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ARCHIVÉE - Femmes à l‘honneur: Leurs réalisations

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Thèmes - Beaux-arts

Betty Goodwin

Photo de Betty Goodwin et de son triptyque

(1923-2008)
Graveuse d'art, sculpteure, peintre, artiste d'installations

Betty Goodwin et son triptyque, en 1986
Source

Tableau de Betty Goodwin intitulé MOVING TOWARDS FIRE

Moving Towards Fire
Tableau
1983

Moving Towards Fire
de Betty Goodwin
Source


Betty Goodwin, une des plus exceptionnelles visualistes au Canada, communique une vision incisive de la condition humaine dans ses dessins, ses eaux-fortes, ses sculptures, ses multimédias et ses installations. Son art résonne avec l'importance de nos attaches humaines et de notre expérience commune. Dans The Art of Betty Goodwin, Matthew Teitelbaum, directeur de l'Art Gallery of Toronto, note que «  Betty Goodwin's art reminds us of this always: that art is made as homage and rooted in connectedness to others, that it is made to unite us in reflections on our experience, that it is made to open up and, finally, to extend the space of memory » [traduction libre : l'art de Betty Goodwin nous rappelle en permanence que l'art est pratiqué comme un hommage et enraciné dans l'interdépendance avec les autres, qu'il est fait pour nous unir dans les réflexions sur notre expérience, qu'il est fait pour nous ouvrir et, finalement, pour étendre l'espace de la mémoire] (The Art of Betty Goodwin, p. 35).

Née et élevée à Montréal, Betty Goodwin amorce sa carrière comme peintre vers la fin des années 1940. Elle commence à exposer ses peintures et ses dessins quelques années plus tard. Ses études en gravure, en 1968 et 1969, l'amènent par la suite à expérimenter la gravure et le dessin. En prenant des empreintes d'articles vestimentaires sur des plaques de cuivre, Goodwin produit une série de gravures de gilets, de chemises, de gants et de chapeaux. Cette méthode novatrice l'aide à créer des images multidimensionnelles, presque humaines. Son travail sur la série Vest fait l'objet d'une exposition en 1972 à la Galerie B à Montréal. De 1972 à 1974, Goodwin rassemble des bâches, qu'elle forme, taille, marque et peint pour créer des collages majestueux et des sculptures qui sont exposés sous le titre de série Tarpaulin.

De 1977 à 1983, Goodwin explore le thème du passage dans ses installations. Dans ces œuvres, Betty crée des cloisons intérieures, des salles et des passages avec divers matériaux. On retrouve dans cette série d'installations The Clark Street Project et The Mentana Street Project. Dans l'exposition de 1980, « Plurality », présentée à la Galerie nationale du Canada (maintenant le Musée des beaux-arts du Canada], Betty réalise Passage in a Red Field, œuvre composée de l'installation d'un long couloir étroit, encadré par deux murs épais. L'installation de Goodwin intitulée In Berlin, A Triptych: The Beginning of the Fourth Part a fait partie de l'exposition « Okanada » tenue en 1982-1983 à l'Akademie der Künste de Berlin, en Allemagne, et a marqué la conclusion de la série Passage.

Au début des années 1980, Goodwin continue son exploration détaillée de la forme humaine avec une série d'œuvres intitulée Swimmers. En utilisant la mine, le fusain et le pastel à l'huile sur du vélin ou du Mylar translucide, Betty crée de grandes images obsédantes de corps flottants, solitaires, qui semblent suspendus dans une sorte de fluide aqueux. Cette série, dont font partie des œuvres telles que Untitled No. 1 (1982), Swimmer No. 7 (1983) et Moving Towards Fire (1983), fait partie de son exposition solo à New York en 1983. En 1985, la peinture murale de trois mètres de haut de Goodwin, Moving Towards Fire, se révèle un centre d'attraction puissant à l'exposition « Aurora Borealis » au Centre international d'art contemporain de Montréal.

Dans sa série Carbon réalisée en 1986, Goodwin utilise le fusain et la cire pour créer des dessins au charbon noir qui montrent l'interaction de figures humaines. Puis, en 1988-1989, elle produit de petites sculptures murales à partir de plaques d'acier. Elle y attache des formes magnétiques de ferrite et de métal et y ajoute souvent un mot, une citation ou une expression qui consacre chaque œuvre. Cette collection constitue la série Steel Notes de Goodwin. Sa série intitulée La Mémoire du corps dépeint des images radiographiques intérieures des os, de la colonne vertébrale, du cœur et des nerfs du corps. La série Nerve prolonge la vision quelque peu ambiguë qu'a Goodwin de la forme humaine, tout comme les créations de cette série montrent des corps reliés et attachés à la terre par des racines étirées.

Tout au long de sa carrière d'un demi-siècle, Betty Goodwin a remporté plusieurs récompenses, notamment le Lynch-Stauton Award of Distinction en 1983, le prix national du Banff Centre (arts visuels) en 1984, le prix Paul-Émile Borduas en 1986, une bourse de la fondation Gugenheim en 1988 et le prix Gershon-Iskowitz en 1995. Goodwin a été la première lauréate du Harold Town Prize en dessin, qu'elle a remporté en 1998, et a reçu des doctorats honorifiques de diverses universités canadiennes. Ses nombreuses expositions au Canada et à l'étranger lui ont permis d'acquérir, en tant qu'artiste, une reconnaissance nationale et internationale.

L'utilisation créatrice de divers médias par Betty Goodwin continue à évoluer pendant qu'elle s'efforce de dépeindre l'humanité à travers les thèmes de la perte, du deuil et des possibilités de changement dans un monde complexe et incertain. Ses œuvres sont disséminées dans de nombreuses collections privées et publiques au Canada.

Betty Goodwin est décédée à Montréal le 1er décembre 2008 à l'àge de 85 ans.

Ressources

The art of Betty Goodwin. — Edited by Jessica Bradley & Matthew Teitelbaum. — Vancouver : Douglas & McIntyre, ©1998. — 180 p.

Black, Barbara. — « Betty Goodwin wins first Harold Town prize ». — Concordia's Thursday report [en ligne]. — (November 19, 1998). [Réf. du 12 avril 2002]. — Accès : http://mediarelations.concordia.ca/

Bogardi, Georges. — « The studio : in her reconfigurations of ideas and found materials, Betty Goodwin transforms life into art ». — Canadian art. — Vol. 11, no. 3 (Fall 1994). — P. 86-93

Driedger, Sharon Doyle. — « Bodies and blood : Betty Goodwin depicts profound inner landscapes ». — Maclean's. — Vol. 108, no. 49 (December 4, 1995). — P. 74

Enright, Robert. — « A bloodstream of images : an interview with Betty Goodwin ». — Border crossings. — Vol. 14, no. 4 (Fall 1995). — P. 42-53

Goodwin, Betty. — Betty Goodwin : passages. — Montreal : Concordia Art Gallery, ©1986. — 44 p.

Johnson, Brian D. — « Body language ». — Maclean's. — Vol. 111, no. 48 (November 30, 1998). — P. 88-89

Kirshner, Sheldon. — « Betty Goodwin : Canada's grande dame of art ». — The Canadian Jewish news.  — Vol. 29, no. 2 (January 14, 1999). — P. 11

Lepage, Jocelyne. — « Tout le monde aimait Betty ». — La Presse (3 décembre, 2008). -- P. S2

Milroy, Sarah. — « Death and loss defined artist as Canada’s first lady of soul ».  -  Globe and Mail. — (6 décembre, 2008). — P. S11

Morin, France ; Goodwin, Betty ; Kwinter, Sanford. — Steel notes, Betty Goodwin. — Ottawa : National Gallery of Canada, ©1989. — 151 p. — Texte en anglais, en français et en portugais.

Pelham, Zachary.  -  "Mundane secrets : reflecting on the artist Betty Goodwin".  -  ArtsEditor [online].  -  (February 24, 2009).  -  [cited March 4, 2009].  -  Access: www.artseditor.com/html/features/0209_goodwin.shtml (Disponible en anglais seulement)

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