignement aux enfants et aux classes du Ladies Art Club de Vancouver, elle se rend en France pour y étudier avec Harry Gibb et Douglas Ferguson.

À son retour au Canada, après ses études en France, ses œuvres d'art ne sont pas bien accueillies. Elle est forcée de trouver des moyens autres que la peinture pour augmenter ses revenus. Entre 1914 et 1926, Emily loue des logements, vend des poules, des lapins, des fruits et des poteries et fait l'élevage de bobtails anglais. Sa vie peuplée de plusieurs espèces d'animaux, dont un singe appelé Woo, des chats, des rats, des oiseaux et bon nombre de chiens de races diverses, révèle bien les liens puissants qui l'unissent au monde animal.

Emily a un grand respect et une véritable fascination pour les Premières nations de la côte de la Colombie-Britannique. Au cours de sa visite à la réserve indienne d'Ucluelet sur l'île de Vancouver en 1898, les habitants de Nuu-Chah-Nulth lui ont donné le nom de « Klee Wyck », ce qui signifie « rieuse ». Elle a déjà déclaré que les Autochtones et leur art l'avaient touchée profondément (Carr, Les Maux de la croissance, p. 230). Ses œuvres reflètent son intérêt pour la culture des Premières nations, ainsi que pour les paysages forestiers et les ciels de la côte de la Colombie-Britannique.

Emily est profondément émue par le travail du Groupe des sept, qui se rapprochait du sien dans ses interprétations vivantes des paysages sauvages. En 1927, lors d'une exposition à Ottawa, elle rencontre Lawren Harris, artiste-peintre du Groupe, avec qui elle nouera une amitié qui durera toute sa vie. Emily Carr admire le travail de Lawren Harris et ce dernier l'encourage et lui donne confiance en elle tout au long de cette période de sa carrière de peintre. Bien qu'elle n'ait jamais été officiellement membre du Groupe des sept, Carr devient membre du Groupe des peintres canadiens — organisation de laquelle elle a participé à la fondation en 1932, après la dissolution du Groupe des sept. On apprécie davantage son travail dans les années suivant son adhésion à cette société d'artistes. Elle obtient sa première exposition solo à la Vancouver Art Gallery en 1938, à l'âge de 67 ans.

La carrière d'Emily comme écrivaine prend son essor assez tard dans la vie de l'artiste. Elle commence à écrire à l'âge de 70 ans. Hospitalisée après sa deuxième crise cardiaque, elle écrit pour passer le temps. Son premier livre, Klee Wyck, connaît un succès immédiat et gagne le prix littéraire du Gouverneur général en 1941. The Book of Small, son second roman, est désigné Livre canadien de l'année en 1942. Elle achève Growing Pains, son autobiographie qui a été très bien accueillie, juste avant sa mort.

Après de nombreuses années de problèmes cardiaques, Emily Carr s'éteint le 3 mars 1945 à St. Mary Priory, maison de repos de Victoria. Trois jours avant sa mort, elle est au comble de la joie en apprenant que l'University of British Columbia projetait de l'honorer du titre de docteur ès lettres lors de son assemblée de mai 1945. Les peintures et les écrits de Carr remplissent nombre de galeries et de bibliothèques à travers le Canada et elle sera toujours considérée comme l'une des artistes les plus douées du Canada.

Ressources

Braid, Kate. — Emily Carr  : rebel artist. — Montréal : XYZ Publishing, 2000. — 178 p. — (The quest library ; 6)

Carr, Emily. — Les maux de la croissance : autobiographie. — Saint-Laurent (Qué.) : Éditions Pierre Tisseyre, 1994. — 307 p. — Aussi publié en anglais sous le titre : Growing pains : the autobiography of Emily Carr.

____. Hundreds and thousands : the journals of Emily Carr. — Toronto : Clarke, Irwin, [c1966]. — 332 p.

Newlands, Anne. — Emily Carr : an introduction to her life and art. — Willowdale, Ont. : Firefly Books Ltd, 1996. — 64 p.

Shadbolt, Doris. — The art of Emily Carr. — Vancouver : Douglas & McIntyre, 1979. — 223 p.

Tippett, Maria. — Emily Carr, a biography. — Toronto : Oxford University Press, 1979. — 314 p. — Aussi publié en braille : Toronto : CNIB, 1985. — Enregistrement sonore : Toronto : CNIB, 1982.

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