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ARCHIVÉE - Femmes à l‘honneur: Leurs réalisations

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Thèmes - Beaux-arts

Mary Pratt

Photo de Mary Pratt

(1935- )
Peintre, graveuse d'art

Mary Pratt
Source

Tableau de Mary Pratt intitulé POPPYSEED CAKE: GLAZED FOR CALYPSO

Poppyseed Cake: Glazed for Calypso
Tableau
2002

Poppyseed Cake: Glazed for Calypso de Mary Pratt
Source


Née et élevée à Fredericton, au Nouveau-Brunswick, Mary Frances West, ainsi que sa plus jeune sœur Barbara, a une enfance très convenable et cependant idyllique. Son père, William John West, éminent avocat devenu plus tard procureur général puis juge de la Cour suprême du Nouveau- Brunswick, exerce une profonde influence sur elle par sa rectitude. Elle a tiré beaucoup de leçons aussi de la présence discrète et énigmatique de sa mère, Katherine Eleanor (McMurray) West, et du comportement plein de dignité de sa grand-mère maternelle, Edna McMurray. Ces femmes lui ont donné en cadeau, dans son enfance, le sens de l'ordre et du rituel sensé. Beaucoup plus tard, en essayant de composer avec ses propres enfants, divers animaux de compagnie, un jardin, un mari doué et déjà célèbre, ainsi qu'en se débattant pour trouver le temps de peindre, Mary a constaté qu'il était essentiel d'avoir une vie organisée.

En 1953, Mary s'inscrit au programme des beaux-arts à la Mount Allison University à Sackville, au Nouveau-Brunswick. Elle y reçoit l'enseignement d'artistes éminents tels qu'Alex Colville, Lawren P. Harris et Ted Pulford. Dotée d'un certificat en beaux-arts obtenu en 1956, elle s'installe à St. John's, à Terre-Neuve-et-Labrador (autrefois Terre-Neuve), et y travaille comme ergothérapeute. Après son mariage en 1957, elle et son mari Christopher Pratt déménagent à Glasgow où Christopher fréquente la Glasgow School of Art. De retour au Canada deux ans plus tard, Mary entre en quatrième année du programme du baccalauréat en beaux-arts de la Mount Allison University. Elle répartit sa dernière année de cours sur deux ans, tout en travaillant à la maison et en s'occupant de ses deux bébés. En 1961, elle obtient son baccalauréat en beaux-arts, retourne à St. John's et enseigne la peinture à l'Extension Department de la Memorial University of Newfoundland and Labrador (formerly Newfoundland).

En 1963, la famille Pratt s'installe dans une petite maison sur les rives de la rivière Salmonier dans la campagne de Terre-Neuve-et-Labrador (autrefois Terre-Neuve). En 1964, la famille compte deux autres enfants. Pendant cette période agitée, les succès précoces de Christopher irritent Mary. Ses exigences domestiques la laissent insatisfaite comme peintre. Finalement, en mars 1967, elle fait sa première exposition à la galerie d'art de la Memorial University. Elle caractérise maintenant le style de ses œuvres d'« impressionniste ».

À partir de ce moment, le travail de Mary change radicalement. Supper Table (1969), dans lequel elle utilise pour la première fois une diapositive en couleurs (prise par son mari), deviendra l'un des tableaux les plus significatifs de sa carrière. La peinture est un exemple de son style artistique distinctif, le photo-réalisme, et démontre son penchant à choisir des sujets de son environnement familial. La photographie est essentiellement un enregistrement permanent, à partir duquel elle pourrait recréer le moment magique de la vision. Mary présente son œuvre cette année-là, en solo, dans une exposition à la Morrison Gallery de Saint John, au Nouveau-Brunswick.

Dans ses peintures, Pratt élimine soigneusement les traces de coups de pinceau par un processus compliqué et long. Elle emploie de petits pinceaux de martre et peint à petits coups saccadés croisés en utilisant un mélange de térébenthine et d'huile standolisée. Tom Smart, conservateur de la Beaverbrook Art Gallery de Fredericton, dit de cette technique qu'elle répond au souhait de Mary de faire des peintures qui semblent sans style, comme des reproductions de revues ou d'affiches, laissant également en même temps la lumière pénétrer la surface des toiles à travers les couches translucides d'huile standolisée.

De septembre à décembre 1970, doutant de la validité de l'utilisation de photographies, Pratt cesse de peindre et se lance dans la couture. Elle ignorait que son style — utilisant l'appareil photo comme outil et la diapositive comme enregistrement de la lumière et du sujet — était cohérent avec celui de plusieurs nouveaux artistes réalistes canadiens, américains et européens. Heureusement, elle revient à la peinture au cours de la nouvelle année et réalise le célèbre Eviscerated Chickens (1971).

Pratt a parfois été injustement qualifiée de peintre de nourriture, de cuisine. L'historienne d'art Gerta Moray a insisté sur le fait que les créations de Mary soulignent la contemplation visuelle plutôt que les processus actifs liés à la préparation de la nourriture. Dans ses œuvres, on trouve bien des niveaux de sens différents par leurs rapports avec la photographie, la peinture nord-européenne, l'imagerie religieuse, la publicité et la féminité telle qu'on la retrouve dans notre société.

Au cours des années 1970, la carrière de Pratt prend de l'essor. La peintre fait plusieurs expositions solo et participe à des expositions majeures de groupe à travers le Canada et l'est des États-Unis. En 1975, l'exposition « Some Canadian Women Artists » présente les œuvres de Pratt à la nation. La Galerie nationale du Canada [maintenant le Musée des beaux-arts du Canada] a organisé l'exposition pour célébrer l'année internationale de la Femme. À la fin de l'année, la vie professionnelle de Pratt tourne à plein régime, mais sa vie personnelle est troublée, ce qu'aggrave une fausse couche de jumeaux.

On décrit Mary Pratt comme une poète visuelle de la féminité, traitant non seulement les choses féminines traditionnelles comme les fruits, les poissons, les fleurs et l'affection, mais également les émotions plus sombres et plus complexes de la douleur, de la convoitise, de la colère et de la jalousie. En 1978, elle peint The Service Station et Another Province of Canada. Les sujets, la chair d'orignal et de poisson, ont été interprétés comme assez érotiques et quelque peu violents. Dans les deux œuvres, Pratt a voulu que les sujets évoquent des images de « meurtre » et de « viol », portant un jugement de femme sur un monde d'hommes. Certains laissent entendre que ces tableaux plus sombres, en tant qu'œuvres d'appréciation sociale, peuvent figurer parmi ses œuvres les plus importantes et celles pour lesquelles on se la rappellera le mieux.

En 1981, la London (Ontario) Regional Art Gallery organise une importante exposition rétrospective de l'œuvre de Pratt, qui voyage partout au Canada. À partir du milieu de la décennie, elle tient également des expositions bisannuelles importantes à la Mira Godard Gallery de Toronto et à l'Equinox Gallery de Vancouver.

Au cours des années 1970, les images de Mary Pratt sont présentées avec une sévérité et une économie classiques. Dans les années 1980, elle ajoute des éléments d'intérêt visuel qui ont une plus grande complexité, comme on le voit dans des peintures telles que Blue Grapes and a Yellow Apple (1984) et Salmon Between Two Sinks (1987). Les sujets de Pratt vont des natures mortes aux œuvres figuratives, aux paysages à l'horreur subtile. Tom Smart explique que Pratt examine la similitude entre des sujets et des thèmes apparemment divergents en explorant la métaphore d'une muse rayonnante incarnée comme la lumière. Pratt décrit comme suit le processus de pensée qui lui fournit les images pour ses œuvres : « I see something, I've got to have it, I've got to keep it, I've got to paint it. And then after I start to paint it, I realize why. » [traduction libre : Je vois une chose, je dois l'avoir, je dois la garder, je dois la peindre. Et puis après avoir commencé à la peindre, je saisis pourquoi.] (Laurence, p. 26). Elle a inventé l'expression « women's stuff » pour définir cette muse.

Selon Gerta Moray, les peintures du modèle féminin de Mary Pratt sont des images qui ne répondent ni au désir masculin, ni à une essence de la féminité. Ce sont des images de mascarade, comme dans des œuvres comme Girl in My Dressing Gown(1981), Girl in Red Turban (1981), Cold Cream (1983) et Donna (1986). L'aspect de mascarade apparaît également dans l'exposition qu'a tenue Pratt en 1986, « Aspects of a Ceremony », qui exprime des thèmes de célébration et de vulnérabilité. Les tableaux de cette exposition résultent des mariages des propres filles de Pratt la même année. Mary exprime ses idées sur l'engagement, alors que son propre mariage est en péril. Le tableau est en contraste absolu avec Wedding Dress (1975), dans lequel elle souligne la blancheur virginale du vêtement suspendu.

Changeant de style, Pratt commence à mélanger les matériaux — aquarelle, pastel, fusain — dans une nouvelle série beaucoup plus relâchée et de plus grande ampleur que les œuvres précédemment entreprises. Elle représente la lumière elle-même, au moment de sa création, alors qu'elle consume la matière. Son exposition de 1989, « Mary Pratt: Flames », à la Mira Godard Gallery de Toronto, démontre bien cette perception. On a inclus ses dessins de feu dans « The Tenth Dalhousie Drawing Exhibition », présentée l'année suivante.

Tom Smart décrit l'art de Pratt au milieu des années 1990 comme faisant un cercle complet. Il voit dans ses images de coupe et de préparation de fruits, des métaphores subtiles d'agression et de violence familiale. En 1995, son travail a été mis au premier plan dans trois expositions principales : « Survivors in Search of a Voice: The Art of Courage » (exposition nationale itinérante de groupe) au Royal Ontario Museum de Toronto, « Mary Pratt: The House Inside My Mother's House, New paintings » à la Mira Godard Gallery de Toronto et « The Art of Mary Pratt: The Substance of Light » (exposition nationale itinérante) à la Beaverbrook Art Gallery de Fredericton. Son intérêt constant à réinterpréter des sujets antérieurs pour refléter ses diverses situations personnelles est évident dans des œuvres comme Breakfast Last Summer(1994), Dinner for One (1994) et My Parents' Bedroom (1995). Avec ces expositions, il est clair que Mary est devenue artistiquement elle-même, ne vivant plus dans l'ombre de Christopher Pratt.

Mary Pratt continue à produire de nouvelles œuvres. Sa plus récente exposition a ouvert ses portes le 27 avril 2002 à la Douglas Udell Gallery d'Edmonton. Sur une période de huit ans, de 1994 à 2002, Mary a également travaillé sur une série de dix impressions de gravures sur bois avec le maître imprimeur Masato Arikushi de Vancouver.

Mary Pratt a remporté de nombreuses distinctions, notamment :

  • The Woman's Recognition Award — Club Zonta, en 1988
  • L'Ontario College of Art Fellowship Award, en 1990
  • La Médaille commémorative du 125e anniversaire de la Confédération du Canada de la Conférence canadienne des Arts, en 1993 — en reconnaissance des contributions apportées à la vie de la communauté artistique du Canada
  • Intronisée au Arts Council Hall of Honor de Terre-Neuve et du Labrador, en 1994
  • Reçue Compagnon de l'Ordre du Canada, en 1997
  • Le Maclean's Honor Roll, en 1997
  • Le prix Molson dans les arts de 1997 du Conseil des Arts du Canada

Pratt a également reçu des doctorats honorifiques de huit universités canadiennes et a œuvré dans divers conseils, comités et groupes de travail touchant aux arts, à la culture, à l'éducation, aux hôpitaux, aux industries de la pêche, au barreau, au Conseil des Arts du Canada et à la Société Radio-Canada.

Mary Pratt est l'une des artistes canadiennes les plus éminentes et les plus aimées et probablement la peintre la plus illustre. Elle est reconnue à l'échelle nationale pour son réalisme émotif, exprimé au moyen de la lumière. La réunion d'essais, de discours et d'écrits spontanés de son journal personnel dans Mary Pratt: A Personal Calligraphy nous permet d'apprendre avec elle et sur elle, grâce à l'examen d'une sélection de peintures. Elle dévoile ses pensées intimes sur les changements importants de sa vie — la douleur arthritique, une vie compliquée séparée de son mari, les déménagements de Salmonier à St. John's à Toronto et retour — et comment sa peinture l'a aidée à célébrer et à survivre à tout cela.

Ressources

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Brayshaw, Christopher. — «  Mary Pratt : vision to see  ». — Artichoke. — Vol. 7, no. 1 (Spring 1995). — P. 32-33

« Christopher and Mary Pratt ». — Life & times [enregistrement vidéo]. — Directed, written and produced by Andrew Gregg in association the Canadian Broadcasting Corporation. — Toronto : CBC, 1997. — 1 cassette, ca. 48 min, VHS - Col.

Hammock, Virgil. — « Pratt et Pratt ». — Vie des arts. — Vol. 26, no 103 (été 1981). — P. 45-48. Aussi disponible en anglais, p. 78-79. — Traduction de Marie-Sylvie Fortier-Rolland

Kubacki, Maria. — « Maria Kubacki in conversation with Mary Pratt ». — Arts Atlantic. — Vol. 14, no. 2 (Winter 1996). — P. 26-33

Laurence, Robin. — « The radiant way ». — Canadian art. — Vol. 11, no. 2 (Summer/June 1994). — P. 26-35

Lind, Jane. — Mary and Christopher Pratt. — Vancouver : Douglas & McIntyre, c1989. — 48 p. (Canadian artists series)

Mary Pratt and John Reeves : the Johnny Wayne portrait. — St. John's, Newfoundland : Memorial University Art Gallery, c1990. — 18 p.

« Mary Pratt, Barbara Pratt Wangersky ». — Pamela Wallin (show 129) [enregistrement vidéo]. — Executive producer, Jack Fleischmann; producer, Wendy Bryan [et al.] — Toronto : Pamela Wallin Productions in association with Canadian Broadcasting Corporation and Newsworld, 1999. — 1 cassette, 36 min environ, VHS - Col. [Mary Pratt et sa fille Barbara Wangersky sont les invitées dans la première partie du spectacle. La seconde partie est une interview avec Linda Evans.]

Mary Pratt: June 19-August 16, 1981. — London : London Regional Art Gallery, 1981. — [24] p.

« Mary Pratt ». — Newfound art [en ligne]. — St. John's, Newfoundland : Newfound Art, c1995. — [Réf. du 2 mai 2002]. — Accès : www.nfld.com/nfld/clients/newfound/pratt.htm

« Mary Pratt remporte le Prix Molson dans les arts du Conseil des Arts du Canada ». Conseil des Arts - Communiqués [en ligne]. — Ottawa : Conseil des Arts du Canada, 1998. — [Réf. du 2 mai 2002]. — Publié aussi en anglais. Accès : http://canadacouncil.ca/prix/molson_fr/nw127237760511562500.htm

Moray, Gerta ; Gwyn, Sandra. — Mary Pratt. — Toronto : McGraw-Hill Ryerson, 1989. — 186 p.

Murray, Joan. — « Joan Murray talking with Mary Pratt ». — Arts Atlantic. — Vol. 2, no. 1 (Spring 1979). — P. 34-41

The other side of the picture [enregistrement vidéo]. — Gillian Darling Kovanic, producer, in association with the Canadian Broadcasting Corporation. — Montreal : National Film Board, c1999. — 1 cassette, 53 min, VHS - Col.

Pratt, Mary. — « Another time, another place, another me ». — The globe and mail. — (August 19, 1998). — P. A12; A16

____. A personal calligraphy. — Fredericton, N.B. : Goose Lane Editions; Beaverbrook Art Gallery, c2000. — 143 p.

Smart, Tom. — The art of Mary Pratt: the substance of light. — [Fredericton, NB] : Goose Lane Editions, 1995. — 167 p. [Publié en rapport avec une exposition]

Stevens, Caroline. — Working bodies : feminist alternatives to passive representations of feminine corporeality. — M.A. thesis. — Montreal : Concordia University, Art History Department, 1996. — 111 p.

Whiffen, Glen. — « Mary Pratt ». — Telegram [St. John's, NF]. (April 29, 2001). — P. 20

Wine, Cynthia. — Across the table : an indulgent look at food in Canada. — Scarborough, Ont. : Prentice-Hall Canada, 1985. — 211 p.

Yaffe, Barbara. — « An artful memoir : Mary Pratt's writing about herself is candid and exceptionally literate ». — Vancouver sun (January 27, 2001). — P. H24

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