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ARCHIVÉE - Femmes à l‘honneur: Leurs réalisations

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Thèmes - Beaux-arts

Prudence Heward

Photo de Prudence Heward

(1896-1947)
Peintre

Prudence Heward
Source

Tableau de Prudence Heward  intitulé AU CAFÉ

Au café
Tableau

Au café de Prudence Heward
Source


Sixième enfant d'une famille prospère de Montréal en comptant huit, Efa Prudence Heward voit le jour en 1896. Elle reçoit une éducation privée et montre un intérêt précoce pour l'art, peut-être encouragée dans cette veine par sa mère et sa sœur Dorothy, qui manifestent également des talents artistiques. Elle commence ses études artistiques en s'inscrivant à l'école de l'Art Association of Montreal (AAM), où elle reçoit une formation en dessin par William Brymner et en peinture de paysage par Maurice Cullen.

L'année 1912 est une année difficile pour la famille Heward, avec la mort du père de Prudence et de deux de ses sœurs. En dépit de ces pertes, Prudence obtient une bourse de l'AAM et continue ses études. Elle présente ses œuvres pour la première fois à l'exposition de printemps de l'AAM, en 1914. Le début de la Première Guerre mondiale provoque des changements à l'école pour les professeurs et les élèves. En 1916, Prudence se rend en Angleterre avec sa mère et ses sœurs pour se rapprocher de ses frères engagés dans les forces armées. Durant son séjour de deux ans dans ce pays, Prudence travaille pour la Croix-Rouge, mais elle ne semble pas avoir peint.

À son retour à Montréal en 1918, Prudence reprend ses études à l'AAM. En 1925 et en 1926, elle suit des cours à Paris. Elle fait la rencontre de la peintre Isabel McLaughlin de l'Ontario, avec qui elle noue des liens d'amitié. Heward et McLaughlin continueront plus tard à aller peindre en plein air dans des endroits aussi variés que le nord de l'Ontario et les Bermudes. L'amitié entre Heward et d'autres femmes artistes, comme McLaughlin et les membres du Groupe de Beaver Hall, s'avère importante car, à l'époque, le rôle des femmes dans les arts est limité. Cela explique peut-être en partie sa participation ultérieure à des organismes tels que le Groupe des peintres canadiens, qu'elle a cofondé en 1933 et dont elle a été vice-présidente pendant plusieurs années. En 1939, Heward participe aussi à la fondation de la Société d'art contemporain.

Heward continue à exposer ses œuvres et remporte un certain nombre de prix. En 1924, elle expose pour la première fois à l'exposition annuelle de l'Académie royale (des arts) du Canada. Puis, en 1929, elle gagne le premier prix initial du concours Willingdon avec sa peinture Girl on a Hill. Ces concours sont organisés par la Galerie nationale du Canada (maintenant le Musée des beaux-arts du Canada) et financés par le gouverneur général du moment, Lord Willingdon. Prudence Heward est invitée à exposer avec le Groupe des sept et entretient de bonnes relations d'amitié avec A.Y. Jackson, l'un des membres du groupe. La première exposition solo de son œuvre a lieu à la Galerie Scott à Montréal, en 1932. Plusieurs expositions partagées avec des amies artistes du Groupe de Beaver Hall suivent : en 1934, elle expose à Toronto et à Montréal, en 1940, à Toronto, et en 1945, à Windsor.

Les occasions accrues d'exposer son œuvre et la reconnaissance qui s'ensuit conduisent à l'augmentation des ventes et du prix de ses œuvres. En 1930, elle vend à la Galerie nationale du Canada sa peinture Rollande, avec ses couleurs fortes et la forme autoritaire du visage, pour la somme de 600 $ — une grosse somme pour l'époque. Tout au long des années 1930, la peinture qui faisait partie des expositions itinérantes des œuvres canadiennes, est très acclamée à l'extérieur du Canada. Dark Girl, un autre portrait fort, est acquis pour la Hart House à l'University of Toronto. On peut voir les œuvres de Heward dans plusieurs musées canadiens, notamment à la Winnipeg Art Gallery et au Musée des beaux-arts de Montréal, ainsi que dans des collections privées.

De santé fragile toute sa vie, Heward voit son état empiré à la suite d'un accident de voiture survenu en 1939, qui lui cause une fracture au bras et une blessure plus sérieuse au nez, ce qui a pour effet d'aggraver son asthme. Son état de santé se détériore au cours des années suivantes et, à l'été 1945, elle réalise sa dernière peinture, Caladium. Elle passe quelque temps à Fernbank, près de Brockville, lieu où vit la famille de sa mère et où elle allait peindre en plein air, au début. En compagnie de sa mère et de sa sœur, Heward se rend à Los Angeles pour suivre un nouveau traitement médical et y décède le 19 mars 1947.

La Galerie nationale du Canada a organisé une exposition commémorative de l'œuvre de Heward en mars 1948; le catalogue de l'exposition montre l'étendue de son œuvre. Alors qu'elle était surtout peintre visagiste, particulièrement de femmes et d'enfants, elle peignait également des paysages et des natures mortes. Que cette femme délicate puisse peindre des visages d'une telle force continue toujours d'étonner.

Bien qu'elle ait soutenu ses camarades artistes, Heward n'était pas prête à s'associer à l'une ou l'autre des écoles de peinture. Elle sautait plutôt sur les occasions d'essayer différents styles. Alors que le paysage était la forme dominante dans la peinture canadienne, Heward a continué dans la peinture figurative de visages, ajoutant souvent des paysages en arrière-plan. Elle a représenté toute une gamme de personnes, allant des membres de sa famille jusqu'à ses amis et des modèles de divers milieux, mais tous semblent défier le spectateur avec une forte conscience d'eux-mêmes, la plupart d'entre eux regardant en arrière avec un air de défi. L'utilisation par l'artiste d'une palette hardie et de plans forts intensifie cet effet.

L'exposition commémorative de l'œuvre de Prudence Heward lui a donné une certaine célébrité peu de temps après sa mort, mais on l'a presque oublié la peintre plus tard en dehors de la région de Montréal. Les publications récentes à son sujet et sur d'autres membres du Groupe de Beaver Hall mèneront peut-être à un regain d'intérêt pour cette artiste.

Ressources

Braide, Janet. — Prudence Heward (1896-1947) : an introduction to her life and work. — Montréal : Walter Klinkhoff Gallery, 1980. — 26 p.

Buchanan, Donald W. — The growth of Canadian painting. — Toronto : Collins, 1950. — P. 51-53

By woman's hand [enregistrement vidéo]. — Director, Pepita Ferrari. — Montréal : National Film Board of Canada, 1994. — 1 cassette, 58 min. — Sous-titres codés.

Contemporary Canadian artists. — Toronto : Gale Canada, 1997. — P. 252-254

Creative Canada : a biographical dictionary of twentieth-century creative and performing artists. — Compiled by Reference Division, McPherson Library, University of Victoria. — Toronto : University of Toronto Press, 1971. — Vol. 1.— P. 152-153

Grafftey, Heward. — « Chapter four : Prudence Heward ». — Portraits from a life. — Montréal : Véhicule Press, 1996. — P. 67-78

Heward, Prudence — Prudence Heward, 1896-1947 : memorial exhibition. — Ottawa : National Gallery of Canada, 1948. — Pages 7-10. — Texte de A.Y. Jackson.

Housser, Yvonne McKague. — « Canadian Group of Painters — 1944 ». — Canadian art. — Vol. 1, no. 4 (April-May 1944). — P. 142-147

Luckyj, Natalie. — L'expression d'une volonté : l'art de Prudence Heward. — Kingston (Ont.) : Agnes Etherington Art Centre, 1986. — 128 p. — Publié aussi en anglais sous le titre Expressions of will : the art of Prudence Heward.

____. — Visions et triomphes : les œuvres de dix artistes canadiennes, 1914-1945. — London (Ont.) : London Regional Art Gallery, [1983]. — 112 p. — Publié aussi en anglais sous le titre Visions and victories : 10 Canadian women artists 1914-1945.

MacDonald, Colin S. — A dictionary of Canadian artists. — Volume 2. — Ottawa : Canadian Paperbacks Pub., 1975. — P. 432-434

Meadowcroft, Barbara. — Painting friends : the Beaver Hall women painters. — Montréal : Véhicule Press, 1999. — 240 p.

Pearce, Lynne. — « The viewer as producer : British and Canadian feminists reading Prudence Heward's "Women" ». — RACAR. — Vol. 25, no. 1-2 ((1998). — P. 94-103

« Prudence Heward ». — Artcyclopedia [en ligne]. — Dernière vérification des liens le 18 avril 2002. [Réf. du 31 mai 2002]. — Accès : www.artcyclopedia.com/artists/heward_prudence.html

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