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ARCHIVÉE - Femmes à l‘honneur: Leurs réalisations

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Thèmes - Beaux-arts

Gathie Falk

Photo de Gathie Falk dans son studio

(1928- )
Peintre, sculpteure, multiartiste

Gathie Falk dans son studio à Vancouver, en 1983
Source

Sculpture de Gathie Falk intitulée 30 GRAPEFRUIT

30 Grapefruit
Sculpture

30 Grapefruit de Gathie Falk
Source


Gathie Falk a dit, à propos des sujets de ses œuvres d'art : « this very ordinary thing will be made very special » [traduction libre : cette chose très ordinaire deviendra très spéciale] (Gathie Falk, Douglas & McIntyre, p. 48).

Elle prend pour sujets de ses œuvres des objets et des activités du quotidien : des fruits, des œufs, des chaussures d'hommes, des vêtements de femmes, des fleurs de jardin et la lecture d'un livre, par exemple. Comme le suggère Robin Laurence : « Gathie Falk understands that she can transform the simple subject through her art, make it more beautiful, more arresting, better » [traduction libre : Gathie Falk comprend qu'elle peut transformer un sujet ordinaire par son art, le rendre plus beau, plus frappant, meilleur] (Gathie Falk, Douglas & McIntyre, p. 48).

Gathie Falk voit le jour à Alexander, au Manitoba, en 1928. Ses parents, Agatha et Cornelius Falk, mennonites de langue allemande, émigrent au Canada afin d'échapper à la persécution qui sévissait en Russie. La mort de son père, en 1928, laisse la famille appauvrie et forcée de déménager fréquemment dans les diverses communautés mennonites du Manitoba, de la Saskatchewan et de l'Ontario. En dépit de la pauvreté de la famille, Gathie se rappelle la bonne nourriture, le quartier tout propre ainsi que la créativité et les ressources de sa mère dans la couture de vêtements sans patron et dans la décoration de son jardin avec des roches peintes.

La mère de Gathie se remarie quand Gathie a cinq ans, mais rompt ce mariage difficile après deux ans et s'installe à Winnipeg avec ses enfants. Dans cette ville, Gathie excelle à l'école publique et se découvre une passion pour les livres et la lecture. Elle s'inscrit à des leçons d'art à la Winnipeg Art Gallery, sur la recommandation d'un de ses enseignants. L'expérience est douloureuse pour elle et elle finit par abandonner ses leçons, sans toutefois arrêter de dessiner. Elle développe également un talent pour la musique, prenant des cours de chant et de théorie de la musique.

À seize ans, Gathie est contrainte d'arrêter l'école et les leçons de musique afin de travailler pour rembourser une dette de famille. Elle travaille à plein temps dans une usine d'emballage et fait sa 10e année par correspondance.

En 1946, Gathie et sa mère déménagent d'abord à Chilliwack puis à Vancouver où Gathie tient divers petits emplois pour subvenir à leurs besoins. En même temps, elle reprend ses cours de musique, fait ses 11e et 12e années par correspondance, épargne assez d'argent pour effectuer un dépôt initial sur une maison et continue toute seule à dessiner au pastel.

Au début des années 1950, Gathie traverse une crise; elle a atteint les limites de ses capacités musicales et se rend compte qu'elle ne peut faire carrière en musique. Sur la recommandation de sa mère et de son professeur de musique, Gathie s'inscrit à l'école normale, puis travaille comme institutrice dans une école primaire de 1953 à 1965. Pendant cette période, elle entreprend des études artistiques. Dans le cadre des cours d'été auxquels elle participe à l'University of British Columbia, elle étudie la peinture et le dessin avec J.A.S. Macdonald et l'histoire de l'art avec Ian McNairn. Gathie suit également des cours à la Vancouver School of Art et s'inscrit à des cours du soir dans les commissions scolaires et les centres communautaires locaux.

Robin Laurence précise que « Falk had a much longer apprenticeship than most artists and for a considerable time she felt unready to proceed on her own. But in 1962, at the age of thirty-four, she had an important revelation: 'I thought, I don't want to hear another person's opinion. I know what I want to do [ ... ] I don't need to be helped along' » [traduction libre : Falk a eu un apprentissage beaucoup plus long que la plupart des artistes et pendant très longtemps elle ne se sentait pas prête à se lancer toute seule. Mais en 1962, à trente-quatre ans, elle a une révélation importante : « J'ai pensé que je ne voulais plus entendre l'avis d'une autre personne. Je sais ce que je veux faire [ ... ] Je n'ai pas besoin d'aide. »] (Gathie Falk, Douglas & McIntyre, p. 26). Falk commence alors à présenter ses peintures dans des expositions de groupe et, en 1965, elle fait sa première exposition seule, au Canvas Shack de Vancouver. Elle quitte son travail d'enseignante pour se consacrer à son art et voyage dans toute l'Europe.

À la fin des années 1960, Falk passe de la peinture à la sculpture sur céramique. Elle avait étudié avec l'artiste céramiste Glenn Lewis à l'University of British Columbia. Son premier succès déterminant a été la composition Living Room, Environmental Sculpture and Prints (1968) (rebaptisée Home Environment) à la Douglas Gallery de Vancouver. Cette composition juxtapose des objets quotidiens incongrus tels que des poissons en céramique placés sur les bras d'un fauteuil, un poulet plumé dans une cage d'oiseau et un téléphone câblé sur un bidon d'essence. Des motifs tels que de la nourriture comme motif de papier peint et un repas préparé en céramique sont répétés pour convertir, comme l'indique Gathie Falk, « 'the stuff of blatantly bad taste' into 'a living space which might make the flesh crawl and at the same time be visually glorious' » [traduction libre : la matière d'un mauvais goût flagrant [en] espace vivant qui pourrait donner la chair de poule et en même temps être visuellement glorieux] (Gathie Falk, Musée des beaux-arts du Canada, p. 3-4).

La répétition et la forme architecturale sont la marque d'autres séries d'œuvres en céramique que Falk a créées vers la fin des années 1960 et le début des années 1970. Dans Fruit Piles, des monts en forme de pyramide composés de fruits brillants — des oranges, des pamplemousses et des pommes — sont formés sur des bases de plexiglas. Avec Single Right Men's Shoes, Falk montre divers modèles de chaussures d'hommes — des souliers en cuir verni, des souliers brogues et des bottes de couleurs vives — dans des boîtes à façade en verre de tons assortis.

En 1971, Falk reçoit la commande de deux panneaux muraux pour l'édifice du ministère des Affaires extérieures, à Ottawa. Ces œuvres, Veneration of the White Collar Worker # 1 et # 2, ont été installées en 1973. Falk produit aussi deux séries de 24 panneaux en céramique représentant des variations dans les plastrons de chemises d'hommes avec cravate. Dans sa description de cette œuvre, Robin Laurence mentionne que « even as the ordinary office workers are here venerated and monumentalized, however, it's possible to perceive a little nudge of satire on the conformity, the static hierarchies of bureaucracies. And for the persistently ghoulish, it's also possible to see the work as a kind of burial place, a vault, a tomb with rows and rows of commemorative plaques. » [traduction libre : même si les employés de bureau ordinaires sont ici vénérés et revêtus d'une grande importance, il est possible de percevoir une satire subtile du conformisme, des hiérarchies statiques des bureaucraties. Et les macabres irréductibles peuvent voir l'œuvre comme une sorte de cimetière, une voûte, un tombeau avec des rangées et des rangées de plaques commémoratives.] (Gathie Falk, Douglas & McIntyre, p. 45).

En 1968, Gathie Falk découvre l'art d'interprétation ou d'action grâce à la danseuse new-yorkaise Deborah Hay. On retrouve dans ses présentations les mêmes thèmes de base que dans ses sculptures, à savoir la répétition et le quotidien. Entre 1968 et 1972, Falk a créé quinze présentations, qu'elle a jouées jusqu'en 1977. Elle les a décrites comme suit :

From my perspective, to make a performance piece is to put together, or choreograph, or compose a work of art that has a beginning, an end and a middle, with preferably, but not necessarily, a climax or several climaxes. Sometimes a piece works in a linear way with one event following another (A Bird is Known by His Feathers Alone, 1972); sometimes choreography is worked out like a fugue in music, with one event beginning close upon the heels of another, and a third event intertwining with the first two.... The events or themes I like to use are, guess what, activities of ordinary everyday living: eating an egg, reading a book, washing clothes ... together with slightly more exotic events such as shining someone's shoes while he is walking backwards singing an operatic aria ...

[traduction libre : De mon point de vue, créer une présentation, c'est mettre sur pied, faire la chorégraphie ou composer une œuvre d'art qui a un commencement, une fin et un milieu, avec de préférence, mais pas nécessairement, un ou plusieurs apogées. Parfois une présentation fonctionne de manière linéaire, un événement après l'autre (A Bird is Known by His Feathers Alone, 1972); parfois la chorégraphie est construite comme une fugue dans la musique, un événement commençant sur les talons du précédent et un troisième événement s'entrelaçant avec les deux premiers. [...] Les événements ou les thèmes que j'aime exploiter sont, devinez quoi, les activités de la vie quotidienne ordinaire : manger un œuf, lire un livre, laver des vêtements [...] en même temps que des événements légèrement plus exotiques tels que polir les chaussures de quelqu'un tandis qu'il recule en chantant un air d'opéra ...]

(Falk, Artscanada, (mars/avril 1981), p. 12)

La première moitié des années 1970 est une période de peine et de stress dans la vie de Falk. En 1972, sa mère meurt après une longue maladie et, en 1975, son bref mariage à Dwight Swanson prend fin. Falk avait rencontré Swanson alors qu'il était en prison et avait accepté de l'épouser à sa libération en 1974. Cependant, les difficultés du mariage avec quelqu'un qui a passé une bonne partie de sa vie en prison se sont avérées trop grandes. Falk a noté que le stress de ces événements s'est reflété dans ses œuvres, en particulier dans Herds One et Herds Two (1975), dont elle a dit : « it is probable that my anxieties were reflected in those fleeing horses » [traduction libre : il est probable que j'ai reflété mes angoisses dans ces chevaux en fuite] (Falk, Gathie Falk Retrospective, p. 18).

En 1978, Falk revient à la peinture, son support d'origine. Elle crée plusieurs séries de tableaux, y compris Night Skies (1978-1979), qui se compose de 22 peintures à l'huile décrivant les variations subtiles et mouvantes de sa vision personnelle du ciel de nuit.

Cement Sidewalks (1983) a permis à Falk de documenter les détails de ses promenades dans le voisinage de Kitsilano, à Vancouver. Le ciment de ses trottoirs est riche en couleurs et en textures, de même que l'herbe des pelouses qui les bordent et les ombres qui tombent sur elles. Gathie a dit : « if you can't see your sidewalk clearly and with pleasure, you won't see the pyramids correctly and with pleasure » [traduction libre : Si vous ne pouvez pas voir votre trottoir clairement et avec plaisir, vous ne verrez pas les pyramides correctement et avec plaisir] (Gathie Falk, Paintings, 1978-1984, introduction, p. [3]).

Ses séries de 1987, Soft Chairs, combinent la peinture avec son intérêt pour la forme sculpturale. Falk unit la masse du grand canapé confortable à divers vêtements tels que des costumes et des robes.

En 1997, Falk revient à la sculpture, cette fois combinée avec des photographies, des sérigraphies et des peintures dans des compositions comme Traces (1998) et Portraits (2001). Les robes des femmes et les chemises des hommes, sculptées méticuleusement dans du papier mâché, suggèrent des formes humaines qui sont très personnelles et pourtant absentes, un thème qui se reproduit tout au long de la carrière de Falk.

Gathie Falk a été honorée pour son œuvre. Elle a reçu le quatrième prix annuel Gershon Iskowitz en 1990 pour « the extraordinary range of her work and the substantial contribution she has made to each of the diverse media she has worked in » [traduction libre : l'ampleur extraordinaire de son œuvre et la contribution substantielle qu'elle a apportée à chacun des supports avec lesquels elle a travaillé] (Perry, Vancouver Province, 21 février 1990, p. 56) et elle a été faite membre de l'Ordre du Canada en 1997.

Les œuvres de Gathie Falk ont été exposées en de nombreux endroits et sont disséminées dans plusieurs collections publiques dont celles de l'Art Gallery of Greater Victoria, en Colombie-Britannique, du Musée des beaux-arts de l'Ontario, de la Glenbow Art Gallery, à Calgary, en Alberta, de la McMichael Canadian Collection de Kleinburg, en Ontario, du Musée d'art contemporain de Montréal, au Québec, de la Vancouver Art Gallery, en Colombie-Britannique, et de la Winnipeg Art Gallery, au Manitoba.

Une exposition rétrospective de son art, organisée par la Vancouver Art Gallery et le Musée des beaux-arts du Canada, a récemment fait une tournée à l'Art Gallery of Nova Scotia, à la MacKenzie Art Gallery de Regina et au Musée des beaux-arts du Canada. À l'ouverture de l'exposition au Musée des beaux-arts, Gathie Falk, âgée maintenant de 74 ans, a affirmé : « I am not finished working. There is a good deal yet to come » [traduction libre : Je n'ai pas fini de travailler. Il y a encore beaucoup à venir] (Gessell, The Ottawa Citizen, 31 janvier 2002, p. E1). Les amoureux de l'art de Gathie Falk ne peuvent qu'attendre de découvrir ses orientations créatrices à venir.

Ressources

Falk, Gathie. — Gathie Falk. — Vancouver : Douglas & McIntyre, ©1989. — Vancouver Art Gallery, ©2000. — 162 p.

____. — Gathie Falk. — Ottawa : Musée des beaux-arts du Canada, ©2000. — [12] p.

____. — Gathie Falk : 1er février -5 mai 2002 [en ligne]. — Musée des beaux-arts du Canada. [Réf. du 10 juin 2002]. — Aussi disponible en anglais : Gathie Falk : February 1-May 5 2002.  — Accès : www.beaux-arts.ca/francais/554_993.htm

____. — Gathie Falk, paintings, 1978-1984. — [Victoria, C.B.] : Art Gallery of Greater Victoria, ©1985.  — [38] p.

____. — Gathie Falk retrospective. — Vancouver : The Gallery, 1985. — 79 p.

____. — « A short history of performance art as it influenced or failed to influence my work ».  — Artscanada. — (March/April 1981). — P. 12-14

« Gathie Falk : performance artist ». — Contemporary Canadian artists [en ligne]. — September 1998. — In CPI.Q. Toronto : Gale Canada, ©2000

« Gathie Falk works : volumes 1 and 2 ». — Capilano review. — Nos. 24 and 25 (1982). — 144 p.

Gessell, Paul. — « Veneration of the ordinary ». — The Ottawa citizen. — (January 31, 2002). — P. E1

Graham, Mayo. — Some Canadian women artists = Quelques artistes canadiennes. — Ottawa : Galerie nationale du Canada, ©1975. — P. [25]-40

Laurence, Robin. — « Clothes that paint the man : Gathie Falk's latest installation continues her fascination with the way clothing can convey a poignant sense of human identity » [en ligne]. —The globe and mail. — (December 13, 2001). — In CPI.Q.

Lind, Jane. — Gathie Falk. — Vancouver : Douglas & McIntyre, ©1989. — 40 p. — (Canadian artists series)

Perry, Art. — « Falk wins $25,000 prize ». — Vancouver province. — (February 21, 1990). — P. 56

« The thing in the head that's there : a conversation with Gathie Falk ». — Introduction by Robert Enright. — Border crossings. — Vol. 12, no. 2 (May 1993). — P. 12-23

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