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ARCHIVÉE - Femmes à l‘honneur: Leurs réalisations

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Thèmes - Beaux-arts

Frances Loring, Florence Wyle

Photo représentant Frances Loring et Florence Wyle

(1887-1968)
Sculpteure

(1881-1968)
Sculpteure

Frances Loring et Florence Wyle, de Robert Flaherty, en 1914
Source

Sculpture de Frances Loring intitulée THE QUEEN ELIZABETH MONUMENT

The Queen Elizabeth Monument de Frances Loring
Sculpture

The Queen Elizabeth Monument de Frances Loring
Source

Sculpture de Florence Wyle intitulée STUDY OF A GIRL

Study of a Girl, de Florence Wyle
Sculpture
1931

Study of a Girl de Florence Wyle, 1931
Source


Affectueusement appelées « les filles », Frances Loring et Florence Wyle se sont également fait connaître comme les premières femmes à faire de la sculpture au Canada. Pendant plus de 50 ans, elles ont donné à la population canadienne, en tant que sculpteures, une production créatrice d'une grande richesse que l'on peut découvrir et admirer dans bien des lieux publics et des galeries répartis partout au pays.

L'influence de Loring et de Wyle sur l'art et les artistes du Canada a été significative. Elles ont défié l'ordre établi en se mettant à l'œuvre pour prouver que la sculpture était une forme d'art aussi importante que toute autre forme et elles y sont parvenues malgré des conditions défavorables.

Au tournant du XXe siècle, la sculpture au Canada était encore considérée comme une curiosité plutôt que comme une forme d'art admirée. Le manque de maîtres, le manque important de fonderies et le coût relativement élevé des matériaux étaient tous des facteurs constitutifs d'un environnement peu propice aux sculpteurs. En outre, ces artistes devaient compter énormément sur des commandes comme source de revenu.

Née en 1887, à Wardner, en Idaho, Frances Loring étudie l'art dans son pays natal, les États-Unis, ainsi que dans plusieurs villes européennes, avant de s'établir au Canada en 1913. Sa décision de venir à Toronto est motivée, en partie, par le désir de participer au développement artistique d'un pays jeune. Loring atteint ce but et bien d'autres encore tout au long de son illustre carrière.

Influencée par sa formation dans la tradition néoclassique et par son exposition à une vision plus nouvelle incarnée par le sculpteur français Auguste Rodin, Loring produit une œuvre qui a une qualité dynamique et un style épique unique. Elle devient rapidement célèbre comme sculpteure de monuments exceptionnelle et est reconnue pour ses nombreux monuments publics. Une de ses œuvres favorites, The Queen Elizabeth Monument, a été placée à l'origine à l'entrée est du Queen Elizabeth Highway à Toronto et se trouve maintenant dans le parc Gzowski à Toronto. On peut également admirer le style épique de Loring dans les nombreux monuments de guerre qu'elle a conçus après la Première Guerre mondiale. La dernière œuvre qu'on lui a commandée, une statue de l'ancien premier ministre du Canada Robert Borden, a été érigée sur la Colline du Parlement, à Ottawa, en 1957.

Loring s'est consacrée à son travail, mais elle se sentait très touchée par la souffrance générale et les problèmes communs de ses collègues. Avec Florence Wyle, elle a exercé des pressions avec zèle pour faire reconnaître la sculpture et a créé un climat qui a rendu la sculpture accessible à d'autres.

Frances Loring rencontre Florence Wyle en 1905, au Art Institute of Chicago. Leur première rencontre constitue le point de départ d'une amitié et d'une collaboration professionnelle de toute une vie. Wyle, qui avait étudié la sculpture pendant quelques années, se destinait originalement à la médecine. Ses études prémédicales et son profond respect pour la perfection anatomique ont eu un effet significatif sur son œuvre, et elle est devenue l'un des meilleurs sculpteurs universitaires au Canada.

Née à Trenton, dans l'État de l'Illinois, en 1881, Florence Wyle vient s'établir au Canada avec Loring en 1913. Wyle connaît le travail classique des sculpteurs grecs et s'efforce de créer des œuvres qui reflètent divers aspects de la condition humaine. Le réalisme et le souci du détail, évidents dans ses premières sculptures, évoluent vers un traitement plus abstrait et plus stylisé des formes humaines, au fur et à mesure que sa carrière évolue. Wyle préfère travailler le bronze, mais développe plus tard une affinité pour le bois. Ses Ten Rivers of America, œuvre se composant d'une série de 10 bustes sculptés dans du sumac, sert de modèle aux Calvert Drama Trophies, qu'elle conçoit avec Loring et Sylvia Daoust, sculpteure canadienne sur bois très connue. Contrairement à Loring, qui réalise des sculptures monumentales, Wyle excelle dans la création de pièces plus intimes, plus détaillées et raffinées qui saisissent son amour des enfants, des animaux et de la nature. Ces thèmes sont également apparents dans sa poésie, qu'elle publie dans Poems et dans The Shadow of the Year.

En 1938, Wyle est la première femme sculpteur à être membre à part entière de l'Académie royale (des arts) du Canada. En plus de cette reconnaissance, elle reçoit des distinctions tout au long de sa carrière pour des œuvres comme Torso (1930), sculpture sur marbre exposée au Musée des beaux-arts du Canada, Study of a Girl et une série de totems de la région de la rivière Skeena en Colombie-Britannique qui se délabraient et pour la reproduction desquels elle a reçu une commande. L'œuvre immense de Florence Wyle est acclamée comme une œuvre riche, éclectique, unique, intemporelle et puissante.

Frances Loring et Florence Wyle sont souvent présentées ensemble parce que leurs relations personnelles et professionnelles ont franchi plus de cinq décennies. Elles ont été en concurrence pour les mêmes commandes et ont même réalisé quelques projets en collaboration. Elles se sont également consacrées à un idéal de sculpture classique qui répondait aux lois de composition, de conception et de respect de la nature. Cependant, les œuvres de Loring et de Wyle gardent des styles individuels reflétant des sensibilités et des émotions différentes.

En 1920, Loring et Wyle s'installent dans une vieille église abandonnée. Cet endroit devient leur maison et leur studio. Il devient également un lieu de rassemblement pour la communauté artistique de Toronto et le siège de la Société des sculpteurs du Canada (SSC). Loring et Wyle sont membres fondateurs de la SSC à sa constitution en 1928. L'association vise à encourager la sculpture canadienne à l'échelle nationale et internationale en favorisant des normes professionnelles, en enseignant l'appréciation, en conseillant sur la sculpture publique et en organisant des expositions pour augmenter la visibilité de la sculpture comme forme d'art.

Les années 1930 et 1940 constituent l'apogée de la carrière artistique des deux artistes. Leur œuvre est récompensée en de nombreuses occasions, les expositions sont fréquentes et elles participent activement à nombre d'associations et de comités. Au cours des années 1950, cependant, elles sont éclipsées par une nouvelle génération de sculpteurs travaillant dans une tradition enracinée dans le surréalisme. Loring et Wyle restent fidèles à leur vision de la sculpture, à savoir une représentation de la vie à trois dimensions. Elles reçoivent moins de commandes et leur popularité diminue.

Néanmoins, en 1962, la London Public Library and Art Museum organise une exposition rétrospective itinérante, « Fifty Years of Sculpture », qui présente les œuvres de Loring et de Wyle. Cette exposition fournit aux Canadiens une occasion unique de contempler les œuvres de deux des sculpteurs les plus doués et respectés de ce pays.

Frances Loring et Florence Wyle décèdent en 1968. Chacune avait une clause dans son testament selon laquelle le montant de la vente de ses œuvres serait versé à un fonds prévu pour acheter les œuvres de jeunes sculpteurs. Ces œuvres devaient être exposées dans les galeries publiques à travers le Canada. Ces fonds, ainsi que la richesse de la production artistique des deux sculpteures, ont eu une incidence significative sur la sculpture au Canada et continuent d'inspirer à la fois les admirateurs et les artistes.

Ressources

Boyanoski, Christine. — Loring and Wyle : sculptors' legacy. — Toronto : Art Gallery of Ontario, 1987. — xx, 139 p.

Cameron, Elspeth.  -  And Beauty Answers : the Life of Frances Loring and Florence Wyle.  -  Toronto : Cormorant Books, 2007.  -  526 p

Huneault, Khristina. — « Heroes of a different sort : gender and patriotism in the war workers of Frances Loring and Florence Wyle ». — Journal of Canadian art history. — Vol. 15, no. 6 (1993). — P. 26-49

Leslie, Cassandra. — Canadian sculpture : coming of age [en ligne]. Canada's digital collections. — c1998. [Réf. du 29 avril 2002]. — Accès : http://epe.lac-bac.gc.ca/100/200/301/ic/can_digital_collections/brault/index.html

Loring and Wyle [film]. — Director, Christopher Chapman. — Toronto : Canadian Broadcasting Corporation, 1965. — (Telescope)

Sisler, Rebecca. — Florence Wyle, 1881-1968. — Toronto : Dunburn Press, 1978. — [4] p. — (Lives and works of the Canadian artists; 20)

____. — Frances Loring, 1887-1968. — Toronto : Dunburn Press, 1978. — [4] p. — (Lives and works of the Canadian artists ; 18)

____. — The Girls : a biography of Frances Loring and Florence Wyle. — Toronto : Clarke, Irwin, 1972. — 120 p.

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Droits d'auteur/Sources