Bibliothèque et Archives Canada
Symbole du gouvernement du Canada

Liens de la barre de menu commune

Liens institutionnels

ARCHIVÉE - Femmes à l‘honneur: Leurs réalisations

Contenu archivé

Cette page Web archivée demeure en ligne à des fins de consultation, de recherche ou de tenue de documents. Elle ne sera pas modifiée ni mise à jour. Les pages Web qui sont archivées sur Internet ne sont pas assujetties aux normes applicables au Web du gouvernement du Canada. Conformément à la Politique de communication du gouvernement du Canada, vous pouvez demander de recevoir cette page sous d'autres formats à la page Contactez-nous.

Thèmes - Beaux-arts

Marcelle Ferron

Photo de Marcelle Ferron

(1924-2001)
Peintre, sculpteure, verrière

Marcelle Ferron, en 1995
Source


L'histoire de la famille Ferron au Québec est tout à fait fascinante. Trois des cinq enfants de la famille sont reconnus au Québec et dans le monde entier : Jacques Ferron, dont la réputation n'est plus à faire, et Madeleine comme écrivains, ainsi que Marcelle comme peintre, sculpteure et verrière.

Marcelle Ferron naît à Louiseville, en 1924, dans une famille bourgeoise. Elle n'a que sept ans lorsque sa mère meurt. Son père, notaire de profession, assure l'éducation de toute sa famille de façon très libérale. Après le décès de sa femme, il emménage à la campagne où, espère-t-il, l'air pur sera salutaire à ses enfants. Il a gagné son pari. Garçons et filles, sur un pied d'égalité, profitent des activités de la vie rurale et développent auprès de leur père une libre pensée qui en fera des personnes très indépendantes et engagées dans la transformation de la société québécoise des années 1940.

De santé précaire, Marcelle Ferron souffre à trois ans d'une tuberculose osseuse; elle fera de fréquents séjours à l'hôpital et y forgera son caractère indépendant, sa fougue, son amour de la vie et son franc-parler. Marcelle n'a pas de temps à perdre. Toute sa vie sera marquée physiquement et intellectuellement par les séquelles de sa maladie, une « mauvaise patte », comme elle se plaisait elle-même à le dire. En dépit de ces problèmes, Marcelle Ferron mène une vie pleine et lumineuse; elle est une fonceuse, une féministe avant le temps, une battante, une femme droite et intègre jusqu'à la fin de sa vie.

Après ses études secondaires, poursuivies à Montréal chez les Dames de Ste-Anne de Lachine, puis au Collège Marguerite-Bourgeois, chez les Dames de la Congrégation, Marcelle Ferron s'inscrit à l'École des beaux- arts de Québec. Elle abandonne, cependant, ses études avant la fin de sa formation, insatisfaite des réponses que l'on apporte à ses questions sur l'art moderne. Elle cherche ailleurs.

Après quelques années de tâtonnements, durant lesquelles elle se marie et a trois enfants, elle rencontre Paul-Émile Borduas, qui se révélera son maître à penser et lui enseignera la base de la peinture automatiste. Grâce à lui, elle réussira à se créer un style de peinture qui lui permettra d'exprimer une vision personnelle de la vie sans les contraintes de la représentation.

À son invitation, en 1946, elle se joint au groupe des automatistes. Elle est l'une des plus jeunes à signer le Refus global en 1948 comme elle est aussi l'une des dernières artistes à se joindre officiellement au groupe. Peu de temps après, elle expose ses œuvres une première fois à la Librairie Tranquille, puis une autre fois avec son ami Jean-Paul Mousseau, même si la maladie l'empêche d'assister au vernissage. Elle commence à se faire remarquer dans le monde des arts. Vers 1953, comme le groupe des automatistes s'effrite, Marcelle Ferron décide de partir pour la France.

Elle se sépare de son mari, René Hamelin, et part pour la France avec ses trois filles à qui elle veut donner une éducation laïque. Elle passera la majorité de ses 13 ans d'absence à Clamart, en banlieue de Paris, où elle loue une maison et y installe son atelier. C'est une période très fertile. Elle pose les bases de sa carrière de peintre, séduit les galeristes, se fait remarquer par des personnes influentes dans le domaine des arts en France comme Herta Wescher, qui la prend sous son aile et l'aide à exposer un peu partout en Europe. Ses œuvres fulgurantes de lumière et de vie dans leur abstraction font le bonheur des Européens.

Marcelle Ferron fréquente aussi assidûment les cafés de Paris et entretient des liens avec les artistes installés ou de passage à Paris, tels Léon Bellefleur, Jean Lefébure, Edmund Alleyn, Charles Delloy et Jean-Paul Riopelle. Son séjour en France sera significatif pour sa carrière de peintre. C'est une artiste reconnue internationalement qui revient au Québec en 1966; elle a cependant des idées bien précises quant à la suite de sa carrière.

Sa rencontre avec le verrier Michel Blum marquera un tournant dans sa vie. Le travail du verre lui permettra d'explorer à fond la lumière et les couleurs qui constituent déjà le fondement de sa peinture. Déterminée, elle s'associe à la firme Superseal de St-Hyacinthe et, en collaboration avec une équipe d'ouvriers, met au point une méthode permettant de construire des murs de lumière en insérant des plaques de verre ancien entre deux parois de verre, les parois étant réunies entre elles par des joints invisibles qu'elle a elle-même mis au point.

Elle se consacrera intensément au travail du verre pendant les sept années qui suivront. Sa première réalisation est une murale pour l'Expo 67, mais celle qu'elle a créée pour la station de métro Champ-de-Mars la fera connaître et apprécier de tous les Québécois. Par ailleurs, plusieurs édifices publics s'enrichiront de ses verrières; citons, entre autres, le Palais de justice de Granby, dont la verrière est, paraît-il, sa verrière préférée, et l'hôpital de Trois-Rivières. Des églises et des édifices gouvernementaux sont ornés aussi de ses verrières grandioses et lumineuses. En outre, elle crée plusieurs portes de verre avec beaucoup de bonheur!

Cette période est riche en recherche, en expérimentation et en engagement social. Louise Vignault, dans le catalogue consacré à l'artiste, écrit ceci : « L'art public lui permettra d'établir un lien entre l'univers de l'artiste et l'art public et de rejoindre des préoccupations plus vastes. » (p. 3). Durant cette période, Marcelle Ferron enseigne aussi l'architecture et l'art à l'Université Laval.

Marcelle Ferron revient à la peinture vers 1985. Elle n'a rien perdu de sa fougue. Comme elle l'a souvent répété, elle ne peint pas pour les collectionneurs; elle peint et crée par passion et ajoutons par nécessité.

En 1983, elle est la première femme à recevoir le prix Paul-Émile-Borduas, ce dont elle est très fière. Même si le fait d'être une femme ne l'a jamais arrêtée, comme peintre elle a dû faire sa place et travailler très fort pour s'imposer dans ce milieu d'hommes. Elle est aujourd'hui une inspiration pour les jeunes femmes artistes qui débutent dans le métier.

Elle a reçu aussi d'autres distinctions importantes. Le gouvernement du Québec a reconnu sa valeur en la décorant de l'Ordre national du Québec et, en 2000, on l'a nommée Grand officier de l'Ordre national du Québec. Plusieurs sites Internet font état des expositions qu'elle a tenues et des prix qu'elle a gagnés tout au long de sa carrière. Mentionnons qu'elle a remporté la Médaille d'argent de la Biennale de Sao Paulo, au Brésil, en 1961, unique prix gagné par une Québécoise.

Pénétrer dans l'univers culturel de Marcelle Ferron a fait naître en moi un coup de cœur pour l'artiste. Tout d'abord Marcelle Ferron a tracé la voie aux femmes peintres du Québec. Audacieuse, téméraire et dévouée à son art, à son œuvre, elle en a assumé et dépassé les contraintes. Elle a contribué aux recherches en arts appliqués dans le domaine de l'architecture au Québec par son travail de verrière. Sa vie de peintre, ses prises de position politiques et sociales tout au cours de sa vie en font une artiste incontournable dans notre paysage culturel. Marcelle Ferron est décédée en 2001.

Ressources

Les Automatistes à Paris : actes d'un colloque. — Sous la direction de Lise Gauvin — [Laval, Québec] : Les 400 coups, 2000. — P. 203-210

Bouchi, Camille. — « Marcelle Ferron : liberté ». — Vie des arts. — Vol. 42, no 172 (automne 1998). — P. 76

Brûlé, Michel. — « Marcelle Ferron : l'esquisse d'une mémoire ». — Vie des arts. — Vol. 41, no 168 (automne 1997). — P. 66

Daigneault, Gilles. — « Lauréates et lauréats : Marcelle Ferron ». — Les prix du Québec [en ligne]. — Gouvernement du Québec, ©2001. — [Réf. du 7 juin 2002]. — Accès : www.prixduquebec.gouv.qc.ca/recherche/desclaureat.asp?noLaureat=183
(disponible en français seulement)

Ferron, Marcelle. — L'esquisse d'une mémoire. — Propos recueillis par Michel Brûlé.  — Montréal : Les Intouchables, ©1996. — 298 p.

[Galerie] Gala. — Marcelle Ferron [en ligne]. — [Réf. du 9 avril 2002]. — Accès : www.gala.netc.net/Ferron/artiste-f.html

LeGrand, Jean-Pierre. — « Ferron : vagabonde ». — Vie des arts. — Vol. 39, no 158 (printemps 1995). — P. 40-43

Lussier, Réal, et al. — Marcelle Ferron. — Montréal : Musée d'art contemporain de Montréal publié en collaboration avec Les 400 coups, ©2000. — 143 p.

« Marcelle Ferron ». — Les femmes artistes du Canada = Women artists of Canada [en ligne] — Pham Van Khanh, ©2000. — [Réf. du 9 avril 2002]. — Accès : http://epe.lac-bac.gc.ca/100/205/301/ic/cdc/waic/maferr/maferr_f.htm

Marcelle Ferron [en ligne]. — Galerie Simon Blais (Montréal). — [Réf. du 9 avril 2002]. — Accès : www.galeriesimonblais.com/fr/ferron.html

Marcelle Ferron [en ligne]. — The Moore Gallery Ltd. (Toronto), ©1998. — [Réf. du 9 avril 2002]. — Accès : www.mooregallery.com/Artists/Ferron/

Ferron, Marcelle [enregistrement vidéo]. — Montréal : Office national du film du Canada, 1989. — 51 min. 20 sec. : son, coul.

« Marcelle Ferron : Grand officier (2000) Chevalier (1985) ». — Secrétariat de l'Ordre national du Québec [en ligne]. — Ministère du Conseil exécutif Québec, Gouvernement du Québec, ©2002. — [Réf. du 6 juin, 2002]. — Accès : www.mce.gouv.qc.ca/g/html/onq/00/00_03.htm

Parent, Andrée. — « Une rencontre avec Marcelle Ferron 1924-2001 ». — Les Elles de la culture [en ligne], ©2001. — [Réf. du 9 avril 2002]. — [Entrevues - Audio]. — Accès : www.lesellesdelaculture.com/site.html

Roberge, Gaston. — Autour de Marcelle Ferron. — Québec, Québec : Le Loup de Gouttière, 1995. —101 p.

Smart, Patricia. — Les femmes du Refus global. — Montréal : Boréal, 1998. — P. 211-230

Précédent | Suivant

Droits d'auteur/Sources