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ARCHIVÉE - Femmes à l‘honneur: Leurs réalisations

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Thèmes - Beaux-arts

Françoise Sullivan

Photo de Françoise Sullivan

(1925- )
Sculpteure, peintre

Françoise Sullivan
Source

Sculpture de Françoise Sullivan intitulée LE PROGRÈS DE LA CRUAUTÉ

Le Progrès de la cruauté
Sculpture
1964

Le Progrès de la cruauté de Françoise Sullivan
Source


Françoise Sullivan voit le jour le 10 juin 1925 à Montréal, première et unique fille d'une famille qui compte déjà quatre garçons de plus de dix ans. Elle est issue d'un milieu bourgeois; alors qu'elle était jeune, son père, avocat, était sous-ministre des Postes au fédéral. De son enfance, Françoise Sullivan garde un très bon souvenir. Comme elle le dit si bien dans le livre de Patricia Smart intitulé Les Femmes du Refus global : « J'étais appréciée, alors être une jeune fille ne me donnait pas de complexe d'infériorité. Au contraire, j'étais désirée. » (p. 33)

Dès l'âge de dix ans, elle veut être artiste. Ses parents ne l'en empêchent guère et l'encouragent même dans ses aspirations artistiques. Elle s'inscrit à des cours de dessin, de danse, de piano et de peinture. De plus, elle étudie la diction et la récitation théâtrale.

En 1940, elle fait son entrée à l'École des beaux-arts pour y suivre des cours d'arts plastiques. À cette époque, la philosophie de l'enseignement reposait sur la peur et la passivité, et non sur la créativité et l'épanouissement personnel. À ce sujet, voici ce que Patricia Smart écrit dans Les Femmes du Refus global :

Le programme d'études à l'École des beaux-arts [...] reflétait l'esprit d'imitation et la peur de la créativité qui inspiraient tout système d'éducation. Les cours semblaient expressément conçus pour entraver le talent individuel et pour faire passer tous les étudiants par le même moule. [...] La peur et la passivité [étaient] inculquées aux élèves [...] Cet « académisme », ou sacralisation de l'imitation de modèles anciens, reflétait la structure autoritaire de la société, contre laquelle l'automatisme allait constituer le premier refus philosophique cohérent. (p. 57-58)

À l'automne 1941, on assiste à la naissance du mouvement de l'automatisme. Les premiers tableaux de Françoise Sullivan sont marqués par l'art fauve et cubiste. Son tableau intitulé Tête amérindienne II, peint à l'été 1941, traduit le besoin de sortir des chemins battus de la culture pour aller vers le «  primitif  », thème qui deviendra le fil conducteur de tout son œuvre (Smart, Les Femmes du Refus global, p. 72). En 1943, elle remporte le prix Maurice-Cullen à l'exposition de fin d'année de l'École des beaux-arts.

Sa rencontre avec le peintre Paul-Émile Borduas mène à la formation du groupe des automatistes dont la philosophie de vie est axée sur l'épanouissement de chaque être humain. La philosophie de Borduas est clairement décrite :

Tout en Borduas s'oppose donc à l'esprit « académique » qui règne dans la société tout entière. [...] il tente de guider l'élève vers l'écoute de sa propre vérité, dans un processus où l'art et la vie forment un tout, et où spontanéité et rigueur sont étroitement interdépendantes. Contrairement à ce qu'on pourrait penser, dit-il, le dessin d'un enfant ne se fait pas sans effort, mais plutôt dans un état d'attention totale : « Et c'est cela l'effort de l'artiste, c'est de s'oublier dans l'œuvre qu'il fait et de s'oublier complètement; et s'oublier tellement que de changer le point de départ. »

(Smart, Les Femmes du Refus global, p. 64)

À la fin de ses études à l'École des beaux-arts en 1944, elle se rend à New York et y suit des cours de danse moderne de 1945 à 1946. En 1948, elle exposera sa vision de la danse et de sa place dans l'histoire en donnant une conférence intitulée « La danse et l'espoir ». Cette conférence sera publiée plus tard dans le manifeste du Refus global. À ce moment-là, le spectacle de danse monté par Françoise Sullivan et sa partenaire Jeanne Renaud à la maison Ross en avril 1948 est considéré aujourd'hui comme l'événement fondateur de la danse moderne au Québec.

En 1949, elle épouse le peintre Paterson Ewen. De leur union naîtront quatre garçons : Vincent, Geoffrey, Jean-Christophe et Francis. Restreinte par ses responsabilités familiales, mais ne voulant pas abandonner la danse, elle cherche de nouveaux moyens d'expression. Elle continue à créer des chorégraphies, mais se tourne vers la sculpture qui lui permettra de s'exprimer entièrement sans faire de l'ombre à son mari, qui lui est peintre.

En 1959, elle apprend les rudiments de la technique du métal soudé avec le sculpteur Armand Vaillancourt. Elle reçoit le Prix du Québec en sculpture en 1963 pour son œuvre intitulée Chute concentrique. En 1960, elle retourne à l'École des beaux-arts de Montréal afin d'y faire un stage de trois mois pour apprendre la sculpture sur bois, sur fer et sur plâtre avec Louis Archambault. Elle suit aussi des cours de soudure à l'École des arts et métiers de Lachine, au Québec. À la fin des années 1960, elle commence à travailler le plexiglas. L'année 1976 marquera le début d'une collaboration avec le sculpteur David Moore.

Au début des années 1980, Françoise Sullivan se remet à la peinture. Nous assistons à la naissance de la série Tondos — Cycle crétois, Prométhée, Agora et Vestiges au Mont Nemrut — tableaux peints entre 1984 et 1992. Françoise Sullivan atteint l'apogée de son art.

Elle reçoit, en 1987, le prix Paul-Émile-Borduas pour l'ensemble de son œuvre. En 1997, elle réalise, au pavillon des Sciences de l'Université du Québec à Montréal, une œuvre magistrale intitulée Montagnes, composée de onze variétés de granit; cette œuvre est exposée en permanence à l'entrée du pavillon.

En 2000, l'Université du Québec à Montréal lui décerne un doctorat honoris causa pour souligner son parcours exceptionnel, la richesse et la diversité de son œuvre créatrice, sa contribution à l'ouverture du Québec aux valeurs artistiques, ses qualités d'humaniste et son engagement personnel.

En octobre 2001, Françoise Sullivan est nommée membre de l'Ordre du Canada par l'honorable Adrienne Clarkson, gouverneure générale du Canada.

Mme Sullivan a commencé à enseigner au département des arts visuels et de la danse de l'Université Concordia à Montréal en 1977, et, en 2002,... elle y enseigne toujours.

La prochaine exposition de ses œuvres est prévue pour l'année 2003, soit du 18 juin au 5 septembre, au Musée des beaux-arts de Montréal. Je vous invite à venir découvrir une artiste aux innombrables et merveilleux talents. Merci Mme Françoise Sullivan.

Ressources

Daigneault, Gilles. — «  Lauréates et lauréats : Françoise Sullivan ». — Les prix du Québec [en ligne]. — Gouvernement du Québec, c2001. — [Réf. du 6 juin 2002]. — Accès : www.prixduquebec.gouv.qc.ca/recherche/desclaureat.asp?noLaureat=183
(disponible en français seulement)

____. — Sullivan/Moore, 1984-1989. — Rimouski (Québec) : Musée régional de Rimouski, c1989. — 37 p.

Déry, Louise. -- Françoise Sullivan. — Textes de Louise Déry et Jean Dumont ; entrevue avec l'artiste par Michel-V. Cheff. — [Québec] : Musée du Québec, c1993. — 86 p.

« Françoise Sullivan ». — Les femmes artistes du Canada = Women artists in Canada [en ligne]. — Pham Van Khanh, c2000. — [Réf. du 6 juin 2002]. — Accès : http://epe.lac-bac.gc.ca/100/205/301/ic/cdc/waic/index.html — Aussi disponible en anglais.

Gagnon, François-Marc, coordonnateur. — «  Dossier : 1948-1998 : les 50 ans du Refus global  ». — Vie des arts. — No 170 (printemps 1998). — P. 25-46

Gravel, Claire. — « Françoise Sullivan : la parole retrouvée ». — Vie des arts. — No 130 (mars 1988). — P. 44-47

Navarro, Pascale. — « Expositions : Françoise Sullivan : ne jamais s'arrêter ». — Châtelaine. — Vol. 34, no 3 (mars 1993). — P. 28

Smart, Patricia. — Les femmes du refus global. — Montréal : Boréal, 1998. — 334 p.

Sullivan, Françoise. — Françoise Sullivan : la peinture des années quatre-vingt. — Montréal : Galerie Dominion, [1991?]. — [16] p.

____. — Françoise Sullivan : rétrospective : Musée d'art contemporain, Montréal, 19 novembre 1981-3 janvier 1982 : une exposition. — Organisée par le Musée d'art contemporain, avec la participation financière du Conseil des Arts du Canada. — Québec : Ministère des Affaires culturelles, 1981. — 101 p.

« L'UQAM souligne le parcours exceptionnel de l'artiste Françoise Sullivan et lui décerne un doctorat honoris causa ». — L'UQAM en bref [en ligne]. — Université du Québec à Montréal. — [Réf. du 7 juin 2002]. — Accès : www.uqam.ca/bref/doctorat/sullivan_com.htm

Villeneuve, Martine. — « Françoise Sullivan ». — Bilan du siècle [en ligne]. — Université de Sherbrooke. — [Réf. du 7 juin 2002]. — Accès : http://bilan.usherb.ca/pageweb.jsp?reference=543

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