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ARCHIVÉE - Femmes à l‘honneur: Leurs réalisations

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Thèmes - Beaux-arts

Joyce Wieland

Photo de Joyce Wieland en train de travailler sur un tableau

(1931-1998)
Cinéaste, artiste multimédia

Joyce Wieland en 1987
Source

Oeuvre multimédia de Joyce Wieland intitulée THE MAPLE LEAF FOREVER

The Maple Leaf Forever
œuvre multimédia
1972

The Maple Leaf Forever de Joyce Wieland, 1972
Source


Inspiré par un discours prononcé par l'ancien premier ministre canadien Pierre Elliott Trudeau, l'ouvrage Reason Over Passion / La Raison avant la passion (1967-1969) est un récit d'un voyage à travers le pays, une satire politique, une expérience moderniste et un des films expérimentaux les plus renommés de Joyce Wieland. Il incarne également plusieurs des thèmes récurrents de son catalogue riche, divers et étendu, qui emploie divers médias. Il est difficile de compartimenter l'œuvre de Wieland parce que l'artiste a exploré et a repoussé les limites d'un grand nombre de concepts artistiques tout au long de sa carrière.

Née à Toronto en 1931, Joyce Wieland étudie l'art publicitaire à la Central Technical School de la ville. De retour au Canada après un voyage en Europe, où l'art qu'elle a côtoyé lui servira d'inspiration, Wieland obtient un emploi d'animatrice de film pour une petite société privée. Dans ce milieu de travail, elle rencontre son mari, Michael Snow, cinéaste d'avant-garde connu internationalement.

Wieland participe à plusieurs expositions qui n'ont connu aucun succès à Hamilton et à Toronto, avant d'aborder sa première exposition solo, en 1960, à la Isaacs Gallery de Toronto. Cette occasion unique d'être la seule femme artiste représentée dans une des plus importantes galeries d'art contemporain du pays à ce moment-là lui apportera une reconnaissance immédiate. Cependant, cette reconnaissance s'accompagne de la critique et du scepticisme de ses contemporains masculins et Wieland a de la difficulté à gagner le respect de ses pairs.

Les premières œuvres de Wieland reflètent l'influence d'un genre expressionniste abstrait. Ce style est généralement associé à l'art américain d'après la Seconde Guerre mondiale et se rapporte à tous les types d'abstraction non géométrique d'artistes comme Jackson Pollock et Willem de Kooning, ce dernier étant un des modèles reconnus de Wieland. Ses peintures du début, telles que Redgasm (1960) et Balling (1961), représentent des images sexuelles masculines et féminines typiques du pop art d'alors.

En 1963, Michael décide de déménager à New York parce que ce déménagement serait avantageux pour le couple sur le plan artistique et augmenterait leur notoriété sur la scène internationale. Wieland, qui, au début, résiste à ce déménagement, le considère plus tard comme un événement pivot dans sa vie. Bien qu'elle ait du mal à se dissocier de Snow, Wieland atteint rapidement une popularité qui s'étend jusqu'à New York. Le déménagement provoque également une prise de conscience à l'égard de son pays d'origine et a un effet profond sur le travail qu'elle allait produire.

Dans le courant des années 1960, Wieland commence à explorer différents thèmes et divers médias comme moyens d'expression. La lithographie, la courtepointe, la construction, l'assemblage, la broderie, le tricot, les dessins animés et les collages deviennent ses moyens d'expression. Le travail manuel féminin traditionnel s'est avéré important pendant cette période de sa carrière.

Les désastres, la mort et la perte préoccupent aussi Wieland. Ces thèmes reviendront dans ses œuvres pendant un certain temps. Au début, elle disait que sa fascination était le fruit de sa propre paranoïa, mais ces thèmes étaient également le résultat d'une conscience sociale et politique croissante. Sailboat Sinking (1965), Tragedy in the Air or Plane Crash (1963), Sinking Liner (1963) et The Ill-fated Crew of July 6, 1937 (1963) sont tous des œuvres qui dépeignent ses soucis et ses craintes. La plupart de celles-ci sont illustrées dans une série d'images qui se suivent et qui annoncent l'intérêt que Wieland développera ultérieurement pour le cinéma.

Le militantisme social et politique dans l'art est un concept qui devait intéresser Wieland et fasciner ceux qui admirent son travail. Ce qui est particulièrement remarquable, chez Wieland, c'est la combinaison du patriotisme en guise de thème et de la courtepointe en guise de médium. Cette fusion unique des idées et de la technique a mené à la création de plusieurs pièces novatrices comme Confedspread (1967), Reason over Passion (courtepointe, 1968), O Canada (1970) et The Maple Leaf Forever (1972).

Vers la fin des années 1960, Wieland devient une figure importante sur la scène du film d'avant-garde et expérimental à New York. En 1967, elle avait arrêté de peindre et s'était consacrée entièrement à l'exploration de nouvelles manières de s'exprimer. Son répertoire de films expérimentaux, qui comprend Rat Life and Diet in North America (1968), Dripping Water (1969) et Solidarity (1973), évoque le contenu et le sens symboliques qui incarnent sa passion pour le Canada, ses soucis écologiques et son intérêt à définir la sexualité par des représentations visuelles. On trouve dans la filmographie de Wieland également The Far Shore (1976), son film le plus connu et le seul long métrage qu'elle ait fait; ce film a malheureusement été un échec tant sur le plan commercial que du point de vue de la critique, au moment de sa sortie.

Nommée judicieusement « True Patriot Love », la première exposition importante de la Galerie nationale du Canada [maintenant le Musée des beaux-arts du Canada] consacrée à l'œuvre d'une femme artiste canadienne vivante a ouvert ses portes la journée de la fête du Canada en 1971. L'exposition présente une collection de nombreuses courtepointes et tentures murales de Wieland, dont certaines ont été préparées spécialement pour cet événement. La présentation de ses œuvres a permis à Wieland d'être reconnue et lui a valu bon nombre de commandes de la part du public, notamment celles d'un timbre canadien sur la santé dans le monde et diverses murales et courtepointes.

Wieland reste loin des projecteurs pendant plusieurs années. Tout au long des années 1980, elle continue à approfondir les thèmes qui lui sont chers. On retrouve ses paysages visionnaires et son imagerie figurative dans des œuvres comme Conversation in the Gaspé (1980), Artist on Fire (1983), Crepuscule for Two (1985) et Early One Morning (1986). Les peintures qu'elle produit pendant cette période contrastent nettement avec les explorations expérimentales et abstraites qui étaient précédemment son filon.

En 1987, le Musée des beaux-arts de l'Ontario monte une exposition rétrospective itinérante majeure des œuvres de Wieland, sa première exposition sur une femme artiste canadienne vivante. Wieland reçoit, en outre, le Toronto Arts Foundation's Visual Arts Award en 1987.

Joyce Wieland meurt en 1998. Sa carrière s'est étalée sur de nombreuses décennies et a influencé plusieurs artistes qui ont suivi ses traces. Pendant une des rares entrevues qu'elle a accordées, Wieland a souligné que tout son art est autobiographique et qu'il souligne l'importance de l'interaction humaine pour le bien-être de la société. Considérée comme l'une des premières artistes de la seconde moitié du XXe siècle au Canada, Joyce Wieland est inscrite dans les mémoires pour son œuvre unique et impressionnante qui inspire, engage et défie le spectateur.

Ressources

Artist on fire : Joyce Wieland [film]. — Director, Kay Armatage. — New York : Women Make Movies, 1987. — 54 min. : s.d., col.

Concordia Art Gallery. — Joyce Wieland : a decade of painting = Joyce Wieland : dix ans de peinture. — Montréal : Concordia Art Gallery, 1985. — 46 p.

The films of Joyce Wieland. — Edited by Kathryn Elder. — Toronto : Toronto International Film Festival Group, 1999. — 269 p.

Galerie nationale du Canada. — True patriot love = Véritable amour patriotique. — Ottawa : Galerie nationale du Canada, 1971. — 218 p.

Lind, Jane. — Joyce Wieland : artist on fire. — Toronto : J. Lorimer, 2001. — 400 p.

Lippard, Lucy R. ; Fleming, Marie ; Rabinovitz, Lauren. — Joyce Wieland. — Toronto : Art Gallery of Ontario, 1987. — 214 p.

Nowell, Iris. — Joyce Wieland : a life in art. — Toronto : ECW Press, 2001. — 519 p.

O'Brian, John. — « Anthem lip-sync (Joyce Wieland's signature is inseparable from her art) ». — Journal of Canadian art history. — Vol. 21, no. 1-2 (2000). — P. 140-51

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